‹ Les Machabées, ou, Le martyreChapitre 49 sur 64 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ANTIOCHUS , HÉLIODORE

AiNTIOCHUS.

Oerais-je donc train par mes propres sujets! Toi, qui connus toujours et servis mes projets, Toi, qui ce matin même excitais ma vengeance, M'oses-tu maintenant conseiller l'indulgence !

HELIODORE

En éclairant ton cœur je ne te trahis pas ; Et ma voix est fidèle aussi bien que mon bras. Je sais qu'un tel langage a droit de te surprendre , Que ma bouche jamais ne te le fit entendre; Mais les foudres du temple ont dessillé mes yeux.

Et je dois ces conseils à tes jours glorieux.

Regarde , Antioclms, les enfans de Moïse

Marchant avec orgueil dans leur ville conquise ,

Et toujours rassemblés autour de l'encensoir ,

Esclaves ou vainqueurs , gardant le même espoir.

Ce n'est pas sans effroi que mon œil les contemple ,

Eux, leurs prêtres, leur Dieu si jaloux de son temple.

C'est un Dieu formidable, et j'ai du l'apaiser;

Imite ma prudence au lieu de l'accuser.

Les vois- tu ces Hébreux , si timides naguère ?

Montrent-ils maintenant un courage vulgaire?

Loin de les enrayer, tes injustes rigueurs

Dans la rébellion affermissent leurs cœurs;

Tous sont fiers de braver tes vœux ill» '-gitiin

Les bourreaux manqueront plutôt que les victimes.

ANTIOCHUS

Quoi! la mort d'Ephraïm...

HÉLIODORE

Ephraïm dépouillé.

Montrant aux Juifs l'éphod par tes bourreaux soin lit . Leur vantait, tout sanglant , la douceur des supjpKoef Et rendait tous les cœurs de sa gloire complir.

ANTIOCHUS

Et ses frères?...

HÉLIODORE

Plus fiers à leurs derniers înoincih .

Rebelles à tes vœux, dociles aux tourmens.

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