C. Chauveau. — Les Maîtres de l'École de Paris, t. II
LES MAÎTRES DE l’ÉCOLE DE PARIS
zontale du tronc, ce qui fait que les malades ne peuvent reposer que la tête un peu élevée. La respiration reste gênée dans l’ensemble des accès, et, de plus, elle est accompagnée d’une espèce de râlement et quelquefois d’un sifflement tout à fait semblable à celui qui s’observe quand la trachée-artère est comprimée par un anévrisme.
« Dans la dernière période, la maigreur commence à se prononcer; toutes les fonctions se détériorent, mais très lentement, et quelquefois, lorsque la respiration est très gênée, et que les accès de dyspnée sont fort rapprochés, les malades meurent avant d’être beaucoup amaigris. » Il n’y aurait le plus souvent pas trace de sang dans les crachats pendant toute la durée de la maladie, l’expectoration restant jusqu’à la fin « pituiteuse et écumeuse avec quelques stries jaunâtres peu considérables ».
A propos du diagnostic, il note que l’œdème de la glotte amènerait de la gêne et du sifflement respiratoires ; mais l’altération de la voix paraîtrait très marquée, le siège de la douleur serait laryngé, les circonstances où se développerait l’affection sembleraient autres et enfin l’évolution se montrerait infiniment plus rapide.
Dans la phtisie pulmonaire, il n’y aurait pas de sifflement trachéal, le mal évoluerait plus vite, les hémoptysies apparaîtraient fréquentes et plus ou moins abondantes.
Cayol ne croit pas que la confusion de la phtisie trachéale avec la phtisie laryngée soit bien fréquente. Ce n’est que dans les premiers temps que la première pourrait être prise pour la seconde. « En effet, à cette époque, elle n’en diffère en apparence que par le siège de la douleur qui est ordinairement beaucoup plus bas dans la trachée, et par l’altération de la voix qui est beaucoup moins marquée ou même qui n’existe pas du tout. » Mais bientôt surviendraient les accès de suffocation et le sifflement, symptômes qui ne s’observent point dans la phtisie laryngée et qui, joints à Y abondance de V expectoration, dissiperaient tous les doutes que l’on aurait pu avoir dans les premiers temps de la maladie. Il faudrait d’ailleurs se rappeler que la « phtisie laryngée parvenue à un certain degré doit nécessairement causer l'extinction de La voix , tandis que la phtisie trachéale parcourt toutes ses périodes sans donner lieu à cet accident ».