‹ Les Lys de minuitChapitre 7 sur 28 · PREFACE XI · texte numérisé non relu

PREFACE XI

Evariste Carrance, lequel, tenancier du buffet d'Agen, consacrait à magnifier les Camènes. quelques loisirs que lui donnaient ses fourneaux. Mais je tombai dans les bras de Victor Billaud, directeur, quant à lui, des Muses Santones et qui ne servait point que je sache, à boire et à manger. Les Muses Santones, en dépit de leur manch(*tte. accueillaient toutes sortes de rimeurs aucunement Saintongeois. Nul ne s'enquérait de leur provenance, encore moins de leurs talents. Il sutïisait pour être de l'Académie (une « Académie » était annexée à la Revue) il sufïisait d'apporter quelque argent et de s'abonner dans certaines conditions. Moyennant quoi, Victor Billaud (li\ ulgnail les élucubrations, plus ou moins pindariques des jeunes hommes pécunieux. Et cela ne perturbait point la marche des étoiles !

En ce temps reculé, pour maint écolier solitaire, pour léphèbe captif dans les obscures provinces du Sud-Ouest où la bigoterie et la sottise et l'ignorance étaient, alors, dans leur centre, où pas un ami. pas un hn/teur ne pouvait s'intéresser aux choses de l'esprit, aider à l'évolution intellectuel^' de la puberté, ces recueils mercenaires ne laissaient pas d'être utiles et pertinents. Ils reliaient entre eux les isolés, mettaient à leur portée une passerelle, ouvraient un jour au mur de leur prison.

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