SOLDATS
(Un soldat porte dans ses mains des tuniques bleues.)
sa lomé , à Nicanor.
Qu'as-tu fait de mon fils?
NICANOR
Vous allez le revoir.
SALOMÉ
Ainsi donc le saint temple est en notre pouvoir! \ ienSj qu'un noble récit redouble encor ma joie.
nicanor, faisant poser les tuniques sur le banc qui est
à droite.
Yoici les vêtemens que le Roi vous envoie;
Sitôt que vos enfans en seront revêtus,
Je viendrai les conduire auprès d'Antioclius.
(Nicanor et les soldats sortent. )
MIZAEL.
Ma mère , les voilà ces tuniques sacrées
Qu'un songe prophétique à mes yeux a montrées
Regardez-les.
SALOMÉ
D'où vient que je frémis d'horreur?
Pourquoi ces vêteraens?
MIZAEL.
Dissipez votre erreur.
Ces tuniques d'azur me rendent mon courage : Eléazar , ma mère , a béni ce présage ; Et je les reconnais avec un saint transport.
SALOMÉ
Si c'étaient , ô mes fils , vos vêtemens de mort ! Approchez.
ZABULON
Partagez l'espoir qui nous ranime.
SALOMÉ
Dès ce moment, peut-être, espérer est un crime.
( Zabulon et Nephtali semblent consternés. ) Vous palissez tous deux. Le cœur de Zabulon Vole à sa jeune épouse aux sables d'Ascalon ; Et toi, cher Nephtali, qui d'une heureuse chaîne Nourrissais dans Hébron l'espérance prochaine, Tu frémis qu'un moment si long-temps attendu Echappe sans retour à ton cœur éperdu.
Tu brûles de revoir dans sa triste demeure La jeune Séphora qui t'attend et qui pleure...
{Avec force.) Et si Dieu nous livrait à la fureur du Roi!...