‹ Les maîtres de l'Ecole de Paris dans la période préspécialistique des maladies du pharynx, du larynx et du nez. Tome IIChapitre 41 sur 117 · Croup foudroyant, dont il sera parlé plus loin · texte numérisé non relu

Croup foudroyant, dont il sera parlé plus loin

2. Royer-Collard fait manifestement allusion à ces cas connus actuellement sous la désignation de laryngite striduleuse.

3. Il ne faut pas oublier'que la doctrine hippocratique des crises régnait encore en médecine.

88 LES MAÎTRES DE l’ÉCOLE DE PARIS

seulement quand la fièvre a été violente, il s’établit presque toujours au moment de la guérison une sueur abondante et générale. Les autres évacuations ne sont pour l’ordinaire que des fausses crises. On. ne connait pas non plus d’exemples bien constatés de croup qui ait été terminé par une éruption quelconque L »

Quant à la durée totale, elle serait, dans le croup confirmé, de huit, dix à douze jours, presque jamais au delà 1 2 .

Le croup foudroyant, à durée extrêmement courte, est signalé très nettement dans le paragraphe suivant. « 11 est une autre variété de cette maladie où toutes les périodes se confondent et où tous les symptômes se développent à la fois de la manière la plus vive et la plus terrible. Alors on n’observe plus cette petite période catarrhale, qui précède communément l’invasion ; la maladie éclate subitement, rarement dans le jour, presque toujours la nuit, et une fois qu’elle a commencé elle s’accroît et marche avec la plus effrayante rapidité. Il n’y a plus ici d’alternatives d’accès et de rémission, ou du moins ces alternatives sont à peine marquées. Il n’y a pour ainsi dire qu'un seul accès, dans lequel, dès le début, l’oppression est considérable, la respiration bruyante, la toux extraordinaire, la suffocation imminente, le pouls dur et fréquent, le visage rouge, les yeux saillants et l’anxiété portée au plus haut degré 3 . Tous les symptômes persévèrent sans relâche et sont croissant jusqu’à îa fin. Cette horrible scène se prolonge vingt-quatre, trente-six, quarante-huit heures et quelquefois elle n’en dure que huit à dix 4 . Le malade périt alors comme d’un étranglement violent et au milieu des angoisses les plus affreuses ».

Symptomatologie. — Comme phénomènes principaux, Royer- Collard note la raucité de la voix, la toux, la dyspnée, la fièvre et l’expectoration pseudomembraneuse à la fin, visqueuse au début.

1° La raucité de la voix serait précoce et se montrerait le plus

1. Le rash scarlatiniforme né sera signalé que vers 1860, par Germain Sée ; cette éruption n’est du reste qu’un épiphénomène sans importance pronostique.

2. Le croup chronique ne sera signalé que par Dugès dans le Dictionnaire en 15 volumes.

3. Aveuglé par le rôle mécanique attribué à la fausse membrane, Royer- Collard ne voit donc nulle part l’intoxication produite par cette diphtérie maligne.

4. Il s’agit certainement alors d'une laryngite phlegmoneuse ou d’un œdème de la glotte foudroyant qu’il prend pour du croup, comme cela arrivait quelquefois.

ROYER-COLLARD

souvent dès le début des accidents morbides, même avant la fièvre, même avant la difficulté de respirer. Ce serait un symptôme d’une importance capitale et qui devrait orienter d’emblée le médecin vers l’idée du croup. D’abord peu considérable, elle augmenterait peu à peu ; finalement elle aboutirait à une aphonie à peu près complète. Elle subsisterait souvent après la guérison apparente de tousles accidents 4 . « .Une petite fille de dix ans, traitée par moi, il y a-un an, d’un croup très violent a conservé jusqu’à présent un son de voix grave et rauque et rien n’annonce encore la cessation prochaine de cette singulière lésion. » Le caractère étouffé de la voix est mal saisi par Royer-Collard et ses contemporains, qui sont surtout sensibles à la modification de timbre 1 2 .

2° La toux est décrite d’une façon inexacte, à cause de la confusion du croup avec la laryngite striduleuse. Tous les auteurs de l’époque lui assignaient une valeur pathognomonique, employant pour la décrire les comparaisons les plus étranges. « Le second symptôme essentiel du croup est la toux. Elle le précède toutes les fois qu’il est précédé lui-même par le catarrhe, et alors, elle n’a rien qui le distingue bien sensiblement de la toux catarrhale ordinaire ; mais aussitôt que la maladie commence à attaquer immédiatement le larynx et la trachée, la toux change de caractère, devient rauque, profonde, et ce changement est un des premiers signes de l’invasion du croup. Tant qu’il n’y a point eu encore d’accès, elledeineure simplement rauque ; mais le premier n’a pas plutôt éclaté qu’elle prend ce ton extraordinaire dont parlent tous les auteurs et qu’on a appelé son croupal.

« Les uns ont comparé le son croupal au cri du jeune coq, à celui d’une poule irritée, à l’aboiement d’un chien ; les autres sans avoir recours à ces comparaisons l’ont signalé tantôt comme uu bruit rauque et sourd 3 4 , tantôt comme un éclat de voix clair et retentissant i , tantôt enfin comme un sifflement plus ou .moins aigu s . »■-,

Pour Royer-Collard, grave et fort au début, ce son croupal serait clair et éclatant à la 2 e période. La toux s’effectuerait par quintes que provoquerait le moindre incident et une série de

1. Il s’agit évidemment d’une paralysie des cordes plus ou moins complète, comme cela se voit dans quelques cas.

2. La fausse membrane empêche les vibrations comme un linge placé sur une corde d’un instrument tel que le violon.

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