PREFACE XIX
grisette » et ses discours de portier. Scrupuleux et noué, Sully Prudhomme intenta des efforts magnanimes, s'évertua depindariser, de ronsardiser, de mettre au goût du jour les rimes pauvres et les vagissements d'un cerveau mal accouché.
Venu tard, lor:-que, déjà, le Petit traité de Poésie française codifiait les méthodes parnassiennes, quand les disciples immédiats avaient conquis le Double -Mont du passage Choiseul, Henry Mériot ne demanda aux triomphateurs que Tobservance étroite de leurs enseignements, la rigoureuse gymnastique du Verbe, par quoi la langue s'assouplit, devient plus forte et plus gracieuse, capable d'obéir sans hésitation ni fatigue aux préceptes ardus et compliqués de la poésie lyrique.
Il ne semble pas que Leconte de l'Isle ait jamais pris grand ascendant sur l'intellect d'Henry Mériot. Le pessimisme un peu étroit, le pédantesque, l'atTectation d'archaïsme qui nous charmèrent à vingt ans, ne paraissent pas avoir contribué témoins du mond§ à son orientation. L'auteur des L(js de Minuit procède avant tout de Banville, non du Banville, jongleur et funambule, dont la gorgiasité un peu factice n'a*rien de •commun avec un esprit naturellement sérieux, mais le Banville expansif et déchaîné, véhément et grandiloque, musicien et coloriste, qui proféra