‹ Les maîtres apothicaires de Nancy au dix-septième siècleChapitre 8 sur 67 · DÉCRET DU DUC HENRI I DU 27 JANVIER 1615 LIMITATION DES PHARMACIES · texte numérisé non relu

DÉCRET DU DUC HENRI I DU 27 JANVIER 1615 LIMITATION DES PHARMACIES

Un premier essai fut tenté sous le duc Henri IL. Un décret du 27 janvier 161$, donnant satisfaction aux vœux répétés des maîtres apothicaires, frappait les boutiques toujours plus nombreuses, ouvertes indûment, en excluant de Ia corporation les gens qui exerçaient notre profession sans offrir les garanties suffisantes, ni avoir rempli les conditions

marchand droguiste à Bâle. Archives M.-et-M., B 1841, mandement du 30 décembre 1620.

« Pour garnir une petite apotiquairerie, 1/2 onse confection Alckermés — 5 francs. » — Archives M.-et-M., B 1841, mémoire de Jean Pavé, certificat du 15 mars 1622.

« Délivré à l’apoticaire de Son Altesse troys aulnes de satin vert fort de Bruges, à garnir une petite cassette, à mestre l’appoticairerie de Son Altesse. » — Archives M.-et-M., B 1377, mémoire de Henry Philippe, certificat du 8 février 1616.

nécessaires, pour le plus grand danger de la santé publique et le discrédit de notre art lui-même.

Par ce décret, il était permis aux maîtres apothicaires, non seulement de provoquer la fermeture des pharmacies ouvertes depuis le mois d'octobre 1611, mais encore il était fait « déffence à tous autres d’en lever ny ouvrir de mesme art jusqu’à ce qu’il seroit autrement pourvueu et ordonné par le règlement qui se doit faire pour la Maistrise » (°).

Nos devanciers recevaient donc toute satisfaction et rien ne devait entraver, en principe, leur monopole, ainsi reconnu et protégé. Mais le décret devint bientôt caduc, faute de sanction prévue et appliquée envers les gens qui trafiquaient de la santé publique, sans vergogne. Ils furent un instant désemparés, mais, assurés bientôt de pouvoir sans dommage continuer leur industrie, ils relevèrent la tête, et les boutiques, prudemment fermées, se rouvrirent impunément. De l'échec de cette tentative, la position des délinquants se trouva même fortifiée et ils devinrent plus dangereux et plus entreprenants que jamais.

De leur côté, les maîtres apothicaires ne renonçaient nullement à la lutte; ils avaient à cœur de défendre leurs intérêts contre ces empiétements et de maintenir la bonne renommée de leur corporation qui pouvait se trouver compromise par ces intrusions.

(1) Cité dans le décret du 21 avril 1623. — Bibliothèque du Musée Lorrain de Nancy, Registre des maîtres apothicaires, fol. 2.

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