‹ Les lys noirsChapitre 17 sur 32 · L’ASTRE NOIR · texte numérisé non relu

L’ASTRE NOIR

Pour moi, jadis, le sang d’un soleil ténébreux Souillait de son odeur la nature attristée,

Pendant que, désolant mon âme épouvantée,

TJn vent de mort soufflait dans la forêt des cieux.

Cet horrible soleil de haine et de ténèbres N’était pas né de moi, mais des hommes impurs. C’étaient l’homme, sa chair, ses instincts vils et durs Qui voilaient tout pour moi de leurs rayons funèbres.

Je ne haïssais pas les âmes des pervers,

Mais je désespérais de l’homme et de la terre.

Je sentais mon amour à jamais solitaire

Comme un lys mort floltant sur l’écume des mers.

Je croyais que jamais l’humanité féroce N’aurait soif de l’Amour divin qui m’enivrait,

Et que donner à tous la vérité rendrait Les cœurs plus envieux, la guerre plus atroce.

Et frissonnant, les- yeux chargés d’un poids obscur. Pensant à l’infamie incurable de l’homme,

11 me semblait la voir monter dans le ciel commo Un monstrueux soleil, honte du monde impur.

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