‹ Les maîtres de l'Ecole de Paris dans la période préspécialistique des maladies du pharynx, du larynx et du nez. Tome IIChapitre 100 sur 117 · C. Chauveau. — Les Maîtres de l'École de Paris, t. II · texte numérisé non relu

C. Chauveau. — Les Maîtres de l'École de Paris, t. II

LES MAÎTRES DE L’ÉCOLE DE PARIS

« 2° A nous expliquer pourquoi cès blessures, lorsqu’elles n’entraînent pas la mort du sujet, sont assez souvent accompagnées de fistules aériennes et par conséquent de la perte de la voix ;

« 3° A établir les préceptes qu'on doit suivre dans le traitement de ces plaies, pour prévenir ces inconvénients graves et assurer le succès du premier pansement.

« Quelles que soient les parties lésées, en supposant toujours qu’il y a pénétration dans les voies aériennes, la première indication à remplir est de couper perpendiculairement les bords de la plaie pour prévenir la rétroversion de ses bords en dedans» cause principale du non-succès de la réunion de ces plaies et de la formation des fistules aériennes. Ce précepte rempli et tous les vaisseaux coupés étant liés, on procède à cette réunion au moyen de la suture entrecoupée qu’on pratique avec la plus grande facilité; des bandelettes agglutinatives, un linge fenêtré, etc., etc., complètent le pansement.

« Pendant quel’air s’échappe en dehors du larynx, le sujet est totalement privé de la voix et même de la parole ; mais, à peine les ouvertures de communication avec ce canal sont-elles fermées, que cette faculté est rétablie.

« Ceci fait, le médecin doit porter son attention sur l’état du cerveau du blessé, surtout si sa plaie est l’effet de sa volonté ; car, pour arriver à ce résultat, cet organe ou plutôt le cervelet doit être, avant l’accident, dans un état d’irritation érectile ou. d’inflammation portée à des degrés relatifs à l’intensité des causes prédisposantes.

« Dans ce cas : glace sur la tête, saignées, àpplications dé ventouses, boissons acidulées à la glace goutte à goutte, etc.

« Nous avons indiqué les moyens propres à prévenir les fistules aériennes; c’est le débridement perpendiculaire de la coupure àbant d’en opérer la réunion, Lorsqu’on n’a point pris cette précaution, les bords de cette plaie se. renversent par l’effet rétractile du derme et la contractilité des fibres motrices du peaucier coupées transversalement et, quelque multipliés que soient les. points de suture, ils se rompent, les bords de ces plaies s’écartent et contractent des adhérences avec les parties éloignées.

« Les ouvertures du larynx et de la trachée restent béantes et, les fistules s’établissent. Ce qui a fait dire à la plupart des auteurs que la suture était inutile dans ce cas et même nuisible.

« Mais dans les cas où les fistules aériennes sont établies, quelle est la meilleure manière d’y remédier ? C’est de rétablir la plaie dans son état primitif, lorsqu’elle a subi le débridement: dont nous avons parlé, c’est-à-dire qu’il faut commencer par

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