S4 LES MAITRES APOTHICAIRES DE NANCY
des recettes et dépenses, desquelles il était tenu de rendre un compte exact chaque année.
Cette disposition, on le remarquera, reproduit purement et simplement le règlement antérieur. Pareillement deux assistants seront adjoints au maître de la confrérie pour gérer et administrer, l’un choisi par le chef et l'autre par les membres.
À son entrée chez un patron, chaque apprenti devait verser 8 francs pour la caisse de la confrérie. Enfin, interdiction était réitérée aux maîtres apothicaires de ne jurer ni se quereller au cours de leurs assemblées, sous peine d’encourir, l’agresseur, une amende de 6 gros et |” « agressé » une amende de 3 gros. Nous nous sommes étendu précédemment sur cette disposition.
Les lettres patentes du duc Charles IV ont été publiées en 1670 par Claude et Charles Les Charlot(®), imprimeurs jurés de Son Altesse, dont les ateliers étaient situés « proche la primatial », sous l'enseigne « À l’image Nostre Dame », mais nous nous sommes référé pour cette étude à un texte original, savoir, au registre des lettres patentes, conservé en nos archives départementales. Ce document manuscrit constitue une copie un peu hâtive, que le scribe ne crut pas devoir relire et où nous constatons plusieurs omissions. C'est une défaillance bien humaine qui se reproduit couramment avec nos correspondances. Le texte écrit est cependant préférable au texte imprimé, parfois retouché et
(1) Règlements et Statuts des maitres apothicaires de Nancy, publiés par Claude et Charles Les CHarLOT. Nancy, 1670, petit in-4 relié en veau, de 27 pages (sans les annexes). Bibl. publ. Nancy, fonds lorrain, n° 8634.
toujours orthographié différemment. Bien entendu, le livre des Charlot nous a servi à restaurer les passages supprimés au registre des lettres patentes. Ces deux documents se complètent donc l’un l’autre. En son Dictionnaire historique des ordonnances de la Lorraine et du Barrois, Rogéville a publié ces lettres, mais avec les mêmes variantes (*).
Le petit exemplaire imprimé, possédé par la Bibliothèque municipale de Nancy, est curieux par ses annotations manuscrites, suivant une coutume chère aux bibliophiles des siècles précédents, enclins à épandre çà et là de leur prose, et, au besoin, de leurs vers. Nous lisons ici, en manière de dédicace : Collegio regali medicorum nanceianorum, 1753, dedit Nic(olas) Jos(eph) Gonnaud doctor) mÇedicus).
C’est donc un respectable exemplaire feuilleté, entre deux ordonnances, par les maîtres de la docte faculté au dix-huitième siècle, avec une intelligente attention. Par distraction, Les Charlot impriment à la page 16 : « Cette institution n’est point escrite en la Patente. » À quoi Gonnaud réplique en marge aussitôt : « Elle y est escrite. » De même, à la page 21 : « Ceste institution n’est point insérée dans la Patente » et le répons : « Elle y est insérée. »
À la suite de cette publication, Les Charlot nous livrent les noms des dix maîtres apothicaires de la ville de Nancy, « qui ont obtenus et fournis aux frais de leurs statuts », Savoir :
Jean Sirejean,
Claude Hermant, Claude Alba,
Noble Christophe Barot,
François Louis Urbain, Louis Alary,
(1) Rocëvizce, Dichonnaire historique des ordonnances de la Lorraine et du Barrois. Nancy, Leclerc, 1777, t. I, p. 13-24.
Fleurant Grillot, * Nicolas Guillemin,
François Gabriel Collignon,
Sébastien Mangin dit Dardeville.
À lire ces noms bien lorrains, on croirait, en vérité, feuilleter un de nos modernes annuaires.
Tels furent les statuts octroyés par Son Altesse aux maîtres apothicaires de Nancy, nos devanciers, et nous, les pharmaciens actuels, nous continuons, en nos officines, à préparer encore ces mêmes médicaments aux vertus éternelles, avec le même esprit de corps, avec parfois les mêmes règlements.