LAB-BEY
« Après les premiers soins à l’infirmerie, le malade entre le troisième jour à l’hôpital. A son entrée, le 19 août, il éprouve une gêne extrême dans la respiration avec une toux fréquente, saccadée, suivie d’expectoration de mucosités glaireuses assez abondantes. La voix est rauque, entrecoupée. La gorge présente une atrophie ulcérative ancienne des piliers du voile du palais, de la luette et des amygdales et une phlogose assez intense du pharynx, recouvert, à sa surface, de plusieurs plaques pseudomembraneuses, jusque vers l’ouverture de la glotte qui paraissait œdématiée. Douleurs à la pression, à l’extérieur du larynx.
« Le malade offrait tous les signes d’une laryngite aiguë suffocante, en partie œdémateuse, en partie pseudo-membraneuse, pouvant se lier d’ailleurs à des ulcérations syphilitiques; et cette affection était venue à un tel état de gravité que la seule chance probable de guérison me semblait devoir être l’opération de . la bronchotomie. Mes confrères de l’hôpital partagèrent mon avis, mais pensèrent que l’opération pouvait être différée de quelques heures ou d’un jour encore et de s’en rapporter au traitement simple... ;
« A unetroisième visite de la journée, trouvant le malade dans un état plus grave encore, je me décidai, sans plus attendre, à pratiquer la trachéotomie.
« L’opération, faite selon les règles, n’offritrien de notable, si ce n’est une hémorragie veineuse provenant du plexus thyroïdien...
« Le succès de l’opération dépassa notre attente ; car, au vingtième jour, la guérison fut complète. »
Mais ce qui mérite surtout de fixer notre attention, c’est le mémoire de Larrey sur les fistules aériennes traumatiques. Pour s’opposer au renversement des bords de la plaie en dedans, cause, suivant lui, de l’échec de la cicatrisation, il les incisait transversalement, puis les unissait par une suture entortillée. Il aurait obtenu ainsi de nombreux succès.
Les détails étant très techniques, nous allons rapporter le texte même de l’écrivain.
« Les auteurs n’ayant parlé des blessures de la gorge que d’une manière incomplète, nous rapportons ici le résultat de recherches plus étendues que nous avons faites sur cette question de chirurgie.
« Ainsi nous croyons être parvenu :
« 1° A découvrir les causes qui s’opposent souvent à la guérison des plaies du cou avec pénétration dans les voies aériennes et qui les rendent fréquemment mortelles, bien que les principaux vaisseaux de cette région n’aient pas été lésés ;