ACTE IV, SCENE lî
Le cœur tout palpitant d'un juste orgueil, hélas! < iomblanl VOtre avenir de biens imaginaires, Je me suas crue heureuse, entre toutes les mères; 1.1 j'igBOrt pourtant ce qu'aux tristes Hébreux Le glaive laissera d'un espoir si nombreux; El si , de tant de lils qui devaient me défendre , Un seul me restera pour recueillir ma cendre... Que dis-je, malheureuse! est-ce à moi de gémir ! Moi , qui dans vos devoirs venais vous affermir ; Moi , de qui l'Eternel vous reçut dans son temple ; Moi , qui vous dois enfin le précepte et l'exemple ,
Je pleure ômes enfans, soutenez ma vertu ;
Et toi , qu'outrage ici mon courage abattu,
Que ces larmes, grand Dieu , qui mouillent mes paupières
Trouvent grâce à tes yeux; ce seront les dernières.
ZABULON
Nul espoir à nos vœux ne peut-il donc s'offrir !
MIZAEL.
Et pourquoi le Seigneur nous ferait-il mourir?
11 n'a jamais puni que des enfans rebelles ;
Mais nous , que son saint nom trouva toujours fidèles,
Comme Isaac , sans doute , il veut nous émouver ;
Déjà sous le couteau , l'ange vint le sauver.
SÀLÔMÉ.
Oui, devant le Seigneur mes fils trouveront grâce ; D'Aaron et de David il maintiendra la race : 11 brisera sur eux la colère des rois;
Les Machabèes. j
Car mes fils avant tout observeront ses lois.
Isaac , qu'exalta sa volonté suprême ,
Sur le bois qu'il portait s'était placé lui-même.
Toujours les plus soumis furent les plus puissans :
Daniel , au milieu des lions rugissans ,
Attestait l'Eternel d'une voix satisfaite ;
Et la faim des lions respecta le prophète.
L'héroïque destin des trois jeunes Hébreux
Tous est surtout connu , vous , qui pleuriez sur eux :
Tous savez quel air pur , quelle douce rosée ,
Vint tempérer soudain la fournaise embrasée,
Lorsque des saints enfans les cantiques pieux
S'échappaient de la flamme et montaient vers les cieui !
Soumettez-vous comme eux à d'horribles épreuves ;
Et de la même foi donnez les mêmes preuves.
KEPHTALI.
Heureux nos guerriers morts au milieu des combats !
ELCIAS.
Ephraïm nous devance, et nous suivrons ses pas.
Vos leçons nous ont fait des courages faciles ;
Notre Dieu , nos bourreaux , nous trouveront dociles.
SALOMÉ
Je le sais, mes enfans ; et si j'ose espérer,
C'est en votre vertu qui vient me rassurer.
Je n'en doutai jamais... Un bruit se fait entendre;
On vient... C'est Nicanor... Que va- t-il nous apprendre?
NCTE rv, SCÈNE III.