PREFACE . IX
journaliste abondant, chroniqueur sans fatigue, improvisateur jamais à court, dédaigne néanmoins la « stérile abondance », les vaines efïustons, le bavardage lyrique dont la plupart des poètes, au XI X"^ siècle, ont appesanti leurs meilleurs morceaux. Les minutes éclatantes et brèves, de joie ou de douleur, que la poésie individuelle s'elTorce de commémorer,
(( pour que de nos vingt ans, vingt siècles se souviennent. »
suggèrent des émotions brûlantes mais fugaces qui ne prêteni ni aux longs développements, ni à la « littérature » C'est à bon droit que Verlaine « tordait le cou )) — suivant son dire — à l'Eloquence. Presque toujours, les plus véhéments poètes se montrentaussi les plus hermétiques, leurs flammes d'autant plus ardentes qu'elles brûlent en profondeur. Une certaine sécheresse importe à qui veut accorder la Lyre au dessus du diapason vulgaire. Les Fleurs du Mal comptent à peine cinq mille vers. Gomme Baudelaire, comme Stéphane Mallarmé, comme Gérard de Nerval <■', comme Héré-
fi' On parle ici des Chimères où Gérard de Nerval se montra, fort avant PFcole de iH^.j. un précurseur avantagé du Symbolisme :
« Sainte napolitaine aux mains pleines de feux I (( Rose au cœur violet, tleur de sainte Gudule, etc. » mais ayant sur ses imitateurs moréo-valaques ou judéo-allemands rincontestable supéiiorité, même lorsqu'il divague, de parler français.