LUXATIONS SIMPLES
En présence d’une luxation récente, le chirurgien doit chercher à obtenir :
1° La réduction du déplacement;
2° Le maintien de la réduction;
3° Le rétablissement des mouvements articulaires,
1° La réduction :
Cette réduction, dans les cas où il n’existe pas de complications, doit être réalisée le plus tôt possible après l’accident. |
En général, ces luxations censtituent des lésions de réduction facile, et le résultat final est d'ordinaire parfait.
Le médecin diagnostique une luxation, sans bien s’occuper de la variété, tire sur le doigt; le déplacement disparaît et tout rentre dans l’ordre.
Dans certains cas, cette simple traction ne suffit pas, et on est amené à provoquer la réduction par des manœuvres plus compliquées. À
Par exemple dans l’observation n° 4, rapportée par Bonneau, il s’agit d’une luxation de la phalangine en avant ayant résisté à toutes les réductions par traction sur le doigt. Or, il suffit à l’auteur de mettre doucement la phalangine en hyperflexion pour la voir presque spontanément reprendre sa place. Bonneau en- donne l'explication suivante : « Pour se luxer sur la face palmaire de la phalange, la phalangine a fait éclater la capsule articulaire, et elle est passée à travers cette capsule. Tirer dans l’axe du doigt, c’est tendre de chaque côté de la phalangine les deux lèvres de la capsule.
» Ainsi la boutonnière fait une fente rigide qui laisse d’autant moins repasser la base de la phalangine que l’on tire davantage sur le doigt. On réalise par cette mauvaise traction un cercle vicieux. Il est facile d’en sortir par l’hyperflexion de la phalangine qui, elle, relâche les lèvres de la
capsule et fait bâiller la boutonnière à travers laquelle la base de l’os repasse vivement. »
Quand la simple traction ne suffit pas, il existe done, pour chaque variété de luxation, certains mouvements combinés qui permettent la réduction à meilleur compte.
Le procédé de choix est la traction sur la phalange maintenue inclinée du côté de la lésion, puis portée brusquement en sens contraire, ce qui fait reprendre aux os luxés leur place normale. Par exemple, dans la luxation en arrière, nous tirons sur la phalange maintenue en hyperextension, puis un brusqué mouvement de flexion réduit la Juxation. ce ;
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Un deuxième procédé employé consiste à exercer des pressions en sens inverse sur les surfaces articulaires en y combinant au besoin les tractions sur le doigt.
Bien souvent, pour augmenter la prise et faciliter ainsi la réduction, on se sert de la pince spéciale de Lüer ou de
Farabeuf.
L’anesthésie dans la réduction des luxations. — Pour éviter la douleur chez des malades particulièrement émo-
: tifs ou pour faciliter la réduction dans des luxations déjà anciennes, on emploie l’anesthésie locale.
La cocaïne fut la première employée à la dose de 1 p. 200 ou 300, avec ou sans adrénaline; on utilise actuellement plus volontiers la novocaine à 1 p. 200 et autres dérivés qui permettent sans danger l’emploi d’une quantité plus grande de liquide anesthésique.
À quels signes reconnait-on que la réduction est obtenue ? — Le retour des os à leur place normale est généralement indiqué par un claquement que perçoit le blessé et même l'entourage.
En outre, la douleur diminue, le doigt reprend sa lonsueur, sa direction et sa forme. Il peut de nouveau exécuter les mouvements que la luxation avait rendus impossibles.
Le contrôle de la réduction par l’écran est toujours recommandable,
2° Le maintien de la réduction :
La réduction obtenue, il faut immobiliser le doigt. La
contention est généralement facile et ne comporte souvent 9 . e 9 9 . . D)
que l’application d’attelles avec l’adjonction d’un bandage
approprié qui maintient le doigt dans une position aussi
inverse que possible de celle qu’il avait au moment du
traumatisme.
Pourtant, il n’est pas exceptionnel que la réduction,
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même après avoir été facilement obtenue, soit difficile à maintenir par ces simples moyens.
Il peut être indiqué alors d’avoir recours soit aux appareils plâtrés, soit à l’extension continue. 3
L'extension continue peut se pratiquer avec les mêmes appareils employés par les chirurgiens pour les fractures des doigts. Le caoutchouc est le plus employé comme agent de traction permanente. Voici l’exemple d’un appareil fré-
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quemment utilisé et qui demande, pour sa confection, un minimum de matériel.
Une simple attelle de bois, dépassant le doigt intéressé de 6 à 8 cm. est fixée au poignet par une bande ordinaire ou par un tour de bande plâtrée. Un trou percé à l’extrémité de la planchette permet d’attacher un tube en caoutchouc qui, fixé de chaque côté du doigt par du leucoplaste, assure l’extension continue (fig. 1).
D’autres substances que le caoutchouc peuvent être em-
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ployées pour produire, par leur distention permanente, cette traction qui est à la base de la méthode.
Dans la figure 2, c’est un ressort métallique qui est utilisé comme moyen d'extension continue.
3° Rétablissement des fonctions articulaires :
Pour empêcher l’apparition de raideurs, la durée de l’immobilisation doit être courte.
On a préconisé depuis longtemps le massage et la mobilisation précoces au rythme de plusieurs séances par semaine. Si, par ce moyen, on ne peut assurer toujours une récupération fonctionnelle complète, du moins évite-t-on, en général, l'apparition d’une ankylose totale et définitive.