CHAPITRE YII L'Offre de Médiation diplomatique de Benoît XV
Le vrai caractère du message pontifical.
Paris, 5 septembre 1917.
Durant le mois d'août 1917, un événement diplomatique s'est accompli, qui marquera dans l'histoire du monde contemporain. Le Souverain Pontife Benoît XV vient d'offrir à tous les belligérants ses bons offices ou sa médiation en vue du rétablissement de la paix.
Il ne s'agit plus ici d'initiatives indiscrètes et téméraires comme celles de simples particuliers qui auraient l'outrecuidance d'usurper les fonctions de la souveraineté politique et d'aller — à Stockholm, par exemple — délibérer sur les conditions de la paix future, à titre de plénipotentiaires (si l'on peut ainsi parler) de leurs pays respectifs. Il s'agit, au contraire, de la libre et légitime initiative d'une puissance souveraine, diplomatiquement reconnue comme telle en droit international : puissance qui, de l'aveu unanime, possède la plus haute autorité morale du monde entier. Cette puissance parle et agit en faveur de la paix conformément aux devoirs de sa fonction religieuse et spirituelle, conformément aux séculaires traditions de son histoire, conformément à la lettre et à l'esprit des textes mêmes qui régissent aujourd'hui le droit international.
Les textes dont nous parlons ne sont autres que ceux de la deuxième Conférence de la Haye, notamment de la Convention pour le règlement pacifique des conflits internationaux, adopté le 19 octobre 1907 et portant la signature de tous les États de l'ancien et du nouveau monde qui prennent part actuellement au grand conflit. Que l'on nous permette de reproduire, au moins, les articles 3, 4, 5 et 6 de ladite convention diplomatique : ils formulent les principes fondamentaux en matière de bons offices et de médiation entre belligérants :
Article 3. — Les puissances contractantes jugent utile et désirable qu'une ou plusieurs puissances, étrangères au conflit, offrent de leur propre initiative, en tant que les circonstances s'y prêtent, leurs bons offices ou leur médiation aux Etats en conflit.
Le droit d'offrir les bons offices ou la médiation appartient aux puissances étrangères au conflit pendant le cours même des liostilités.
L'exercice de ce droit ne peut jamais être considéré