Dans les ventricules
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rarement qu’elle n’en demeure pas moins une maladie de l’enfance 1 . » Dans l’âge adulte, l’inflammation du larynx et de la trachée prendrait constamment le caractère de l’angine inflammatoire de Boerhaave et ce n’est que, par un concours de circonstances extraordinaires, qu’elle y revêtirait quelquefois les formes du croup. Gette prédominance pendant les premières années de la vie tiendrait à l’étroitesse du larynx à ce moment de l’existence, à la richesse et à la susceptibilité extrême du système lymphatique. Royer-Collard ne croit pas à l’influence du sexe ; mais il penche beaucoup pour le lymphatisme qui donnerait un croup lent peu accentué, tandis que le tempérament sanguin amènerait un croup violent et rapide. La vie trop molle et trop sédentaire n’agirait qu’en exagérant le lymphatisme.
Les affections catarrhales (grippe, rougeole) favoriseraient Beaucoup le développement du mal.
Gomme cause immédiate, il n’y aurait que le froid ou une constitution épidémique spéciale. « Il est des circonstances où le croup se multiplie tout à coup d’une manière effrayante, sans que les causes qui le provoquent ordinairement paraissent sensiblement plus nombreuses et plus actives. » A ce sujet, l’écrivain signale les épidémies alors célèbres de Stockholm, Tubingue, Brême, Genève. Mais il ne saisit pas le caractère infectieux et contagieux du fléau. Il nie même que l’angine gangreneuse et la scarlatine aient une influence réelle sur le développement du mal; il va jusqu’à dire que les meilleurs observateurs ont nié la possibilité de toute transmission.
Croup secondaire. — Les prédécesseurs immédiats et les contemporains de l’auteur avaient fait connaître un certain-nombre de cas de croup secondaire. Voici ce que dit l’écrivain sur la diphtérie rubéolique : « C’est là sans contredit la plus fréquente et en même temps la plus remarquable des complications dont le croup est susceptible. L'invasion de cette dernière maladie est toujours brusque et accompagnée dès le principe d’une gêne considérable de la respiration. »
Le mal se montrerait le plus souvent à la période d’éruption de cette fièvre exanthématique, parfois à la période de desquamation. « La fièvre croupale passe alors bien plus rapidement de l’état inflammatoire à l’état adynamique. » D’ailleurs les caractères de l’affection secondaire seraient moins nets et moins violents que d’habitude, bien que le pronostic soit mauvais. La
1. Louis montrera que l’adulte peut très bien contracter le croup, qui n’est donc pas une affection infantile.
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diphtérie variolique avait été observée par Cotugno, Reil, Pinel, Vieusseux, Albers et plusieurs autres.
Le croup se développerait progressivement, l’invasion « n’étant jamais ni subite, ni violente ». La toux serait « extrêmement rauque ; la difficulté de respirer excessive, les accès de suffocations effrayants, la toux peu fréquente et l’expectoration presque nulle ». A l’autopsie on ne trouverait que quelques fragments de fausses membranes peu épaisses, diffluentes, très peu adhérentes, ayant en un mot les caractères qu’on assignera plus tard aux dépôts fibrineux de la diphtérie maligne.
Quant au croup scarlatineux : « La scarlatine est rarement bénigne dans cette complication ; presque toujours elle s’y montre avec les symptômes d’uné fièvre adynamique et d’une angine gangreneuse réunis. Le croup de son côté y revêt des caractères analogues, de sorte que la maladie qui en résulte est une des plus funestes qui puisse affliger l’enfance. » Albers l’aurait trouvée constamment mortelle.
Le croup compliquant la scrofule (ou plutôt les scrofules, cette diathèse n’ayant pas encore été constituée) dont parle l’auteur n’est pas la diphtérie des enfants cachectiques, remarquable par le peu de vivacité de la réaction symptomatique.
Coïncidence de la diphtérie pharyngée avec la diphtérie laryngée. — Quant au croup compliquant les aphtes ou l’angine gangreneuse, il s’agissait manifestement de cas diphtériques ordinaires, peut-être un peu plus intenses que d’habitude et dont les manifestations du côté de la gorge étaient telles que l’observateur le plus distrait ne pouvait les laisser passer inaperçus. Sourd aux idées unicistes de Starr, de Samuel Bard, dans son aveugle dévouement aux idées de Home, Royer-Collard, comme Jurine, comme Albers, ne voit dans ces faits que des coïncidences semblables à celles qu’on observe parfois au cours des fièvres éruptives. « Cette complication, dit l’auteur, ne se rencontre que trop souvent et presque toujours elle est mortelle. Les symptômes de l’angine gangreneuse s’y trouvent réunis à ceux du croup et impriment à cette dernière maladie un caractère particulier. La respiration est toujours sifflante et pénible, la toux aiguë et déchirante, mais l’expectoration est presque nulle, la déglutition extrêmement difficile, l’abattement extrême et le pouls d’une petitesse et d’une fréquence extraordinaires. En général le Croup ne s’y montre qu’avec les caractères que j’ai assignés à la dernière période, d’où il résulte qu’on ne le reconnaît pour ainsi dire, que lorsqu’il n’est plus possible de le guérir. A l’ouverture de la glotte, on trouve des ulcères gangreneux
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non seulement dans les différentes parties de la bouche, mais autour de la glotte (orifice supérieur) et même dans le larynx suivant quelques auteurs. » La fausse membrane apparaîtrait brunâtre, molle, peu adhérente et parfois ne consisterait qu’en quelques flocons albumineux de teinte foncée.
Diagnostic. — La différenciation du mal avec les affections voisines qui pourraient le simuler est très bien faite par l’auteur. Il insiste surtout sur la confusion possible avec le catarrhe suffocant aigu, avec l’amygdalite phlegmoneuse, l’angine gangreneuse et l’angine inflammatoire : cette dernière maladie n’attaquerait que les adultes ; elle s’accompagnerait d’une douleur vive mais ne déterminerait pas dans le larynx de fausses membranes, car elle serait remarquablement sèche. C’est cette sécheresse qui déterminerait son caractère spasmodique. Contrairement à Jurine et à Albers, il ne veut pas qu’on identifie l’asthme thymique de Millar avec le croup. Au fond, on voit que Royer-Collard a en vue la laryngite striduleuse, dont il peint très bien les accès, l’accalmie entre deux crises, l’allure bénigne, etc. A ce point de vue, ce distingué nosologiste, en redressant une confusion alors très fréquente, a rendu à la pédiatrie un service incontestable : quant aux corps étrangers, les anamnestiques, dit-il, la brusquerie du début, la violence de la toux et de l’accès d’étranglement permettent le plus souvent de reconnaître la pathogénie des accidents morbides.