XII AVERTISSEMENT
défiances, des préjugés, sinon des haines, les uns contre les autres.
Mais depuis que la guerre nous a rassemblés dans une même émotion, une même révolte et un même amour, depuis que vous avez combattu ensemble et ensemble versé votre sang, à l'ombre du même drapeau ; depuis que nous nous rencontrons, ici même, sous l'égide de la Croix-Rouge, dans la fraternité de la commune douleur des uns, du pieux, délicat et généreux dévouement des autres, de la confiance mutuelle et cordiale de tous, n'est-il pas vrai que les préventions anciennes tombent dans l'oubli? que nous ne pensons plus à ce qui nous divise et que nous avons enfin comprisla valeur du trésor qui nous est commun? N'est-il pas vrai que nous avons appris à nous connaître, à nous estimer, à nous aimer les . uns les autres?
Or, ce que nous expérimentons dans notre hôpital se vérifie d'une manière analogue à travers la France enlière, partout où les devoirs nouveaux créés par la guerre, les conditions nouvelles résultant de la guerre ont rapproché les âmes et groupé autourd'une tâche commune et digne d'amour les enfants, naguère dispersés, de la grande famille française.
S'il est exact que la guerre sohle fléau de Dieu, n'hésitons pas à dire, en pensant auxbienfaits etauxpromesses de notre union sacrée : que le fléau de Dieu soit béni !
Plusieurs chapitres du volume ont pour but avoué de défendre le Souverain Pontife contre les attaques offensantes et injustes dont, à l'occasion de la guerre, il aura été l'objet.
Nous avons personnellement reçu trois « Mémoires confidentiels », tous anonymes et dont nous préférons