‹ Les maîtres de l'Ecole de Paris dans la période préspécialistique des maladies du pharynx, du larynx et du nez. Tome IIChapitre 101 sur 117 · LARREY · texte numérisé non relu

LARREY

faire une double incision perpendiculaire qui part du trou fistuleux et, par une dissection délicate, on détache à une distance plus ou moins éloignée les bords de cette incision de leurs adhérences celluleuses et vasculaires ; on les rafraîchit au niveau des points de cicatrices, on les ramène ensuite en avant en contact immédiat en les y maintenant au moyen de la suture entrecoupée ou enchevillée, selon le besoin. Un simple bandage contentif suffit alors pour assurer le succès » .

Il n’y aurait point de plaies fistuleuses qui résistent à l’application de cette méthode, que l’auteur compare ensuite à celle de Velpeau, la faisant suivre d’observations, parmi lesquelles nous rapporterons la suivante, marquée par ces complications cérébrales dont l’auteur a parlé plus haut.

« M. L.., lieutenant invalide, 64 ans, caractère gai, mais faisant abus d’alcool. Après un accès d’ivresse, il est pris de maux de tête, de fièvre, et est envoyé à l’infirmerie dans le département du médecin en chef. Dans la nuit du 17 au 18 juin 1832, dans le service de Desgenettes, avant la visite, il se coupa la gorge à l’aide d’un couteau. Le médecin le trouva sur son lit, la tête renversée, présentant une grande plaie au-devant du cou, par où s’échappait du sang vermeil, écumeux, avec un sifflement et tous les signes d’une suffocation prochaine.

« Mon premier soin, sitôt appelé près de lui, fut de faire fermer la plaie qui ne fournissait plus de.sang, mais laissait échapper l’air du canal avec une grande force et un sifflement pénible.

« Cette manœuvre parut suspendre le cours de la mort et permit au blessé de parler.

« Nous le réchauffâmes et parvînmes à lui faire prendre quelques cuillerées de vin et procédâmes au pansement.

« La plaie était entrecoupée par deux ou trois autres incisions parallèles.

« Nous pratiquâmes d’abord une légère incision perpendiculaire et tandis qu’un aide bouchait l’ouverture du larynx avec la partie voisine des téguments du cou que j’avais ramenésdetrès loin, nous pratiquâmes Sur toute cette plaie six points de suture entrecoupés et réunîmes les deux divisions perpendiculaires au moyen de bandelettes agglutinatives protégeant aussi la suture. Puis linge fenêtré, etc. Le malade était revenu à lui, il pouvait parler et avaler les liquides.

« A la visite du soir, nous le trouvons dans un parfait état ; mais, au milieu de la nuit, il jette des cris plaintifs, délire, est très agité. Malgré les soins, la fièvre et le délire augmentent. A la visite du matin, nous le trouvons avec les signes d'une cérébrite profonde qui avait déjà produit le coma.

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, « Deux .heures après, il avait expiré.

« Vingt-deux heures après la mort, nous trouvons un engorgement considérable de tous les vaisseaux des méninges. L’arachnoïde était convertie en une couenne blanchâtre puriforme; les vaisseaux du cerveau étaient très engorgés et les ventricules remplis de sérosité rougeâtre.

« Le cervelet et la moelle étaient très enflammés ; une assez grande quantité de fluide sanguinolent est épanchée à la base du crâne.

« Rien de pathologique dans les autres cavités.

« L’appareil de la plaie est dans l’état où nous l’avons laissée la veille et ses bords ont contracté une adhésion parfaite.

« Il est bien évident que l’inflammation du cervelet et de la moelle, préparée par l’abus des boissons, est la cause prédisposante de ce suicide. »

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