‹ Les lys noirsChapitre 25 sur 32 · AURORE · texte numérisé non relu

AURORE

Comme un Gaulois blessé l’héroïque soleil Déchirait de ses mains sa plaie éblouissante Et les flots de son sang, plein de joie et vermeil, Ruisselaient et riaient sur la terre vivante.

Ivre de son courage et de sa pureté,

Tu buvais avec moi les rayons de sa vie,

Et tu m’environnais de gloire, ô ma beauté,

Pareille au matin d’or en ta grâce hardie.

Le souffle virginal et tout-puissant des cieux Nous portait les parfums des forêts et des plaines,

Et des frissons d’espoir couraient, forts et joyeux, Des brins d’herbe tremblants aux planèles lointaines.

Comme si la nature, admirant notre cœur,

Imitait ses élans et, pleine de notre âme, Frissonnait tout entière au vent de mon bonheur, Comme au vent du matin une riche oriflamme.

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