PREFACE XVII
révolte de rorgueil qui détacha le Nord, par la Réforme, du scandaleux Midi.
La Renaissance, mot de mensonge, étiquette satanique ! Cette Renaissance est la mort du tendre, du passionné Moyen Age. Loin d'adoucir les mœurs, elle imagine d'affreux supplices, la roue. Il n'est pas jusqu'à Fart religieux qui ne redevienne alors païen. Le grand siècle de l'Europe avait été le xiii'". C'est au xiv'' que le prêtre s'écarte du peuple, que le moine abandonne le travail manuel, que le pharisaïsme envahit l'Eglise, et que le naturalisme philosophique, ennemi du véritable sentiment de la nature, relève la tête. Déjà les digues de l'enfer semblent rompues. La Chrétienté agonise sous un déluge d'abominations, auquel correspond une avalanche de fléaux : massacres, famines, pestes à dépeupler des cités entiers.
C est l'époque où x\vignon se dresse contre Rome, Aux vrais papes qui trop longtemps avaient oublié leur siège apostolique dans cette Italie factice succèdent les anti-papes. Ils troublent l'Europe avec une opiniâtreté d'ambition qui fait songer que certaines perversités intellectuelles ou morales ne peuvent germer que dans l'àme de prêtres insuffisamment pieux.
>:V1II PUÉFACE
Le schisme éleinl, le Comlat va devenir par moments une mauvaise Rome, un réceptacle de^' abus du pouvoir (emporel sans le rayonnement spirituel de la tiare. Il semble que plusieurs des vice-légats, gouverneurs d'Avignon, n'aient pas été choisis parmi les plus louables dignitaires de l'Eiilise.
Et voici bien Tune des pires injustices de l'impiété, en même temps que la pire sottise du pharisaïsme, que de confondre la flamme pure de la vérité catholique avec le verre souvent maculé qui transmet cette flamme aux hommes. Cest, au contraire, parce qu'il a existé beaucoup de papes médiocres et deux ou trois détestables, que la persistance de Tinfaillibilité dogmatique constitue le plus surprenant prodige de Thistoire. Tel pape a entrepris des guerres injustes, tel autre mena une existence scandaleuse ; aucun n'a enseigné une hérésie. Et cependant, que n'eussent pas prodigué les rois protestants ou les princes dépravés pour faire résonner dans Rome une définition luthérienne ou une doctrine opposée à la morale évangélique !
Puis, malgré les scandales ecclésiastiques, le christianisme n'a jamais cessé d'être le vecteur de toute civilisation véritable. D sied bien à