‹ Les Luxations Pathologiques dans les Arthrites BlennorrhagiquesChapitre 9 sur 17 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

OBSERVATION I (Observation du D: Bousquet, 22 août 1885.)

Luxation sterno-claviculaire.

Un homme de 27 ans atteint de blennorragie depuis un mois voit se développer au niveau de la partie interne de la clavicule droite une tuméfaction douloureuse ne s’étendant pas jusqu’à l’articulation. Il n’y avait pas de phénomènes fébriles, pas de réaction générale. On crat d’abord à une ostéopériostite de l'extrémité externe de la clavicule,

Ces accidents avaient débuté le 23 juin 1884 et le r°7 juillet on constatait que l’articulation sterno-claviculaire était envahie. Cette région était chaude,douloureuseet lorsqu’on imprimait un léger mouvement à l'articulation malade, cet homme se plaignait de violentes douleurs. Le 2 juillet, huit joursaprès le début des accidents,on constataitunefluctuation manifeste et une incision de 4 centimètres à cheval sur l’interligne de l'articulation sterno-claviculaire donnait issue à une cuillerée de pus dans lequel on mit le gonocoque en évidence.

Quelques jours après la plaie était entièrement recouverte de bourgeons charnus molasses ; la tête de la clavicule notablement augmentée, douloureuse, était en partie

subluxée sur le sternum. L'immobilité et la compression ame-

tp es

nèrent la guérison de la plaie en quelques semaines maïs au mois de mars 1885, sept mois après la guérison, on constatait encore un gonflement considérable de la région interne de la clavicule droite et de la portion correspondante du sternum.

La subluxation n’était pas réduite et il ne se passait aucun

mouvement dans l'articulation sterno-claviculaire malade.

Cette observation, la première en date, qui relate une luxation pathologique consécutive à une arthrite blennorragique est du plus haut intérêt. Son allure clinique est celle que nous retrouverons dans les observations qui vont suivre, au moins pour celles sur lesquelles les auteurs nous ont donné quelques détails. De plus, à cette époque on n’admettait pas que le rhumatisme gonococcique affectât la forme suppurée.

Cette communication du Dr Bousquet jointe aux deux observations de Fournier et de Richet où le pus fut mis en évidence dans l'articulation, ainsi que la présence du gonocoque, détruisit les conceptions d'alors sur le rhumatisme gonococcique.

Bien qu'on ait immobilisé l’articulation -malade en y ajoutant la compression de l’extrémité interne de la clavicule, nous notons la persistance de la luxation sterno-claviculaire, qui supprime tout mouve-

ment dans cette articulation.

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