DE 166$ A LA RÉVOLUTION
Ces lettres patentes fixaient définitivement les règlements concernant la corporation, aussi les ordonnances ultérieures sont-elles purement confirmatives.
Au règne troublé de Charles IV succéda un règne plus tranquille, celui du duc Léopold. Les ruines, accumulées pendant de longues années, se relevèrent peu à peu et les institutions se réorganisèrent. Pour repeupler ses États, et en particulier faire refleurir les arts, l’industrie et le commerce, Léopold [* rendit, le 2 avril 1698, une ordonnance portant permission à toute personne de quelque profession qu'elle puisse être, à la réserve des chirurgiens, apothicaires et orfèvres, de s'établir dans ses États pendant cinq ans et de travailler de sa profession sans être obligé de faire apprentissage ou chef-d'œuvre (*).
(1) Rocévize, Recueil des ordonnances de Lorraine, t. 1, p. x
Quelques mois plus tard, le 6 janvier 1699, un édit réglementait les études à l’Université de Pont-à-Mousson. Les articles 35, 36, 37 de cet instrument nous montrent la considération dont jouissait la pharmacie à cette époque. Elle se rattache à la médecine, et son art requérait les connaissances les plus étendues, pour que les médicaments, nécessaires au rétablissement de la santé, fussent préparés avec le soin le plus attentif.
En conséquence, il est permis aux professeurs en médecine de l’Université de Pont-àä-Mousson d'établir et assurer en cette ville l'exercice de la pharmacie, conformément aux règlements usités à Nancy.
Parallèlement, les 19 et 20 juillet 1699, des lettres d’insinuation nommaient à Épinal des pharmaciens dans les mêmes conditions. Les lettres patentes de 166$ régiront dorénavant l’art pharmaceutique dans toute la Lorraine (*).
Au siècle suivant, ces décrets se trouvaient confirmés soit par Léopold, soit par Stanislas, avec quelques petites modifications dans la lettre : tel le nom de pharmacien substitué bientôt à celui d’apothicaire.
Enfin, pour clore notre historique, il convient de mentionner une imposition établie, en 1694, sur le corps des apothicaires, afin de rétribuer certains officiers auditeurs examinateurs de leurs comptes et deniers, officiers créés, au mois de mars, par ordre du Roi, maître encore de la Lorraine. Pour satisfaire à ces dépenses, le 1* mars 1695, un emprunt de 200 livres fut contracté auprès du sieur Grison, notaire, par le sieur Harmant, premier juré, le sieur Sirejean, second juré, les sieurs Parterre, Allary, Fondreval et Simonnaire, constituant, comme on le verra au chapitre suivant, le corps entier des maîtres apothicaires. La somme
(1) Archives M.-et-M., D 89.
fut remboursée, avec ses intérêts, à la fille du prêteur, et le contrat rayé du garde-notes le 18 mars 1716 (°).
Cette organisation, dont nous avons étudié les étapes successives, dévait subsister jusqu’à la Révolution française, où notre profession, subissant la réforme générale, reçut, le 8 germinal an IV, les statuts définitifs qui nous régissent encore aujourd’hui. |
(1) Registre des maîtres apothicaires, p. 112.