‹ Les Luxations isolées du Scaphoïde tarsienChapitre 8 sur 21 · DÉFINITION · texte numérisé non relu

DÉFINITION

On appelle luxation isolée du scaphoïde tarsien, la lésion caractérisée par une énucléation de cet os hors de sa loge avec rupture complète des ligaments l’unissant aux os voisins, sans lésions de ces derniers.

Cette définition mérite d’être développée et nous allons voir quelles sont les conditions à respecter pour que l’on puisse affirmer le diagnostic de luxation isolée du scaphoïde du pied.

C’est dans le travail de GANGLER que l’on trouve pour la première fois des règles précises à ce sujet. De son étude il faut retenir les points suivants :

1° Il faut que le scaphoïde ait perdu ses connexions avec l’astragale d’une part, les cunéiformes d’autre part et qu’il dépasse des deux tiers de sa hauteurs le niveau des autres os restés dans leur position normale.

2° Il faut que ce soit une luxation isolée et on éliminera les cas dans lesquels il y a fracture concomitante

ere

du scaphoïde, ceux résultant d’un déplacement statique et lent de l’os comme cela se voit dans certains cas de pieds plats. L’auteur veut éliminer également les cas présentant, à côté de la luxation, d’autres lésions du pied telles que fractures ou luxations d’autres os. Si cette notion nous semble fondée quand il s’agit des os qui sont en contact avec le scaphoïde, nous la trouvons exagérée dans d’autres cas tels que dans notre observation personnelle dans laquelle il y a fracture des cinq métatarsiens. En effet, à notre avis, cette lésion ne peut avoir aucune action dans la production de l’énucléation. Il nous faut d’ailleurs remarquer que GANGLER classe dans les observations pouvant servir à l’étude de cette affection, le cas de MAGENAU qui présente une fracture de la base du V° métatarsien et une fissure du cuboïde.

3° Il faut comme FINSTERER l’avait déjà demandé, que le constat de la blessure ait lieu tout de suite après l’accident ou bien que l’on soit certain qu'aucune manœuvre n’a été exécutée sur le pied entre ce moment et l’examen. Ceci, en effet nous permettra d’éliminer la possibilité d’une dislocation secondaire du scaphoïde, dislocation qui se produit souvent dans les blessures anciennes du pied.

4° IT faut une radiographie.

5° Il sera nécessaire de radiographier les deux pieds du blessé : les images devront être différentes car chez certains sujets le scaphoïde est très saillant et pourrait, à première vue, en imposer pour une subluxation.

L’énucléation du scaphoïde tarsien est donc une lésion tout à fait précise et nous sommes d’avis que le terme de luxation double la caractérise mieux. En effet,

il désigne également les subluxations et nous avons vu que la distinction entre les deux degrés est tout à fait arbitraire, les deux tiers de la hauteur du scaphoïde devant surplomber le niveau supérieur de sa loge pour que l’on puisse parler de luxation. D'ailleurs cette question du degré de la lésion ne peut même pas être résolue par l’anatomie pathologique, puisque, comme le fait remarquer BOEKEL, dans la luxation complète certains ligaments résistent, par exemple, le ligament dorsal en Ÿ qui est généralement intact.

Nous nous occuperons uniquement, dans notre étude, des luxations doubles du scaphoïde tarsien, dont nous venons de préciser la définition.

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