VI. — BROUSSAIS
Nous avons mentionné précédemment 1 quelles étaient les conceptions de Broussais sur la nature et le mécanisme pathogéniqué des affections des voies digestives et aériennes . supérieures. Nous n’avons donc à nous occuper ici que de ce qu’il a dit de particulier sur l’organe phonateur.
Il ne s’est occupé en somme que de ses phlegmasies 2 . , « La laryngite, dit-il, est une des maladies les plus formidables, à cause de l’étroitesse de la glotte,-surtout dans l’enfance 3 , et de la disposition, à cet âge, aux sécrétions muqueuses qui se coagulent aisément 4 . Je pense que la facilité avec laquelle les fausses membranes se forment dans le larynx dépend de la chaleur de la respiration et de celle de l’inflammation. L’air respiré enlève de l’humidité au pharynx, au larynx et à la trachée et dessèche les mucosités adhérentes de ces parties. » Comme on le voit, Broussais est guidé par une grossière analogie avec les lésions suintantes de la peau, qui, desséchées, se convertissent en croûtes ou même en dépôts pseudo-membraneux dans les parties fines et délicates du revêtement cutané. Il pouvait invoquer aussi les recherches des anatomo-pathologistes de l’époque sur les dépôts fibrineux des différentes séreuses et des gros vaisseaux de l’économie, et des cavités cardiaques. Comme le reconnaîtra Bretonneau lui-même, la fausse membrane n’a d’ailleurs rien de particulier en elle-même; « cequi est spécifique dans la diphtérie, c’estseulementl’étiologie».