‹ Les maîtres de l'Ecole de Paris dans la période préspécialistique des maladies du pharynx, du larynx et du nez. Tome IIChapitre 58 sur 117 · C. Chauveau. — Les Maîtres de l’École de Paris, t. II · texte numérisé non relu

C. Chauveau. — Les Maîtres de l’École de Paris, t. II

LES MAÎTRES DE l’ÉCOLE DE PARIS

artère, sur dix-huit, vingt-trois et trente et un cas de cette espèce; et, comme la proportion est à peu près la même pour les trois ordres d’ulcérations, il est pliis que probable qu’elle n’est pas l’effet du hasard.

« Ces propositions sont confirmées par l’examen d’un assez grand nombre de nouveaux faits recueillis par moi, depuis la première édition de cet ouvrage.

« Sur cent quatre-vingt-dix sujets dont l’autopsie a été faite avec soin, soixante-seize, plus que le tiers, offraient des ulcérations le long de la trachée-artère ; et sur ces cent quatre-vingtdix sujets, quatre-vingt femmes comptaient vingt et un cas d’ulcération, un quart environ, et cent dix hommes, cinquante-cinq, op moitié.

« Sur cent quatre-vingt-treize cas dans lesquels le larynx a été examiné minutieusement, on comptait soixante-trois exemples d’ulcérations de cet organe, ou moins du tiers.

« Sur ces cent quatre-vingt-treize cas, il y avait quatre-vingt femmes, cent treize hommes, et, parmi les premières, dix-neuf cas seulement d’ulcération, ou un peu moins du quart, et parmi les hommes, quarante-quatre, ou un peu moins du tiers.

« Sur cent trente-cinq sujets dont l’épiglotte a été décrite, trente-cinq seulement, ou le quart, offraient des ulcérations de cet organe; et, de ces cent trente-cinq sujets, quarante-sept femmes comptaient huit cas d’ulcération, ou un sixième et quatrevingt-sept hommes, vingt-sept, ou près du tiers.

« Il résulte de ces nouveaux faits, comme des premiers, que les ulcérations du conduit aérien vont en se multipliant de l’épiglotte 1 aux poumons ; qu’elles sont beaucoup plus communes chez l’homme que chez la femme ; et que l’existence de cette loi dont Je chiffre peut encore varier assurément doit être considérée aujourd’hui comme parfaitement démontrée.

« L’influence du sexe sur le développement des ulcérations du tube aérien se révèle encore par d’autres faits ; ainsi, pour ne parler que des plus récemment observés, sur neuf cas d’ulcération avec destruction plus ou moins considérable de l’épiglotte, on en comptait huit chez les hommes ; sur treize cas d’ulcérations profondes du larynx, deux seulement ont été fournis par les femmes ; sur neuf cas de semblables ulcérations de la trachée, trois appartenaient aux femmes ; et, chez aucune d’entre elles, on n’observait la destruction partielle des canaux de la trachée-artère. »

1. Ici Louis était en contradiction avec ses prédécesseurs et ses contemporains.

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