‹ Les maîtres de l'Ecole de Paris dans la période préspécialistique des maladies du pharynx, du larynx et du nez. Tome IIChapitre 22 sur 117 · HS MAÎTRES DE L'ÉCOLE · texte numérisé non relu

HS MAÎTRES DE L'ÉCOLE

PARIS

cette maladie avec aucune de celles que nous venons de nommer. En effet, dans l’asthme convulsif, la suffocation commence subitement ; elle n'est point précédée d’un sentiment de malaise dans le larynx. Après l’accès, il n’y a aucune gêne dans le haut de la trachée-artère; s’il y a gêne encore, elle, tient à la poitrine et le malade ne la rapporte pas à la région du larynx. Dans l’asthme aigu de Millar, la suffocation tient au spasme de la poitrine, et le resserrement convulsif du larynx, quand il a lieu, n’a pas été précédé de malaise et de douleur dans la région 1 . Dans l’angine de poitrine, la suffocation qui survient tout à coup est causée par la contraction de la poitrine et non par le rétrécissement de la glotte.

« Dans toutes ces maladies, dès que l’accès est dissipé, la respiration est parfaitement libre et le larynx n’éprouve ni gêne ni douleur. Dans certains anévrismes de l'aorte , qui compriment la trachée, la respiration devient sifflante, à la vérité, et il y a des accès de suffocation ; mais la douleur du larynx n’existe pas ou n’est pas constatée et, dans ce dernier cas, l’examen scrupuleux de la marche de la maladie peut ordinairement garantir de l’erreur. L’angine laryngée œdémateuse ne peut être confondue avec l’angine laryngée inflammatoire (non catarrhale, c’est-à-dire grave et à allure phlegmoneuse, notre laryngite suppurée actuelle) si bien décrite-par Boerhaave. La violence de la fièvre dans cette maladie, son absence dans l’œdème de la glotte peut distinguer ces deux affections dont la marche est d’ailleurs très différente.»

Bien que Bayle soit, en théorie, assez partisan du tubage et même de la trachéotomie 2 , dans la pratique, il se contentait de la saignée chez les pléthoriques, des vomitifs à titre révulsif, de la révulsion par les sinapismes très larges et les vésicatoires sur le cou, des antispasmodiques et des gargarismes astringents. Il recommandait, à l’exemple de Thuillier, mais théoriquement encore, le massage des replis aryténo-épiglottiques. ,

1. On savait déjà du reste, du temps de Bayle, que le mal est propre à l’enfance et que l’œdème de la glotte est rare à cette époque de la vie.

2. « Quoique nous ayons conseillé, dit-il très positivenient, l’introduction de la sonde et même la laryngotomie, nous croyons devoir déclarer, que parmi le très petit nombre de malades que nous avons vu guérir, il n’en est aucun qui ait dû la guérison à l’introduction de la sonde ou à là laryngotomie . «

IY. — BLACHE

Blache a fait paraître dans le Dictionnaire de médecine pratique un article sur la pathologie médicale de l’organe vocal, remarquable par sa clarté, son érudition, ses qualités cliniques, chez cet auteur, toujours si éminentes, mais qui manque un peu d’une originalité, bien difficile, du reste, à déployer sur un sujet où les recherches des anatomopathologistes et des nosologistes antérieurs avaient, en l’absence du laryngoscope, fait déjà connaître presque tout l’essentiel vraiment accessible aux investigations élémentaires de l’époque. Néanmoins, malgré l’absence fréquente d’idées nouvelles A , r la présente monographie mérite de fixer notre attention, parce qu’elle constitue un bilan, en quelque sorte très exact et très fidèle, des notions sur les maladies de l’appareil phonateur, qu’on possédait dans la première moitié du xix e siècle.

Les laryngites constituaient alors un groupe assez confus, assez mal séparé encore, dans ses formes chroniques, des affections spécifiques avec lesquelles elles avaient été si longtemps confondues, notamment de la phtisie laryngée qui, suivant beaucoup d’auteurs 1 2 , en était souvent l’aboutissant en quelque sorte normal. Pour se reconnaître dans le dédale assez embrouillé de la réaction symptomatique, le clinicien en était réduit à analyser avec une minutie souvent arbitraire certains phénomènes, à apprécier l’intensité de ceux-ci, leur évolution ; pourtant, malgré des lacunes inévitables, la description de ces processus phlegmasiques, que l’on retrouve dans les traités de cette période, est en somme déjà assez complète et ne fait même point trop mauvaise figure auprès des expositions didactiques actuelles.

Inflammation muqueuses aiguës 3 . — L 'étiologie était assez bien connue, puiqu’on distinguait des laryngites primitives, des

1. Cependant le spasme laryngé, notamment, est remarquablement décrit.

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