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I02 LES MACHABÉES

pour l'ordinaire, et souvent laissait peu de chose à faire à ceux qui le suivaient, aperçut, à portée de pistolet, un COrPS de quatre-vingt-huit Anglais avantageu- k sement postés dans un bois brûlé plein de rochers derrière lequel ils se tenaient à couvert. Ceux-ci ne voyant s’ appro- 4 cher qu une trentaine d'hommes, croient 1 en avoir bon marché et les saluent d’une 1 fusillade bien nourrie. Les canadiens se jettent à genoux pour recevoir l’abso- ‘à lution de l'abbé Baudoin, ancien mousquetaire et maintenant aumônier de l’ex- + pédition, et s ’élancent résolument à l’at-

surviennent presque aussitôt avec lei 11 reste de la troupe et tombent comme À une avalanche sur l'ennemi qui se dé 1 bande bientôt et s'enfuit au plus vite.

Suivi d'un petit nombre des plus alertes de ses canadiens d’Iberville poussependant un quart de lieue les fuyards l'épée dans À les reins jusqu’à Saint-Jean où il entre pêle-mêle avec eux, leur fait trente pri-# sonniers, enlève deux petits forts et jette ( l’épouvante dans la place. Un quart d'heure après survient M. de Brouillan | qui prend po de la Ville avec ‘4

ses soldats et sa milice, pendant qu'une centaine des habitants s’enfuient sur une quaiche avec leurs effets les plus précieux.

Deux cents anglais se sont réfugiés dans un fort revêtu de palissades. Sommé de se rendre, le gouverneur ne donne au-

cune réponse. Dans la nuit du vingtneuf au trente novembre, MM. de Muy

et de Montigny, à la tête de soixante canadiens, emportent et brüûlent toutes les

maisons qui environnent le fort, pendant que d’Iberville s’avance pour les soutenir

et que M. de Brouillan met ses troupes

en bataille. Enfin, le trente, un anglais

sort du fort avec un pavillon blanc. Le SONPPTIQUE veut temporiser, mais on ré-

pond à son envoyé qu’on va donner l’as-

saut sur le champ. Celui-ci, incapable

de se défendre, capitule le même jour.

Avec le manque de courtoisie qui lui

était habituel, M. de Brouillan signe

seul la capitulation, sans même prendre

la peine de la présenter à à d’Iberville.

Les forts ayant été détruits et les maisons incendiées afin d'empêcher les

Anglais d’y revenir après le départ des Français, M. de Brouillan s’en retourna

à Plaisance. Quant à d’Iberville, il allait continuer la guerre à la tête de ses infatigables canadiens. Pendant les deux mois les plus rigoureux de l’année, les raquettes aux pieds, le fusil au poing et le sac aux provisions sur le dos, cette

poignée d'hommes ravagea tous les éta-

blissements de la côte, fit plus de sept cents prisonniers, tua près de deux cents

hommes et répandit dans toute l’île la

terreur du nom français. Parmi les gentilshommes qui se distinguèrent surtout dans cette campagne, MM. de Martigny, Boucher de la Perrière, d'Amour de Plaine, d'Amour des Chauffours, Du Gué de Boisbriand, se firent surtout remarquer par leur mépris des fatigues les plus rebutantes et leur bravoure à toute épreuve.

De retour à Plaisance où il dut rester

dans l’inaction bien plus longtemps qu'il

n'aurait voulu, d'Iberville eut enfin la joie de revoir son frère Sérigny qui, le dix-huit mai 1697, arriva de France avec une escadre composée de quatre navires et d’un brigantin. D’Iberville en dévait prendre le commandement, embarquer ses canadiens avec lui et s’en aller re-

conquérir les postes de la Baie d'Hudson

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DE LA NOUVELLE-FRANCE IOs

que les Anglais nous avaient encore enlevés l'automne précédent.

Le huit de juillet, la petite flotte déroula ses voiles au vent et mit le cap sur le Nord. D’Iberville commandait le Pélican, de cinquante canons, (1) Sérigny le Palmier, de quarante canons, Du Gué le Profond et Chartrier le Wesp. Le vingt-huit on arriva à l’entrée du détroit d'Hudson que l’on avait heureusement franchi le trois d'août, lorsque les navires se trouvèrent enveloppés dans les glaces. Pris entre une banquise et le Palmer, que montait M. de Sérigny, le brigantin fut écrasé comme une coquille de noix, et c’est à peine si on eut le temps de sauver l’équipage. Poussé parles courants, le Profond fut entraîné vers la côte du nord et rencontra trois navires anglais contre lesquels il se battit vaillamment pendant trois heures au milieu des glaces. Après avoir vainement tenté d’aborder le Profond, les vaisseaux anglais prirent la fuite en voyant le Palmier et

(x) Dans sa lettre du 18 septembre 1697, M. LeRoy de la Potherie, l’un des officiers du bord, constate que le Pélican n'avait en réalité que quarante-quatre pièces de canons montées.

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