ROUX
« 2° Que l’appareil laryngien avait subi de grandes modifications dans sa forme et dans sa texture, puisque l’on ne sentait plus les reliefs et la consistance de ses cartilages, , ordinairement si apparents...
« Je n’avais pu constater dans le larynx de Mohamed qu’un rétrécissement prononcé, mais partiel, produit par le séjour de la canule laissée à demeure dans son voisinage et dépendant aussi de la loi générale à laquelle sont soumises toutes les voies naturelles, qui ne manquent pas de se rétrécir chaque fois qu’elles ne sont pas parcourues par leurs excitants normaux. Je m’arrêtai à pratiquer, chez ce malade, la trachéotomie sous-hyoïdienne et à introduire de haut en bas dans le larynx et la trachée jusqu’à trois centimètres au-dessous de la fistule trachéale une double canule en argent; puis de la laisser à demeure pendant le temps de la cicatrisation de la fistule et la cicatrisation du tube aérien.
« Mohamed désirait beaucoup l’opération que jè pratiquai après avoir eu soin d’assurer la respiration en arrêtant autour du cou, à l’aide d’un lien circulaire, la canule trachéale que portait habituellement le malade. » L’opération réussit parfaitement et Roux ajoute : « Les chirurgiens auraient peine à comprendre que, dans une région ordinairement si bien limitée par ses reliefs saillants et si facile à atteindre, les déformations aient été telles... »
Néanmoins, Roux, regardé, malgré son habileté bien connue et ses nombreux succès, comme un opérateur un peu téméraire, ici encore ne put entraîner les convictions de ses collègues. Yoillemier fit même des réserves formelles sur l’utilité de pareilles tentatives.