‹ Les maîtres de l'Ecole de Paris dans la période préspécialistique des maladies du pharynx, du larynx et du nez. Tome IIChapitre 44 sur 117 · Mémoire sur le croup · texte numérisé non relu

Mémoire sur le croup

ROYER-COLLARD

ganisation; mais ceci serait nié par la plupart de ceux qui se sont occupés de la question. Royer-Collard pense que la fausse membrane tend à devenir un tissu véritable, mais que la transformation n’a pas le loisir de s’achever et il cite à l’appui Albers et Sômmering.

Au-dessous de la fausse-membrane, la muqueuse serait rouge et enflammée.

Plus le mal est ancien et plus il aurait de tendance à se propager dans les bronches. « Il est des cas où les divisions les plus ténues sont remplies de cette matière pulpeuse qui est le produit de l’inflammation croupale ».

Il faudrait signaler encore la présence assez fréquente d’épanchements séreux dans les plèvres et de concrétions polypeuses (fibrineuses) dans le cœur. Quant aux viscères gastriques et intestinaux, « ils ne présentent aucune altération particulière ».

Accidents viscéraux dans le croup. — Royer-Collard mentionne à nouveau l’aphonie et la toux persistante après la guérison, mais sans détails nouveaux. Quelquefois il persisterait, après la disparition des accidents, du catarrhe chronique que quelques auteurs auraient pris pour un début de phtisie. « On peut, sans témérité, rejeter cette opinion comme erronée. Toutes les affections de ce genre qu’on cite sont des catarrhes pulmonaires chroniques et non des phtisies ». La pleurésie semblerait parfois avoir des rapports chronologiques incontestables avec le croup. Jurine en aurait cité deux exemples dans son rapport sur le croup, et Portai, un autre, dans le troisième : volume de ses mémoires.

Jurine, Vieusseux, Causard, Leroux et Royer auraient vu, au cours du mal, survenir de l’hydrocéphalie interne L

On aurait observé un certain nombre de fièvres gastriques et gastro-adynamiques, que Royer-Collard considère comme des événements accidentels, mais qui prouvent bien que certains auteurs considéraient déjà le mal comme d’une nature septique.

Causes du croup. — L’auteur en distingue d’éloignées et d’immédiates. Dans le premier groupe, on peut ranger le jeune âge, le sexe féminin suivant les uns, masculin suivant les autres, les tempéraments sanguins, lymphatiques ou nerveux.

Royer-Collard ne va pas aussi loin que certains adeptes de Home, qui regardaient le croup comme propre à l’enfance; mais il croyait que les autres périodes de l’existence en étaient néanmoins presque exemptes.« Ce n’est pas que les adultes soient entièrement à l’abri de cette maladie, mais elle les attaque si

Page 1