XVI PREFACE
suscité de rhellénisme que les vices, sans produire ni un Phidias ni un Socrate. « Comme « les civilisations antiques de la Grèce et de « Rome, comme les civilisations modernes de « la Provence et d'Espagne, comme toutes les (( civilisations du Midi, la société de la Renais- <( sance porte en soi un vice irrémédiable, une « mauvaise et fausse conception de l'homme. (( On ne fonde pas une société sur le culte du « plaisir et de la force, o
Ce jugement de Taine n'est pas entièrement exact. Il oublie, d'une part, les effroyables répercussions de la Renaissance italienne chez les peuples du Nord, par exemple cette monstrueuse dépravation de l'Angleterre, que Taine constate lui-même ; d'autre part, il ne tient point compte des élans de sainteté et de charité qui, en Italie comme en Espagne, furent le contrepoids providentiel de l'impiété élégante et de l'effrénée luxure. Le poison des Borgia, la torche de Torquemada gardent pour correctifs la mysticité d'une sainte Théi-èse. l'ardent amour des ascètes italiens. Les crimes de la Renaissance s'expliquent mieux par l'assaut de l'enfer contre la chaire même de l'Apôtre que par un élément ethnique. Et ce fut moins une protestation de la conscience qu'une