ASSOMPTION
Comme l’hymne infini de l’amour et du monde, Pareille en ton triomphe à l’amour triomphant, Dans ta robe de feu, tes cheveux d’or au vent. Vole ô Reine du Ciel, Vierge royale et blonde!
Les fleurs que tu semas, les perles de la mer Ont rejailli vers toi pour charmer ta victoire,
Mais Satan souillera, pour offenser ta gloire,
De tourbillons fumeux les hauteurs de l’éther.
Qu’importe à notre amour et que fait à ma joie La rage de Satan et des peuples maudits Pour qui les clairs rayons des cieux du Paradis Sont un glaive enflammé qui menace et tournoie?
Montons dans l’air brûlant pour y posséder Dieu! Béni par ton regard, sauvé par tes caresses,
Ta m’emportes à lui, Reine entre les déesses,
Tes cheveux d’or au vent, dans ta robe de feu.
Avec un rire ardent, serrant sur ta poitrine Le héros de ton âme et le maître de l’or Égalant ton audace et ton sauvage essor Aux vierges profondeurs de la beauté divine.
Au plus haut des neuf cieux et par-delà les cièux Tu plonges, exaltant par tes chants invincibles La Nature et l’Esprit rayonnants et terribles Comme en leur liberté nos baisers furieux.