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OBSERVATION II (Karenski, Berlin. Klin. Woch., 1892.
Société libre des chirurgiens de Berlin, 13 juillet 1891.) Luxation spontanée
de la hanche par coxite aiguë gonococcique.
Il y est question d’une femme de 41 ans, ayant toujours joui d'une bonne santé. Elle a cinq enfants, encore vivants. En 1890 cette femme se trouva enceinte et présenta au mois de janvier 1891 une leucorrhée abondante, qui ne fut d’ailleurs pas traitée,
Le 9 février de cette même année, cette femme est prise d’une douleur brusque qui se localise dans la hanche gauche, à ce point qu’elle doit demander de l’aide pour regagner son lit. La malade est dans l'impossibilité absolue de se servir du membre inférieur gauche. Le médecin appelé fait appliquer un appareil plâtré, qui immobilise le membre en flexion, abduction et rotation externe avec point d'appui au creux poplité.
Le 22 février, la malade mit au monde un enfant prématuré avec inflammation oculaire qui meurt à la onzième semaine, de furonculose.
Après l'accouchement cystite. Aucune cessation des douleurs de la hanche n’est constatée,et à la fin du mois de mars, on change la position du membre que l'on fixe en extension dans un nouvel appareil plâtré.
Dans le courant du mois de mai, la malade peut enfin
marcher mais doit user de béquilles et se chausser d’un
AO
soulier orthopédique remédiant au raccourcissement qui est très marqué.
Le 26 juin, Karewski la voit pour la première fois. Cette femme présente un bon état général sans stigmates de tuberculose ni de syphilis maisil constate une vaginite purulente. Gette affection s’est étendue et il note une urétrite, une endométrite et même une paramétrite postérieure.
A l'examen du membre malade, Karewski note un raccourcissement de 5 centimètres. La cuisse fléchie à 100 degrés est en abduction. Le grand trochanter est au-dessus de la ligne de Nélaton-Roser. Les mouvements actifs manquent complètement au niveau de l’articulation coxo-fémorale et les mouvements passifs sont très limités. L'ankylose subsiste même sous l’anesthésie.
Des tentatives de réduction restent sans résultat et conduisent à une intervention chirurgicale. On pratique la résection de la tête au-dessus du rebord cotyloïdien et on remarque une abondance exceptionnelle detissu conjonctif dans la plaie opératoire.
La tête fémorale est dégarnie de son cartilage par plaques. Ce cartilage subsiste en îlots au milieu de zones érodées où la substance spongieuse de l'os apparaît à nu. En quelques points on observe sur cette substance spongieuse des surcharges fibrineuses et à la limite de la tête un début de formation d’ostéophytes.
Au bord supéro-externe, à 1 cm. 1/2 du point où la tête se change en col, on voit un sillon imprimé en quelque sorte dans le col, ce qui est sans doute en rapport avec l'attitude en flexion, abduction et rotation imposée en premier lieu et
à la fonte du cartilage par la pression exercée en ce point
ARE). ce
On peut admettre que le mouvement à sans doute accentué ce sillon.