‹ Les lys noirsChapitre 9 sur 32 · IDÉAL · texte numérisé non relu

IDÉAL

Mes pensera les plus hauts sont comme autant de dieux Que ne peut altérer le temps ni la matière.

Mieux qu’aux soleils mortels rayonne dans leurs yeux La majesté de la lumière.

Mon âme les porta long-temps avec douleur Avant de mettre en eux au monde sa victoire.

Elle a gardé longtemps une morne pâleur De cet enfantement de gloire.

Mais ses fils, empourprés sur leur montagne d’or,

Par 1 aurore qui naît de leurs hymnes magiques, Foulent royalement les anneaux de la mort Sous leurs sandales magnifiques.

Telle qu’une déesse errante sur la mer,

S’exalte à contempler l’abîme des étoiles,

Ma rêverie heureuse à contempler l’éther De mon large avenir sans voiles,

Invoque dans la nuit ces pensers éclatants Saphirs pâles, rubis, émeraudes, topazes,

Automnes, hivers bleus, étés d’or, verts’ printemps, Zodiaque de ses extases.

Ils sont au nombre des Astres qui jugeront Au jour terrible et pur de Celui qu’ils adorent.

La matière et le mal peuvent briser mon front,

Mes pensers nobles les ignorent.

Fixes par la science et par la pureté,

Rois du monde à venir et des cieux qui demeurent, Attendant sans fureur et sans anxiété Que les hideurs mortelles meurent,

Ils me verront passer sur la terre et souffrir,

Et me consoleront disant : Ame angoissée,

Nous sommes l’Idéal qui ne se peut flétrir.

L’éternité, c’est la pensée

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