‹ Les maîtres de l'Ecole de Paris dans la période préspécialistique des maladies du pharynx, du larynx et du nez. Tome IIChapitre 55 sur 117 · I.ES MAÎTRES DE L’ÉCOLE DE PA · texte numérisé non relu

I.ES MAÎTRES DE L’ÉCOLE DE PA

articulations des cartilages laryngés, sur lesquelles, du reste, Cruveilhier avait déjà attiré nettement l’attention de ses contemporains. Les deux auteurs né se prononcent pas sur l’existence alors très controversée des tubercules laryngés, analogues à ceux que l’on retrouve dans les poumons 1 .

Le premier et le plus constant symptôme du mal serait l’altération de la voix allant du simple enrouement à l’aphonie complète. Il serait très rare que les malades ne toussent pas (certains syphilitiques); la toux petite, sèche pourrait conserver ce caractère pendant tout le cours de la maladie; mais elle deviendrait ordinairement humide quand la maladie fait des progrès. « Chez quelques malades, elle est très fréquente et très fatigante ; ils croient toujours avoir un corps étranger qu’ils cherchent à expulser aumoyen d’effortscontinuels.Latouxestrauque, haute, stridente, ou bien éteinte et comme rentrée. Trousseau l’a observée avec une forme particulière qu’il appelle éructante ». Quant à l’expectoration, « quelquefois nulle, elle est ordinairement peu abondante. Les crachats, quand ils existent, sont petits, transparents, visqueux et composésde matières muqueuses. Plus tard, ils sont plus abondants et formés de pus. On y trouve des stries de sang oü du sang pur, des débris de cartilages ». La douleur allant d’une simple gêne à une douleur pénible, la dysphagie surtout sont bien mis en lumière d’après l’excellente peinture de Trousseau et Belloc.

Confondant des affections fort différentes dans un unique syndrome, Hardy et Béhier, ainsi que leurs contemporains, ne pouvaient avoir les mêmes idées que nous sur la marche et le pronostic de la phtisie laryngée. Ils déclarent qu’elle guérit parfois assez facilement, que son évolution varie beaucoup d’après les malades. Mais ils savaient que, le.plus.souvent (et ceci se comprend, puisque la plupart des phtisies laryngées d’alors étaient tuberculeuses), la mort est l’aboutissant ultime par consomption, asphyxie ou lésions à distance. Quant au diagnostic, dès que le mal serait suffisamment caractérisé, il serait assez facile.

A propos de Yœdème de la glotte, Hardy et Béhier adoptent, contrairement à Bayle, le véritable fondateur de cette entité morbide, l’origine inflammatoire des lésions, que Bouillaud et Cruveilhier avaient défendue avec le talent que l’on sait, opinion

1. Rappelons ici que Louis niait l’existence de tubercules laryngés, suivi en cela de la plupart des anatomo-pathologistes. Andral avait parlé de tubercules; mais, ici, le mot est pris dans le sens de petite masse saillante et il pensait, en réalité, à une inflammation glandulaire, non à un produit spécifique. Lé caractère réactionnel accentué des lésions chez les malades, l’abondance des crachats, etc., firent croire que la phlegmasie secondaire avait une toute autre importance que celle qu’elle possédait en réalité.

HARDY ET BEHIER

partagée par la généralité de ses contemporains et qui est exacte du reste dans la grande majorité des cas 1 . Les deux auteurs font une étude assez détaillée de l’historique de la question, citant tour à tour Morgagni, Lieutaud, Bichat, Bayle, etc.

Les lésions anatomiques sont exposées par les deux écrivains avec leur concision et leur clarté habituelles ; mais, comme il fallait s’y attendre sur un sujet déjà si fouillé, sans détails bien nouveaux.

Persuadés que le mal se rattache, dans la grande majorité des ças, à des lésions profondes, étendues et de longue durée 2 ,les deux auteurs font la part un peu trop belle aux phénomènes prodromiques. « L’ancienneté des lésions indiquées rend compte de la manière dont débute l’œdème de la glotte. L’altération de la voix débute et dure des mois, des années, avec douleur au larynx, etc. » Plus rarement le mal serait précédé, seulement pendant quelques jours, par les signes d’une angine ou d’une laryngite aiguë. Les phénomènes propres à l’affection sont, ici, plutôt énumérés qu’approfondis. Les deux auteurs rapportent, d’après Trousseau, que la gêne à l’inspiration et le sifflement à ce moment 4 de l’expansion thoracique seraient parfois moins ' fréquents et moins caractéristiques qu’on ne l’a dit. Comme phénomènes généraux, on n’aurait guère que dès troubles asphyxiques. La guérison serait possible, bien que la mort constituât la terminaison de beaucoup la plus fréquente.

Le diagnostic est assez écourté. Hardy et Béhier ne parlent pas de l’exploration digitale, qui avait autrefois, cependant, attiré l’attention générale, mais^dont les difficultés, comme les dangers, n’échappaient plus aux cliniciens (voir Blache).

1. Bouillaud lui-même rappelle la possibilité de cause hydropigène mentionnée par Billard. Blache y croyait aussi, mais à titre tout à lait exceptionnel.

2. Bayle, Andral, Bouillaud, Cruveilhier avaient admis déjà que des lésions ulcéreuses, des nécroses des cartilages du larynx peuvent déterminer de l’œdème de la glotte ; mais c’est Trousseau et Belloc qui ont surtout mis en lumière l’œdème de la glotte des tuberculeux.

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