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MOTEUR LENOIR

Si les machines à air chaud exigent beaucoup de place, ce qui en retarde l'emploi dans la plupart des

industries, le moteur Lcnoir (fig. 35 et 36) réalise

une machine qu'on peut faire fonctionner dans les plus pelilis atelier»; t'est une sorte de machine à vapeur sans chaudière, qu'on alimente simplement avec le gaz d'éclairage. L'Vi'^àtogfettftiiatboné, fourni

MOTEUR LENOia.

par ie tuyau de gaz T, passe dans des réservoirs de distribution B, R', et le jeu alternatif d'un tiroir, manœuvré par la tige X, lui ouvre l'entrée du cylindre moteur par les conduits ab ou cd. Le gaz, mélangé & son passage avec une certaine quantité d'air, est traversé par une étincelle produite par un appareil d'induction de Ruhmdorff, entretenu en activité & l'aide d'une pile électrique. Sous cette influence l'hydrogène se combine à l'oxygène de l'air pour

Coup* horizontale.

former de l'eau, et la température produite par la combinaison suffît pour dilater le reste du mélange gazeux : ce phénomène s'eflectue successivement sur les deux faces du piston P, et produit son mouvement de va-etrvient. A chaque fois que le piston parvient au bout de sa course , le gaz qui vient d'agir s'ëchappe du cylindre par des oriQces spéciaux, et passe dans le tuyau f qui le verse dans l'atmosphère. Tout Je mécanisme àe \a àÂsVtîBVi'tt-Wx

se résume dans roscillation des tiroirs qui ouvrent ou ferment à tour de rôle les orifices du cylindre, et dans Touverture alternative des circuits qui font passer Tétincelle dans les appareils inflammateurs I et F. C'est à ce dernier usage qjie sont destinées les barrettes n, m, m', sur lesquelles la pièce métallique M vient porter, suivant que le piston l'entraîne à gauche ou à droite.

Cette petite machine se place sur une table BB ; elle n'exige pour fonctionner qu'un jet de gaz, une pile et un appareil d'induction. Elle marche instantanément et s'arrête tout aussi aisément. C'est une machine de petit atelier, appelée par conséquent à jouer un rôle moralisateur parmi les familles de la classe ouvrière.

Dans les nouvelles machines à gaz, le moteur Hugon, le moteur Otto, l'étincelle électrique est remplacée par un petit jet de gaz enflammé, qui s'éteint et se rallume alternativement par le jeu même de la machine. L'intervention de l'électricité n'est plus nécessaire.

PULSOMÈTRE DE HALL

Le pulsomètre de M. Hall, dont nous avons indiqué plus haut la parenté avec l'ancienne machine de Savery, est un appareil formé de deux chambres en forme de poire, réunies par leur partie supérieure à un tuyau qui amène la vapeur d'une chaudière ; la partie inférieure des poires est munie de clapets qui s'ouvrent de dehors en dedans, et qui la font communiquer avec une cavité appelée chambre d'aspiration, où débouche le tuyau qui plonge dans l'eau

PULSOMRTBE.

de la source ; cette chambre est fermée elle-même par un clapet; en avant de cette chambre, est une seconde cavité, appelée chambre de refoulement, qui communique par l'inlermédiaire de deux clapets avec les poires, et qui débouche dans un tuyau de refoulement. Une soupape oscillante est placée à la partie supérieure où les poires se réunissent; elle a pour objet de fermer et d'ouvrir alternativement

Al Al chamLreft en • de rctoalemi

chacune des deux poires, et de laisser la vapeur de la chaudière pénétrer dans l'une en même temps qu'elle laisse la condensation s'opérer dans l'autre. On retrouve dans cette description l'aspiration el le refoulement des pompes ordinaires, on y voit des soupapes ou des clapets : la seule, différence, c'est qu'il n'y a pas de piston, ou plutôt que la vapeur

agit directement comme un piston sur le liquide. A mesure qu'elle pousse le liquide dans la chambre et le tube de refoulement, la vapeur tend à se condenser dans la poire où son contact avec le liquide froid s'étend de plus en plus. De là une diminution de pression qui'provoque le basculement de la soupape supérieure, ferme la poire où se faisait l'admission et ouvre la seconde poire, où le refoulement va s'effectuer de la même manière. Cet appareil très rustique, qu'on installe facilement partout, peut être employé aux épuisements des liquides les plus impurs et les plus visqueux. Les pompes ordinaires ne se prêtent pas aussi bien aux épuisements de cette nature, à cause des étranglements par lesquels elles font passer le liquide.

Les substances explosives rentrent dans la grande classe des moteurs thermiques. La poudre, mélange intime de carbone, de soufre et de salpêtre, dans des proportions qui peuvent varier légèrement suivant les habitudes de la fabrication, est de toutes ces substances la plus anciennement connue. Quand on met le feu à un pareil mélange, il se fait une combinaison chimique des corps en présence; il y a production d'un énorme volume de gaz, et en même temps production d'une quantité de chaleur qui échauffe les gaz et leur donne une pression très considérable. Si l'expérience se fait en vase clos, la ^ pression développée intérieurement fait générale- ^ ment éclater le vase; si une paroi seulement est mo-

bile, cette paroi est projetée au loin avec une grande vitesse. C'est ce qui se passe dans les armes à feu. On a découvert bien d'autres matières explosives; mais toutes ne peuvent pas être employées comme moteurs, parce qu'il en est de si instables qu'on ne serait pas maître de les faire éclater à un moment déterminé. Ainsi le chlorure d'azote, l'un des corps les plus détonants que l'on connaisse, ne résiste pas au plus petit choc, et se sépare avec explosion dès qu'on le touche avec un corps solide. D'autres matières, sans être aussi instables, ont une déflagration trop vive : telle est la poudre^coton ou pyroxyle, que l'on obtient en trempant des ligneux dans l'acide azotique; c'est une poudre brisante, qui brûle assez rapidement pour qu'on puisse en placer une certaine quantité sur une couche de poudre ordinaire, et y mettre le feu, sans que la combustion se communique de Tune à l'autre. La nitroglycérine, qu'on prépare aussi en faisant agir l'acide azotique sur la glycérine, est encore plus brisante, et possède une instabilité qui en fait généralement proscrire l'emploi. Mais, lorsqu'on la mélange aune matière inerte, telle que le sable fin, elle se transforme en une substance beaucoup plus fixe, la dynamite, dont l'explosion ne peut être provoquée que par la détonation d'un fulminate. Ces effets destructeurs peuvent être en bien des cas utilisés par l'industrie. Malgré les découvertes de la chimie moderne, l'ancienne poudre à canon est restée le seul moteur admis dans les armes de chasse ou de guerre; elle doit cette préférence à sa grande stabilité, qui en rend la manipulation peu dangereuse, et à la durée de sa déflagration, qui n'est

pas assez rapide pour endommager sur-le-champ les armes. à

. Les effets de ces substances explosives sont extrèmement bizarres, et semblent paradoxaux au premier abord. Ainsi placez une petite quantité de poudre à Tair libre, sur une table en bois, mettez le feu à la poudre, vous n'obtiendrez qu'un jet de fumée. Répétez Texpérience en mettant sur la poudre une large feuille de papier ou de carton, l'explosion disloquera votre table.

Laissez un intervalle* libre entre la charge de poudre et la bourre dans un fusil de chasse; le fusil éclatera quand vous ferez partir le coup, et la bourre ne sera pas chassée.

Dans un canon ouvert par les deux bouts, placez { un boulet en fonte, une charge de poudre derrière le boulet, et derrière la poudre une bourre légère ; le coup part : le boulet est chassé à une grande distance en avant; la bourre vient tomber à quelques pas en arrière du canon.

Posez une bombonne de poudre sur une roche sous-marine, par des profondeurs de dix mètres d'eau, mettez-y le feu, vous ne verrez point de mouvement sensible se produire à la surface de Teau ; mais 1^ roche se trouvera brisée en mille pièces.

On a essayé un canon sans culasse. Ce canon est ouvert aux deux bouts. A l'arrière, on le ferme avec deux bourres séparées l'une de l'autre par un matelas d'air de un mètre à peu près de longueur. Lorsque le coup part, l'ensemble des deux bourres reste immobile, et le canon ne subit aucun ,ç recul. tfc

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tous ces phénomènes; la résistance de l'air et des autres milieux dans lesquels les mouvements s'accomplissent s'exerce plus sensiblement sur les corps légers que sur les corps très denses; d'ailleurs elle croît très rapidement avec la vitesse relative du mobile. Dans ces conditions, un choc très brusque au sein d'un fluide peut y produire une série d'ondes ou de mouvements vibratoires très rapides, que l'œil de l'observateur n'aperçoit point, et qui dissimulent entièrement la violence des eflfets produits. En réalité les couches successives dw milieu reçoivent de l'impulsion qui les frappe des vitesses extrêmement grandes; mais ces vitesses se communiquent d'une couche à l'autre, comme dans la transmission du son, sans produire pour chacune d'elles autre chose que des déplacements extrêmement petits. C'est ainsi que les bourres du canon sans culasse conservent l'apparence de l'immobilité.

Plus l'action d'un fluide moteur est rapide, plus il faut apporter de soin à la fabrication de la machine sur laquelle il est appelé à agir. Ainsi les machines à vapeur exigent plus de perfection que les roues hydrauliques, et les armes à feu bien plus de perfection encore que les machines à vapeur. Une fissure, si petite qu'elle soit, est bientôt élargie par les gaz de la poudre au point de devenir dangereuse. Le métal du canon est assez vite attaqué, sous l'influence deâ vibrations excitées dans sa masse et de l'élévation des températures. Sa forme intérieure s'altère au bout d'un certain nombre de coups, et bientôt il faut rebuter la pièce. Si l'on additionne les durées successives du service actif d'une pièce d'artillerie^ on est eifrayé du peu A^ V^ycv^^ q^v^\n.

obtient pour cette somme. Un coup de canon est entièrement accompli en moins de 2 millièmes de seconde; la pièce étant rebutée au bout de 3000 coups, elle n'a réellement travaillé, quand elle est renvoyée aux ateliers de fabrication, que pendant 3000 fois 2 millièmes de seconde ou pendant 6 secondes. Voilà la vraie durée du service actif d'une pièce d'artillerie. Si Ton songe que sur ces 3000 coups, qui ont duré en tout 6 secondes, il y en a généralement plus des neuf dixièmes de perdus, on aura, à un point de vue restreint, une idée de la folie de la guerre.

Nous avons dit plus haut que la poudre donnait un procédé élégant pour le battage des pieux. Voici comment l'appareil est disposé. Le pieu est coiffé d'un tube, dans lequel un piston très pesant peut glisser à frottement doux. On place sur la tête du pieu une cartouche de poudre blanche, c'est-à-dire de poudre renfermant du chlorate de potasse au lieu de salpêtre; cette poudre détone sous le choc. On laisse tomber le piston sur la cartouche qui prend feu ; les gaz qu'elle produit relèvent aussitôt le piston au plus haut point de sa course. Un mécanisme l)articulier ramène en même temps une nouvelle cartouche sur la tête du pieu; le piston en retombant la fait éclater, puis il est repoussé, et le mouvement se continue ainsi sans interruption. A chaque coup le pieu s'enfonce d'une certaine quantité sous la pression du gaz de la poudre. Tout se passe comme dans un canon où l'on mettrait une faible charge : le piston remplace le boulet, et l'enfoncement du pieu correspond au recul de la pièce. Chose remarquable, la tête du pieu n'est pas endomma-

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