L'inquiète Parthi^nope
Naples fut d'abord appelée Parthénope, du nom d'une sirène qui, n'ayant pu séduire Ulysse, alla mourir de désespoir sur ce rivage.
La Harpe remarque que c'est avec raison que Camoens lui donne l'épithète {{'inquiète. Elle est parfaitement justifiée parles fréquentes révolutions dont cette ville a été le théâtre, et par le voisinage du Vésuve.
1 6. C'est mon pays, mon cher pays.
Gama déroule aux yeux du roi de Mélinde la carte de l'Europe. Après l'avoir parcourue rapidement du nord au midijl s'arrête sur l'Espagne avec un intérêt plus marqué. On s'aperçoit qu'il touche au Portugal, et que déjà son cœur s'émeut. Il arrive à la Lusitanie.
Esta he a ditosa pátria minha amada; A qual se o ceo me da que eu sem perigo Torne, com esta empreza ja acabada, Acabe-se esta luz alli comigo!
C'est mon pays, mon citer pays. Puisse le ciel y ramener mes heureux navires! Puissé-je, à la fin de ma laborieuse entreprise, revoir ses doux rivages, les fouler encore et mourir!
Le souvenir de la patrie le pénètre et l'attendrit ; tout son cœur s'y reporte ; mais l'honneur et l'intérêt de cette patrie qu'il regrette l'en tiendront longtemps séparé. Il n'y rentrera qu'à la fin de sa laborieuse entreprise, com esta emprezaja acabada. Oh ! qu'alors la Providence l'y ramène ! qu'il aperçoive encore une fois les rivages qui l'ont vu naître, et il ne demandera plus qu'à mourir. Acabe-se esta luz alli comigo !
Celui, qui écrit ces notes se trouvait à Lisbonne en 1808. La mer était alors fermée aux Français, par une encadre anglaise, et la terre par les Espagnols en armes. La France ne se montrait plus à lui que dans un vague éloignement ; il se crut exilé à mille lieues de sa patrie. Que de fois, sur les bords du Tage, les yeux tournés vers l'autre rive, il a répété la touchante exclamation de Gama ! Consolé par Camoens, il fit vœu de révéler un jour aux Français les beautés de son poëme ; et ce vœu de l'exil, il l'accomplit aujourd'hui.