‹ Les Luttes présentes de l'Eglise (volume 3)Chapitre 9 sur 52 · Éluda, t. CXXXIX, p · texte numérisé non relu

Éluda, t. CXXXIX, p

tifes réformateurs de la législation ecclésiastique, le nom de Benoît XY va figurer désormais, avec celui de Pie X, auprès du nom de ces grands Papes du treizième siècle dont l'allocution consistoriale rappelle à bon droit la mémoire.

L'œuvre législative élaborée à travers les siècles reçoit tous les enrichissements désirables, avec toutes les simplifications et adaptations reconnues opportunes, mais toujours, quant à l'esprit et aux principes, selon la continuité féconde d'une même tradition. Pareille à ce père de famille dont parle l'Evangile, la Papauté romaine trouve dans l'inépuisable trésor qui lui est confié — nova et vetera — des richesses nouvelles et des richesses" anciennes.

En son allocution consistoriale du 4 décembre, Benoît XV, ayant rappelé les avantages d'une législation bien comprise et parlé du respect avec lequel on doit en observer les règles, prend occasion de cet enseignement, dont la portée est universelle , pour réprouver les odieuses violations que subit, au cours de la présente guerre, le droit international, la loi des nations. Nous allons reproduire le fragment du discours pontifical qui, en raison même du sujet émouvant dont il traite, a obtenu dans tout l'univers le retentissement le plus prolongé :

Si cette vérité devait être confirmée, quelle preuve que la marche des événements du présent! Gela est prouvé, en effet, d'une façon éclatante dans le terrible conflit qui désole actuellement l'Europe et montre à quels excès et à quels désastres

peuvent conduire la violation el le mépris des lois qui règlent les rapports entre les Etats.

On le voit, en effet, dans le bouleversement gênerai des peuples, par le traitement indigne infligé aux choses sacrées et aux ministres du culte, malgré la dignité ecclésiastique dont ils sont investis, et bien qu'ils soient inviolables de par le droit des gens. On le voit par les nombreux citoyens pacifiques, même de l'âge le plus jeune, qui sont éloignés de leurs foyers au milieu des larmes de leurs mères, de leurs épouses et de leurs enfants. On le voit ailleurs par les villes ouvertes et les populations sans défense exposées aux incursions aériennes. On le voit enfin partout, sur mer et sur terre par les horreurs sans nom qui accablent l'esprit d'un mettable déchirement. Nous frappons de nouveau de Notre réprobation toutes les iniquités commises en cette guerre partout ou elles se font et quels que soient leurs auteurs.

Nous Nous plaisons à former le souhait - Dieu veuille l'exaucer' - que, tout comme la promulgation du nouveau Code Nous fait espérer pour l'Église une ère de tranquillité et de fécondité plus abondante, ainsi la société civile, retrouvant l'ordre dans le respect du droit et de la justice, voie bientôt luire la paix attendue qui, parmi les nations enfin réconciliées, sera la source de tous les biens.

Le langage du Souverain Pontife est ici tellement clair, les applications qu'il comporte sont d'une telle évidence, que nous croirions en atfaiblir la portée par le moindre commentaire.

Qu'il soit permis toutefois de rappeler quelquesunes des paroles prononcées, le 10 décembre, dans la chaire de Notre-Dame de Paris, par le cardinal Amette, à son retour de Rome :

Il y a quelques semaines, protestant contre ces déporta-

lions barbares qui sévissent maintenant en Belgique, après avoir désolé nos régions envahies du Nord, et qui ressuscitent les pratiques abominables de l'esclavage antique, l'héroïque cardinal Mercier s'écriait : « Daigne la Providence inspirer à quiconque a une autorité, une parole, une plume, de se rallier sous l'humble drapeau belge pour l'abolition de l'esclavage européen! » Votre vœu est exaucé, ô illustre Frère ! La plus haute autorité qui soit au monde a sanctionné votre protestation. Je me fais un devoir, du haut de cette chaire, d'y unir humblement la mienne, à laquelle fait écho, j'en suis sûr, l'indignation de mon clergé et de mon peuple.

Contre les violations du droit des gens commises de quelque côté que ce soit, au cours de la présente guerre, et, notamment, contre les méthodes allemandes de rétablissement de l'esclavage en Europe, l'allocution consistoriale du 4 décembre formule un verdict mémorable. Affirmation péremptoire des règles éternelles de la justice, les graves paroles du Pontife romain vengent la morale outragée, sauvegardent la pérennité du droit, libèrent les consciences, préparent le jugement de l'histoire, formulent ici-bas le jugement de Dieu.

Le discours prononcé par Benoît XV, le 6 décembre, en remettant aux nouveaux princes de l'Eglise la barrette cardinalice, n'a pas toute la solennité d'une allocution consistoriale. Mais il n'est pas sans une portée hautement significative. Selon l'usage, le Pontife de Borne adresse, en langue italienne, aux nouveaux élus des paroles de courtoisie gracieuse sur les titres qui motivent l'élévation de chacun d'entre eux parmi les membres du grand conseil de

la Papauté, parmi les électeurs éventuels d'un futur Pape. Le passage relatif aux cardinaux français de Rennes, de Rouen et de Lyon a provoqué la gratitude émue de nos compatriotes. Il serait difficile de parler de la France avec une plus bienveillante estime, avec une sympathie plus délicate :

[La gratitude des diocèses italiens ne pourrait être dépassée] que par l'éclat et le retentissement de l'hymne qui sort aujourd'hui du cœur de tous les Français, saintement fiers de voir apprécier par Nous la valeur de trois pierres précieuses de leur épiscopat. Car ce n'est pas seulement à la Bretagne, ce n'est pas seulement à la Normandie, ni seulement à la chaire de saint Irénée que Nous avons voulu témoigner Notre bienveillance. Certes, il Nous plaît que la pourpre romaine vienne couvrir l'insigne archevêque de Rennes presque à la veille de son double jubilé, pour récompenser les services qu'il a rendus en dix lustres de sacerdoce et en cinq d'épiscopat. Pareillement, Notre âme s'inonde d'une joie suave à pouvoir élever à la dignité cardinalice le prélat distingué qui, dans les trois diocèses de Verdun, de Bourges et de Rouen, s'est montré pasteur suivant le cœur de Dieu; et, en ce moment, Notre pensée vole à la chère grotte de Lourdes où, en des jours inoubliables, il Nous fut donné de cimenter avec lui le lien d'anciennes relations. Et Nous ne Nous réjouissons pas moins de pouvoir fonder sur les mérites acquis à Grenoble la collation empressée de la pourpre sacrée au nouvel archevêque de Lyon. Mais pourquoi taire, en honorant les pasteurs, que nous avons voulu honorer aussi le troupeau? Pourquoi ne pas le dire, en témoignant de la bienveillance à trois Fils de la France, Nous avons voulu affirmer de nouveau que, dans Notre poitrine, brûle, toujours vive, une flamme d'amour pour la patrie de Glovis, de saint Louis, de Jeanne d'Arc?... Oh! qu'il passe donc par notre trône l'hymne de gratitude que la France catholique fait aujourd'hui monter

vers le Soigneur pour l'heureux sort qui lui échoit. Nous Nous réjouissons d'avoir fortifié ses liens avec le Saint-Siège, dans la chère confiance de voir réaliser le vœu que Nous formulions naguère : Utinam renoventur Gesta Dei per Francos!

Quatre jours plus tard, le 10 décembre, Benoît XV présidait la solennité pontificale au cours de laquelle était donnée lecture publique du décret préparatoire à la béatification du Vénérable Joseph-Benoît Gottolengo (Tuto procedi posse) et du décret proclamant Fhéroïcité des vertus du Vénérable Michel Garicoïts, fondateur de la congrégation des Pères de Bétharram. Cette dernière cause, qui est une cause française, avait pour ponent le cardinal Billot. Après la lecture des deux décrets, le Souverain Pontife fut harangué en langue française par le T. R. P. Hippolyte Paillas, supérieur général des Pères de Bétharram. A son tour, Benoît XV fit publiquement usage de la langue française : et le texte français de son discours remplit deux colonnes entières de YOsscrvatore Romano du 11 décembre. Le Saint-Père loua, particulièrement, chez le Vénérable Michel Garicoïts, le respect religieux de l'autorité légitime, vertu contraire à ces habitudes d'insubordination dont l'esprit de notre époque tend à multiplier les ravages dans la famille, dans la cité, dans l'Eglise elle-même. Et voici les paroles affectueuses que Benoît XV adressa aux compatriotes de Michel Garicoïts : *

Nous voulons Nous adresser tout particulièrement aux enfants de la France catholique, dont Nous avons le plaisir

en ce moment de saluer ici de nombreux représentants. Chers fils, vous allez regagner bientôt votre pays : portez donc à vos frères l'assurance de notre amour, ainsi que de notre intérêt pour votre patrie; mais n'oubliez pas de dire à tous que Nous avons tenu à proclamer devant vous l'héroïcité des vertus du Vénérable Garicoïts, parce que Nous souhaitons que la France, par l'exemple de son illustre fils, puisse enfin comprendre qu'il n'y a pas de vie chrétienne sans amour de Dieu, et que l'amour de Dieu n'a point de base plus solide que le respect à l'autorité.

Certes, l'acte même de majorer l'importance numérique et la part relative d'influence de la représentation française dans le Sacré-Collège constituait un témoignage évident de paternelle prédilection à l'égard de la France. Mais les paroles si charmantes et si émouvantes par lesquelles Benoît XV daigne exprimer lui-même son affectueuse estime pour notre pays ajoutent encore à la haute et significative valeur de son geste. Le vieux proverbe dit, non sans vérité, que la façon de donner vaut mieux que ce que l'on donne.

Benoit XV n'ignore pas combien vive a été la gratitude de toute l'élite morale de la France catholique et de la France tout court.

A l'audience du 6 décembre, où l'assistance était, en grande partie, composée de Français résidant à Rome, ou venus à Rome pour le Consistoire, le passage que nous avons cité du discours pontifical provoqua un élan spontané de reconnaissance : et, contrairement aux usages protocolaires, les applaudissements éclatèrent dans la salie consislorialc,

prolongeant durant plusieurs minutes le témoignage de la gratitude française. Les Romains, qui sont des sages, trouvent parfois un peu bruyantes nos explosions d'enthousiasme, où se manifeste quelque chose de la faria francese. Mais il esta croire que le Saint- Père ne voit pas sans plaisir les marques chaleureuses de piété filiale, qui lui attestent que ses intentions délicates ont été comprises, que sa bienveillance paternelle nous a touchés au cœur. Luimême n'avait-il pas laissé paraître le désir de trouver parmi les enfants de notre pays une confiance plus entière et plus affectueuse à son égard? Le cardinal Amette a recueilli cette parole légèrement mélancolique, prononcée par Benoît XV à propos de la nouvelle promotion cardinalice : « Après cela, dirat-on encore que je n'aime pas la France? »

Des délégations françaises, reçues par Benoît XV durant la période qui précéda ou suivit le Consistoire, ont apporté au Vatican l'hommage de la reconnaissance de notre pays pour les interventions généreuses et souvent efficaces du Pontife de Rome en faveur des prisonniers de guerre, des internés civils, des populations cruellement éprouvées par l'invasion étrangère. Le gouvernement français a lui-même fait transmettre à Benoît XV par le cardinal-archevêque de Paris ses remerciements (un peu laconiques, d'ailleurs) pour une précieuse communication dont la France est redevable à la diplomatie du Vatican : une liste beaucoup plus complète et plus détaillée que toutes celles qui parurent jusqu'à ce jour, des Français dont on avait perdu la

trace depuis les premières semaines de la guerre et dont la sépulture a pu être identifiée dans la Belgique envahie.

D'autre part, un certain nombre d'associations religieuses et de groupements politiques, représentant une fraction importante et influente de l'opinion française, ont fait parvenir au Souverain Pontife des adresses de gratitude respectueuse et filiale pour l'honneur et l'avantage si délicatement garantis à la France par la récente promotion cardinalice. Que les adresses émanent de la Jeunesse Catholique, cle la Corporation des Publicistes chrétiens, de la Ligue d'Action française, de l'Œuvre des Campagnes, de la Ligue patriotique des Françaises, de la Ligue des Femmes Françaises, du Syndicat de l'Aiguille, ou des congrégations de Dames Enfants de Marie du Sacré-Cœur et de Dames Enfants de Marie des « Oiseaux », tous les textes que nous avons eus sous les yeux commémorent chacun des témoignages de prédilection qu'a reçus du Vatican la Fille aînée de l'Église, rappellent avec émotion les circonstances tragiques qui donnent à ces témoignages une valeur plus précieuse que jamais et félicitent Benoît XV, ministre de Dieu, gardien de la justice, apôtre de la charité, d'avoir sauvegardé, parmi des désastres sans exemple, les principes sacrés de l'Évangile et « les restes du droit des gens ».

Le langage tenu sur les gloires historiques nationales et chrétiennes de la France, dans le discours pontifical du G décembre, a provoqué pareillement, chez beaucoup de nos compatriotes, des marques

non équivoques de reconnaissance chaleureuse. Tel le témoignage de spéciale gratitude envers le Saint- Père adressé au cardinal de Cabrières par le duc d'Orléans pour l'évocation de la grande mémoire de saint Louis. Partout, le commentaire autorisé des paroles de Benoît XV par les pasteurs de l'Eglise de France a inculqué aux fidèles le devoir d'acquitter par leur respect filial et dévoué pour le Vicaire de Jésus- Christ, la dette que les catholiques de notre pays et même tous les Français ont contractée à l'égard d'un Pontife qui remédie aux désastres de la grande guerre, qui défend la justice et qui aime la France.

Répondant, le 24 décembre, aux vœux du Sacré- Collège à l'occasion des fêtes de Noël, Benoît XV a répété, une fois de plus, la très noble adjuration en faveur d'une paix conforme au droit : adjuration que, parmi le fracas des armes, sa mission de Père commun des fidèles et de ministre du Dieu de paix lui prescrit de faire entendre sans découragement ni lassitude aux princes et aux peuples.

Depuis quelques semaines, des paroles de paix ont été prononcées par les chefs d'États qui ont déchaîné sur l'Europe l'épouvantable cataclysme. D'autres paroles de paix ont été prononcées ensuite par le chef du plus puissant d'entre tous les Etats neutres, et plusieurs autres chefs d'Etats neutres ont adhéré à ce dernier appel. Mais la note collective des dix puissances de l'Entente met en relief le caractère malheureusement illusoire d'une telle initiative. Les conditions politiques et militaires dans les-

quelles se discuteraient aujourd'hui les préliminaires de la paix européenne excluent, croyons-nous, toute probabilité raisonnable et sérieuse d'une solution conforme aux exigences du droit. Les restitutions, les réparations, les sanctions, les garanties d'avenir que réclame impérieusement la justice internationale ont-elles la moindre chance d'être agréées quand, à l'est et à l'ouest de l'Europe, les puissances qui ont abusé du droit de la force demeurent en possession de presque tous leurs gages et bénéficient encore, pour une partie considérable de leurs entreprises sur le bien d'autrui, de la consécration immorale du succès ? L'heure de la paix réparatrice du droit ne semble pouvoir venir qu'au jour où le colosse (qui donne déjà des signes d'épuisement) aura enfin chancelé : l'œuvre des arbitres et des négociateurs de la paix devra être précédée par l'œuvre nécessaire et victorieuse de la force au service du droit.

Il suffit de lire le discours du Souverain Pontife pour voir combien la conception de la paix de Dieu, dont il est l'infatigable apôtre, rayonne dans une sphère toute différente de celle qui répondrait aux préoccupations de certains Etats belligérants et même de certains Etats neutres qui parlent aujourd'hui de paix.

Le doyen du Sacré-Collège avait paraphrasé le cantique des anges de Bethléem, tel que le traduit la Vulgate latine : Gloire à Dieu au plus haut des vieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. Le Saint-Père commente à son tour les mêmes paroles de l'Évangile :

Luttes de l'Église, V série. 7

Nous ne Nous lasserons jamais de répéter combien ce vœu Nous agrée et combien Nous semble opportun l'avertissement qui l'accompagne. Nous avons en plusieurs documents de Notre pontificat mentionné la nécessaire condition de la bonne volonté, et, à l'instar de Notre premier prédécesseur (IIa Pétri, 1, 13), Nous estimons qu'il est de Notre devoir d'en réveiller le souvenir par Nos avis adressés indistinctement à tous Nos fils. Justum arbitror suscitare vos in commonitione . Et comment, en effet, Nos fils pourraient-ils aspirer avec Nous à la paix, à cette paix juste et durable qui doit mettre fin aux horreurs de la guerre présente, si aucun bien conditionnel n'a jamais pu être obtenu sans l'observation de la condition dont il dépend, et le pax hominibus bonae volunlatis résonne aujourd'hui comme une promesse conditionnelle, ni plus ni moins qu'au moment où il retentit, la première fois, sur le berceau du Rédempteur nouveau-né.

Plus d'une fois, dans le cours affreux de l'horrible tempête qui enveloppe une si grande partie du monde, en lisant les supplications des mères, des épouses, des pères, des enfants, et en mesurant par le regard et par le cœur les ruines sociales et domestiques de l'immense cataclysme, Nous Nous sommes souvenu des larmes versées par Jésus en présence de Jérusalem pécheresse, incrédule, orgueilleuse. Mais plus que les larmes, si éloquentes par elles-mêmes, les paroles attristées du Rédempteur Nous ont frappé d'effroi : Quia si cognovisses et tu... quae ad pàcem tibi, nunc aulem abscondita surit oculis tuis... eo quodnon cognoveris tempus visitationis tuac. Oh! que, parmi les concerts angéliques et le doux attrait de l'Enfant pacifique, la terre connaisse maintenant quae ad pacem sibi : que, pour mettre un terme à la destruction des peuples, les puissants secondent la voix de ce Sénat éminent; que les nations considèrent que, à la lumière de la foi, et moyennant l'assistance de Celui qui est la Voie, la Vérité et la Vie, LEglise voit, et que même, par une sorte d'intuition, son regard pénètre bien plus loin que les yeux de l'humaine fragilité.

Que les adversaires cèdent enfin aux avertissements répétés et aux prières du Père de la famille chrétienne, et qu'ils préparent, par les voies de lajustice, l'avènement et l'embrassement de la paix, afin que la parole de l'antique Psalmiste Justifia et pax osculatae sunt (Ps. lxxxiv, 11) trouve de nos jours une application nouvelle. Nous Nous sentons encouragé à espérer de voir bientôt se réaliser ce vœu, — et à cause des souffrances expiatrices des bons, et à cause des saintes invocations de Nos chers fils, des membres du Sacré-Collège les premiers de tous.

C'est l'exacte formule du Message chrétien de la paix. La paix est, pour les sociétés humaines, le plus enviable des dons de Dieu. Mais la paix n'est elle-même concevable que moyennant les justes garanties qui en fassent réellement la tranquillité de V ordre.

Benoît XV, dans le discours de Noël, marque la résolution de poursuivre « ses humbles efforts, tendant, aussi longtemps que la paix n'aura pas été restaurée, à adoucir les maux de la guerre ». Il félicite les cardinaux et tous les dignitaires du Vatican de participer à « l'exercice de cette charité qui a toujours été le partage fortuné, et qui, spécialement aujourd'hui, estla noble tâche de l'Église de Rome ».

Évocation heureuse de l'un des plus anciens témoignages qui déposent en faveur de la primauté romaine. Dès les premières décades du second siècle de notre ère, saint Ignace, évêque d'Antioche et martyr, saluait dans l'Église de Rome l'Église qui préside à la fraternité universelle des chrétiens, V Eglise qui préside à la charité.

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