‹ Les machinations contre le colonel PicquartChapitre 15 sur 21 · toutef les aecotalioDs avaient · texte numérisé non relu

toutef les aecotalioDs avaient

>e quel Ion simple, avec quelle modestie,

réserve il se défend! On sent qu'il veut fe

. les calomnies dont on a voulu le salir, mais

il ne veut accuser personne de ceux qui

nt.

I cuiianl cette déposilloo, je me trouvais, dans

la partie de la salle réservée aux témoins, assis au milieu des uniformes, et je voyais le gardien de square Ravary s'agiter en des mouvements fébriles et proférer à voix bn^— "" --- -\-;^^ injures; du Paly, très pAle, i iant, l'oreille tendue; et Lauib, le monocle vissé dans le coin de l'œil, très nerveux, la figure contractée, se dressant à chaque instant, prêt à bondir comme un fauve.

Des bancs sur lesquels se pressaient les officiers d'Etat-Major introduits à l'audience par M' AufTray, à la demande de du Paty de Clam, de sourdes imprécations s'élevaient à l'adresse du colonel IMcquart : « Misérable!... Crapule!... C'est une bonté!... Ab! si on le tenait! »

— Cet individu a mérité dix fois le Conseil de guerre, disait Ravary à Besson d'Ormescheville, à voix assez baule pour je l'entendisse.

Ah! si ces messieurs avaient pu tirer leur sabre du fourreau, le colonel Picquart ne serait pas sorti vivant du Palais ce jour-là. Peutrtrp se trouvait'il, parmi ce galonnés en fureur, qm 1 ques juges du prochain Conseil de guerre...

Quand le colonel Picquart eut terminé sa dép sltion, les confrontations commencèrent, et I « lumière jaillit, éclatante.

CONTIIB Ll COLONEL riCQOART 65

PRBMlkRB CONFRONTATION

GribeliD, Laoth, Havary et de Pellieux furent,

nsemble, appelés à la barre. Henry, ce jour là,

dtt ' <i de se rendre à Taudleoce, aotis

prti-\: ,.. .. élail soufTrant.

Celte première confrontation démolit de fond

' l'assertion de Laulb, que son ancien

cnt- i lui »vait demandé de faire apposer le cachet

de la poste i>ur le « petit bleu •. Assertion ab-

irde 8*11 en fût, d'ailleurs! En effet, la seule

ileur du « petit bleu » consistait dans son ori-

I ne : T Ambassade d'Allemagne. Celte origine éta-

lissait l'existence de relations entre l'attacbé

lilitaire allemand et le destinataire : Bsterhazy.

! «nit bleu» ne représentait qu'un

. .... luigniflant, sans signature, qui.

I int par la poste, eût perdu toute signiflca-

n origine n'étant plus déterminée. Au

" ' ->• H arracba à Lautb un aveu qui

,>ioirement son mensonge. C'est

li qui avait recollé, pour les photographier, les

' ^ du « petit bleu. • II s'était servi, pour

Il papier gommé très flo, qu'il avait ap-

liqué sur la pièce du côté de i'odrtsM. D'où, Im- > matérielle d'apposer un cachet de U <»9ic ailleurs que sor les dites baodeslll

Une autre affirmation de Lauth était que le colonel Picquarl lui avait également demandé de faire disparaître, sur la photographie et sur le tirage sur papier, les traces de déchirures. M' Clemenceau établit sans peine que, le fait fùtil vrai, il n'aurait aucune importance, puisque seul l'original pouvait être produit comme document judiciaire.

Le but poursuivi par Lauth, âme damnée de Henry, devint tellement visible, que M* Labori lui demanda s'il accusait le colonel Picquarl d'avoir mis le « petit bleu » dans le paquet des papiers, provenant de l'ambassade d'Allemagne et remis h Henry par l'agent secret du service des renseignements. Lauth répondit qu'il ne l'en accusait pas, faute de preuve, mais qu'il le croyait. Et, sur une nouvelle question de M* Labori, il précisa en disant : « Je le crois depuis l'automne de 1806 ». Ce qui inspira au colonel Picquart cette juste observation que c'était précisément en automne 1806 que l'alTaire Esterhazy avait dévié dans l'affaire Dreyfus.

Lauth ajouta :

Le colonel Henry a pris livraison da paquet. Mais il ne se rappelle plus, il ne peut pas affirmer s'il a enlevé tous les papiers ou non. Il y a de cela dixhail mois.

M* Labori fit remarquer qu il seraii pusïiule,

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peut-être, de retrouver l'ageoi secret qui avait pris le • petit bleu • à rambasdade d'Allemagne. Laulh déclara qu'en effet, ou pourrait retrouver cet agent. Mais il «jouta bien <•' cela ne

«.»^r\ir.iil h rii'f!. I.*'] riir.ililt^ il' ..,.... insi^t''* *

LagcDi qui a apporic le « peut bleu n.dit-ii, e^i !• nème qae ceiot qui a apporté le bordereau. Il a, par cootéquent, la eonflance du ministère. Si on

ut le retr il nous dira «i c'est lui qui a ap>

rlé le € } * ou «i c>9l le CMione! Picqoart

i l'a mis dan» le paquet.

— 11 ne pourra pa« vous le lim, hijobI» i.iiiui , il ' incapable de discerner entre les piece« qu'il

Il e»t superflu de faire remarquer combien sio-

iit robslinalion de Lautb — encou-

• - ' ■ président Delegorgue —à

réclamée par le défense.

1 prochain procès de Picquart, l'agent en qoes*

ri -nra peut-être exhibé, dans le huis-dos du

I de guern;. et le discernement lui aura été

né par l'Ktat-MaJor pour lui faire déclarer

> aucun c petit bleu » ne passa par

« main^.

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