II PREFACE
Depuis, certes, la Province a pris force revanches. L'cicole Toulousaine entre autres, se glorilie à bon droit de ses poètes. Elle porte avec lierté le deuil d'Kmnianuel Delbousquet. Mais en 1876, que pouvait t'airc! un adolescent touc/ted by pensiveness, dans la Bigorre, le Comminge ou le Lauraguais? S'il ne bornait ses désirs à la vie inepte et sordide, à l'Enregistrement, au Commerce, à la Magistrature, au Notariat, nul, autour de lui, ne parlait sa langue. Les jeunes d'à présent dont on publie, à la moindre occasion, dans les quotidiens notoires, le portrait et les doctrines, les jeunes qui n'attendent plus même d'être conglomérés en cénacle, pour conquérir le Monde et fonder, au moins, une ou deux religions par semaine, auraient quelque peine à concevoir un tel abandon, ce qu'il suppose de colères internelles et de mélancolie.
Henry Mériot me lit Ihonneur de discerner mes vers dans les Muses Santones. Je goûtai les siens. Nous échangeâmes quelques lettres qui nous lièrent d'amitié. Mais, encore que nos provinces, ayant Bordeaux pour métropole, sulTragassenl lune cl l'autre à cette capitale, nous ne voisinâmes point. Et la vie emporta nos destins, sans nous mettre face à face, ne permettant pas que nous conservassions la mémoire de nos visages en tl(Mirs, ne joignant nos mains (pic sous les