‹ Les maîtres de l'Ecole de Paris dans la période préspécialistique des maladies du pharynx, du larynx et du nez. Tome IIChapitre 69 sur 117 · Valleix en faisait une laryngite ulcéreuse aiguë · texte numérisé non relu

Valleix en faisait une laryngite ulcéreuse aiguë

158 LES MAÎTRES DE L’ÉCOLE DE PARIS

Quant aux deux faits de laryngite chronique qu’ils rapportent, dont l'une succéda au croup, il s’agissait peut-être tout simplement d’une paralysie des cordes vocales, la santé restant excellente et la phonation seule étant altérée.

Barthez est revenu personnellement, en 1850 (Union médicale), sur la laryngonécrose dont il cite deux faits cliniques intéressants. Dans le premier cas, il s’agit d’un tisserand âgé de 23 ans, entré à l’hôpital pour une fièvre typhoïde qui n’offrit rien de particulier. La convalescence marchait régulièrement, quand, à lasuiLe d’un -fort refroidissement, il ressent, le soir même, une forte douleur à la gorge. « Le lendemain, 16 avril 1841, à la visite, la voix est rauque ; petite toux sans expectoration, déglutition facile. Rien d’anormal dans l’examen de la gorge. Cependant le malade éprouve de la douleur dans le larynx lorsqu’on presse légèrement sur cet organe. » Le 18, mieux sensible en apparence, la voix: n'est plus rauque. « Mais, le 19, l'interne de garde est appelé la nuit et trouve le patient dans un accès de suffocation extrême ; l’étouffement se dissipe, mais nous trouvons, à notre visite du matin, les traits du malade altérés, l’inspiration est laborieuse et sifflante, la toux rend un bruit eroupal et strident. Nous avons la persuasion d’avoir affaire à un croup d’adulte et prescrivons le traitement en ce sens. Le 20, l’étouffement continue, face bouffie, lèvres violettes, pouls petit, filiforme, cent pulsations par -minute. Jusqu’au 24, les nuits sont plus mauvaises que le jour. La toux est plus rauque, le larynx plus sensible à la pression. .Ni gonflement ni rougeur au fond delà gorge. » Le 25, la situation devenant désespérée, on se résigne à la trachéotomie. Pendant l'opération, syncope grave; mais on pousse néanmoins la canule dans les voies respiratoires ; la respiration se rétablit et le malade ressent bientôt un mieux sensible.

« Le 1 er mai, sept jours après l’opération, nous voyons, en enlevant la canule pour la débarrasser de ses mucosités, poindre .et sortir librement sur le côté gauche de la plaie, un corps lamelleux, d’un blanc terne, corrodé sur ses deux surfaces, ayant la forme et le volume de la moitié du cartilage cricoïde, et, par un effort de la toux, nous voyons encore un autre fragment cartilagineux s’échapper par l’ouverture du larynx, c’était le cartilage aryténoïde gauche. En pressant d’arrière en avant le larynx, on voit sortir de chaque côté de la plaie, une petite quantité de matière colorante jaunâtre.

« Jusqu’au 9, que du bouillon; mais, à partir de ce jour, les aliments sont augmentés, et les forces reviennent ; le malade se lève sur son séant. Deux jours après, il ne va plus aussi bien,

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