LOUIS
Voici ce qu’il avait noté, en observateur et statisticien minutieux, sur les lésions de l’épiglotte. Il aurait observé les ulcérations de ce fibro-cartilage « sur dix-huit sujets, à peu près dans la sixième partie des cas, et cinq fois sans comcomitance avec celles du larynx et de la trachée-artère.
« Dans les autres cas, cette complication existait ; de manière que tous les exemples d’ulcérations énumérés dans ce paragraphe et les deux précédents, ont été recueillis sur quarantequatre sujets, ou environ les quatre dixièmes de ceux dont j’analyse maintenant l’histoire.
« Quelquefois superficielles, les ulcérations de l’épiglotte avaient ordinairement une certaine profondeur, sans néanmoins (à deux exceptions près) reposer sur le fibro-cartilage. Superficielles, la membrane muqueuse qui les environnait né paraissait pas sensiblement épaissie ; profondes, elle était un peu plus dure et plus épaisse que dans l’état naturel, soit à leur pourtour, soit dans leur intervalle. Quelquefois aussi, elle avait une couleur rose, et, dans plusieurs cas, le tissu qui la sépare du fibro-cartilage était plus ou moins boursouflé.
« Les ulcérations existaient, comme je l’ai déjà dit, presque uniquement à la face laryngée de l’épiglotte, et, le plus ordinairement, dans sa moitié inférieure.
« Une seule fois, j’en ai rencontré quelques-unes à la face linguale (obs. XX). Leur largeur était de deux à quatre millimètres, souvent plus; dans quelques cas même, la membrane muqueuse de l’épiglotte manquait dans toute l’étendue de sa face laryngée (obs. VIII, XXII, XXIII); dans d’autres, on trouvait, avec les ulcérations, le fibro-cartilage détruit dans une partie de sa circonférence, et alors l’épiglotte semblait comme festonnée. J’ai observé cette disposition chez quatre sujets. Un cinquième m’a fourni l’exemple d’une destruction complète de l’épiglotte (obs. XXI). »
Voici comment il s’exprime à propos de l'absence de tuberculose véritable : « Je n’ai rencontré dans aucun cas des granulations tuberculeuses dans l’épaisseur ou à la surface de l’épiglotte, du larynx ou de la trachée-artère; en sorte qu’il faut considérer l’inflammation comme la cause efficiente la plus fréquente des ulcérations qu’on y observe.
« Un autre fait qu’il importe de remarquer, c’est que ces ulcérations étaient beaucoup moins communes chez les femmes que chez les hommes, dans la proportion d’un à deux. Ainsi, bien qu’en nombre égal, les femmes n'ofïraient pas six exemples de cette lésion à l’épiglotte, sept au larynx et neuf à la trachée-