‹ Les machinesChapitre 8 sur 36 · DENYS PAPIN · texte numérisé non relu

DENYS PAPIN

denser la vapeur sous le cylindre, résultat que Papin obtenait en éloignant le feu. Le hasard fournit à Newcomen un procédé bien préférable. Il avait d'abord placé sur la face supérieure du piston une couche d'eau, pour empêcher la vapeur de passer entre le piston et la paroi du cylindre. Le joint n'était probablement pas très régulier et très élanche, et parfois une certaine quantité d'eau s'introduisait sous le piston. Aussitôt le piston retombait au fond des cylindres, et la vapeur était immédiatement condensée. Newcomen en conclut que quelques gouttes d'eau froide, lancées dans un espace plein de vapeur, suffisent pour opérer la condensation. Il fit aboutir au fond du cylindre un tuyau partant d'un réservoir d'eau froide et fermé par un robinet, et pour condenser la vapeur il n'eut plus qu'à tourner ce robinet, de manière à lancer dans le cylindre un jet d'eau froide. La condensation se faisait dans le cylindre même, et le jeu du piston s'obtenait en ouvrant et en fermant alternativement le robinet de la vapeur et le robinet d'eau froide. Des enfants étaient chargés de manœuvrer ces robinets.

Ici l'histoire mentionne un nouveau perfectionnement. Un des enfants chargés de ce service assujettissant, Humphry Potter, trouva, sans doute après quelques tâtonnements, le moyen de rattacher au balancier, par des ficelles, les branches de son robinet, et de faire exécuter son travail par la machine elle-même. L'artifice du petit manœuvre réussit parfaitement, et les constructeurs en profitèrent lour substituer à la main d'un ouvrier des systèmes de tiges faisant le même travail, mîv\'è mv^^*^ ^^

mouvement par le jeu de la machine. Quand à Humpliry Potter, qui s'était rendu inutile par son inven- â tion, on le renvoya. Fut-il récompensé? On n'en sait rien. Dans tous les cas, il serait injuste de l'accuser de paresse. Chercher à se débarrasser d'un travail fastidieux, appliquer à cette recherche l'activité de son esprit, ce n'est pas là le péché de paresse, c'est, au contraire, le principe de toutes les découvertes. Arriver à un résultat par la voie la plus facile et au prix des moindres efforts, voilà le but de toute industrie; la répulsion que nous éprouvons pour un travail pénible est ainsi le plus grand stimulant du progrès de l'humanité. Certaines écoles socialistes promettent aux hommes le travail attrayant. Est-ce à dire qu'aujourd'hui le travail i n'ait aucun attrait? Non, car l'attrait du travail existe, attaché, il est vrai, non au travail lui-même, mais au résultat à obtenir; le salaire en est la forme la plus vulgaire et la plus générale. Si l'on parvenait à l'attacher au travail lui-même,- on verrait aussitôt les hommes mettre autant de soins à augmenter leur travail qu'ils en prennent aujourd'hui aie réduire; le résultat du travail leur deviendrait indifférent; il n'y aurait plus de progrès, ni même de produits. Toute l'activité humaine se dé-^ penserait dans des jeux sans fin, où l'on multiplierait les difficultés à plaisir. Combien de jours un tel état pourrait-il ruirer, avant que l'aiguillon de la faim vienne rappeler aux hommes les vrais principes de leur nature?

La pompe à feu de Newcomen ne servait qu'à^ mettre des pompes en mouvement. James Watt, dont^ ^ grand nom domine encore av\jowYà'\\\x\\û\3Aft l'his-

NEWGOMEN. 79

toire de la machine à vapeur, en lit une machine universelle, et la porta à un haut point de perfection. Le premier, il comprit nettement que le véritable moteur de la machine n'est pas la vapeur, mais bien la chaleur dont elle est dépositaire. Aussi tous ses efforts tendirent-ils à ménager le mieux possible le précieux calorique produit à grands frais par la combustion du foyer. Le cylindre deNewcomen était successivement rempli de vapeur sortant de la chaudière, puis soumis à une injection d'eau froide. 11 était donc alternativement froid et chaud : froid au moment où Ton ouvrait le robinet de vapeur, chaud quand on lançait le jet d'eau liquide. Dans le premier cas, une certaine quantité de chaleur était employée inutilement à réchauffer les parois du cylindre; dans le second, cette môme quantité contribuait à échauffer Teau injectée et nuisait ainsi à la rapidité de la condensation. Watt remédia à tous ces défauts en affectant une chambre spéciale à la condensation, comme Newcomen avait affecté un espace spécial à la production de la vapeur. Le condenseur joint par Watt aux machines est une chambre froide, maintenue à une basse température par des injections répétées. Un principe de physique, découvert par Watt, le mit sur la voie de ce perfectionnement capital. Avant lui, on croyait que, pour condenser rapidement de la vapeur, il fallait la refroidir directement, en y lançant une certaine masse d'eau froide* Watt reconnut qu'on arrive aussi vite au résultat demandé en ouvrant à la vapeur une communication libre avec un espace à une température notablement ■pus basse. Il s'opère alors une sorte de distillation, la vapeur est comme appelée [par Vcs\)Vx.ee lîw\^ vi\

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sa pression s'abaisse bientôt au degré qui correspond à la température de cet espace. Le cylindre ne fut plus exposé à des variations de chaleur aussi brus- 1 (|ues, ei bientôt ajirès une chemise de vapeur, prise à la chaudière, contribua à le maintenir à la température de la \apeur elle-même, par Faction directe du foyer. Un autre perfectionnement important fut la substitution d'un cylindre fermé aux deux bouts au cylindre ouvert, sur le piston duquel Newcomen, et avant lui Papin, laissaient agir la pression atmosphérique. Walt ferma le cylindre par en haut, cji réservant dans le couvercle supérieur une ouverture pour le passage de la tige du piston. La vapeur de la chaudière entre librement dans une chambre (le distribution, d*où elle passe alternativement sur à les faces du piston, suivant la position donnée à un ^ tiroir mobile. On comprendra facilement le jeu de cette machine à double effet, en la réduisant à ses parties essentielles, et en remplac^ant le mécanisme de la dislribiition par une série de robinets qu'on supposera manœuvres à la maia (flg. 19). On voit clairement sur la ligure que Touverture simultanée des robincîls B et G, et la fermeture des robinets A et D, mettent le dessous du piston P en communication avec la chaudière, et le dessus avec le condenseur; cpie par suite le piston tend à s'élever sous l'excès de pression qu'il subit de bas en haut. Le mouvement contraire s'obtiendrait en ouvrant A et D et en formant H et i],

\Vatt (^sl aussi le premier qui ait songé à employer les oscillations du piston de la machine à vapeur pour donner un mouvement de rotation continue i(£f //// nrhiv /onrnanl : pvoWème de transformation de

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