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le de la machine Gramnio, mise en mouvement ar une machine â vapeur, pour produire l'éclaiige des phares, des avenues d'une ville, des chande construction, des salons et des salles s spectacle, et même des travaux de la campagne
Hsqiie le temps presse et qu'il Taut travailler la uit'. On s'en servira pour distribuer le moteur
I trique à une foule de petits ateliers, en donnant Macli
L Haclilne île M. Albnret.
à chacun la force motrice qui lui suffit. Un appareil très ingénieux, connu sous le nom de mo^ettr i Marcel Deprez, résout ce dernier problème avec autant de précision que d'élégance. C'est un simple aimant à fer à cheval, entre les branches duquel tourne avec rapidité une bobine Siemens, à travers laquelle passe le courant. Les commutateurs, qui portent sur l'axe de la bobine, changent le sens du courant à chaque demi-tour et assurent la continuité de la rotation. L'appareil se place sous le tour du tourneur, sous la table de la machine à coudre, sous rétabli du découpeur de bois, etc., et donne à chacun le travail moteur qu'il réclame. Un système régulateur y imaginé aussi par M. Marcel Deprez, . dont le nom se rencontre dans tous les progrès ' récents de la mécanique électrique, intervient, à chaque fois que le courant tend à se modifier par suite de l'arrêt d'une machine-outil dépendant du circuit général, pour maintenir à leurs valeurs normales les courants qui règlent le mouvement des autres outils. Dans ce système l'électricité n'est qu'un moteur de seconde main, que l'on développe dans la machine Gramme à l'aide d'un moteur indépendant, chute d'eau ou machine à vapeur. Cette transformation ne se fait pas sans frais, et on peut se demander si, au lieu d'employer une machine à vapeur pour mettre en mouvement une machine Gramme, et pour utiliser ensuite les courants produits, il n'y aurait pas avantage à appliquer inmiédiatement la machine à vapeur au travail que Ton veut réaliser. Mais les propriétés spéciales de l'él tricité assurent dans la plupart des cas le succès di cette transformation. La transmission électrique du
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travail est indépendante de la distance à laquelle I elle est portée ; en outre, les moteurs électriques sont excellents quel que soit leur volume, et se prêtent à un partage indéfini du travail sans rien perdre de leur puissance relative. Un petit moteur électrique d'un dixième de cheval peut être parfait, tandis qu'une petite machine à vapeur d'un dixième de cheval est nécessairement détestable. La facilité des communications électriques, au moyen d'un simple fil convenablement isolé, est encore une propriété bien précieuse dans les applications. On peut se figurer d'après ces remarques quelle révolution industrielle la machine Gramme paraît appelée à produire. Rien de plus simple que de centra- ^ liser la puissance motrice sur un point convenablement choisi, de l'employer, à produire des courants électriques, qui vont sans bruit sur le fil conducteur mettre en mouvement à toute distance les usines et les métiers les plus divers. Les chutes d'eau des montagnes, les oscillations périodiques de l'Océan, la chaleur solaire recueillie sous les tropiques par les miroirs Mouchot, la houille brûlée sur le carreau de la mine, sinon dans la mine elle-même, et exonérée de tous frais de transport, voilà autant de sources de travail qu'il devient possible d'utiliser où l'on veut, et de la manière la plus simple et la plus pratique. Veut-on éclairer la nuit le travail de l'atelier que l'électricité met ^n mouvement, on sacrifiera une partie de la puissance motrice, et l'électricité ainsi libérée paraîtra sous
Srme de lumière dans la bougie Jablochkofî, dans brûleur Jamin, dans la lampe Swan ou dans tout autre type connu d'éclairage. Jamais le problème
de la distribution du travail n'avait reçu une solution aussi large et aussi satisfaisante. Lorsqu'on ne i connaissait que la pile pour produire les courants électriques, les industriels qui en faisaient usage étaient dans la situation des consommateurs de gaz, si chacun d'eux devait produire le gaz qu'il se propose de brûler. L'indépendance qui en résulterait aurait sans doute des avantages; mais à quel prix serait-elle obtenue I
Si nous passons en revue les différents moteurs qui viennent d'être énumérés, nous serons ^ frappés de l'importance du rôle de l'un d'eux, de | la chaleur, et principalement de la chaleur solaire.
Les moteurs animés tirent leur puissance motrice des aliments qu'ils introduisent dans leur estomac, ou plutôt de la chaleur développée par la combustion de ces aliments dans les poumons et l'appareil circulatoire. Ces aliments appartiennent euxmêmes au règne végétal et au règne animal ; les ! animaux se nourrissent tous, directement ou indirectement, de végétaux; les végétaux puisent leur nourriture dans le sol et dans l'atmosphère, sous l'influence* de la chaleur et de la lumière solaire.
Nous avons fait ressortir l'action incessante du soleil pour entretenir les chutes d'eau et les mouvements de l'atmosphère utilisés comme moteui par l'industrie.
Le miroir conique de M. Mouchot recueille direc*
ment les rayons solaires qu'il concentre en un même foyer; il les utilise, soit pour faire cuire des aliments, soit pour faire bouillir Teau d'une chaudière, et mettre en mouvement une machine à vapeur. On s'en servira par exemple, les jours où le soleil brille dans un ciel sans nuages,
. pour élever les eaux d'une rivière et irriguer une prairie. C'est surtout dans les pays chauds que cet appareil très simple peut être le plus facilement utilisé.
D'où vient la chaleur qui se dégage sur les foyers de nos machines? Des combustibles végétaux que Ton y brûle. Or ces végétaux ne font que nous restituer la chaleur qu'ils ont reçue du soleil et qu'ils tiennent emmagasinée. La houille, à ce point de vue, n'est autre chose que la cljaleur solaire fixée depuis des siècles, et que la combustion fait reparaître; ce qui faisait dire à Stephenson : Le so/eii est le vrai moteur de nos locomotives,
' ' Le travail humain dépend donc à la fois des vég^étaux qui peuvent nourrir l'homme et les animaux, et de la réserve de combustible qu'il peut trouver sur le globe.
Les houilles s'épuiseôt rapidement par l'emploi de plus en plus développé qu'en fait l'industrie. Que fera-t-on, une fois les houilles brûlées, ce qui sera FafiFaire d'un ou deux siècles? On emploiera d'autres combustibles, le pétrole par exemple ; d'ailleurs, la combustion de toutes les houilles enfouies dans le sein de la terrée ne peut s'effectuer sans rendre à l'atmosphère tout l'acide carbonique que les anciens végétaux en ont extrait : or les végétaux modernes tendent, comme les anciens, à fixer cet acide
carbonique, et reproduisent des combustibles comme dans les temps primitifs, pourvu toutefois que la chaleur du soleil, ou de toute autre étoile, ne vienne pas à leur faire défaut.
Mais laissons de côté ces questions d'avenir que l'imagination est toujours trop prompte à résoudre. Quelle conséquence actuelle et pratique, nous demanderons-nous, ressort de l'examen auquel nous venons de nous livrer? La plus importante est assurément que le travail indéfini d'une machine exige l'intervention indéfiniment prolongée d'un moteur, de sorte qu'il serait tout à fait illusoire de chercher à construire des appareils possédant en eux-mêmes le principe de leur mouvement. L'observation des phénomènes naturels nous montre partout une série d'échanges entre divers éléments équivalents les uns aux autres : travail mécanique^ chaleur y électricité, force vive; rien ne se perd, tout se transforme. La nature ne crée rien, ne détruit rien, ni matière, ni mouvement. Quelle n'est donc pas la vanité de ceux qui prétendent avoir inventé une machine marchant indéfiniment par elle-même?
Pauvres gens, qui croient dérober au Créateur un pouvoir qu'il a refusé à la Nature, ils sont généralement punis par la misère de leur orgueilleuse tentative. La plupart s'adressent alors au gouvernement, ils sollicitent quelque subvention pour les encourager dans leurs recherches. Une telle prière les condamne. L'inventeur du mouvement perpétuel, avant d'être le bienfaiteur du genre humain, commencerait apparemment par s'enrichir lui- ^ même. Que n'exploite-t-il ses procédés ? Ce serait ^ chose facile pour celui qui produit sans effort ce
que ses concurrents ne produisent qu'avec une certaine peine. Or, bien loin de s'enrichir, les inventeurs de mouvements perpétuels se ruinent, et eux-mêmes fournissent une démonstration économique de la vérité des principes qu'ils ont méconnus.