XVII. — TROUSSEAU
en nosologie laryngée a l’importance de celui de Lasègue en pathologie gutturale. Il a tracé, après Bretonneau, après Guersant, un portrait inoubliable du croup, qu’il a contribué à différencier de la laryngite striduleuse 1 . Il a composé avec Belloc une monographie des plus importantes de la phtisie laryngée, ouvrage où l’on trouve encore de précieux renseignements sur l’œdème de la glotte, sur la syphilis et le cancer de l’organe phonateur. Il a inauguré les médications topiques au niveau de l’appareil vocal, ainsi qu’il a soin de le faire remarquer. Enfin, c’est lui qui a vulgarisé et fait entrer définitivement dans la pratique la trachéotomie, qui obvie parfois d’une façon si merveilleuse aux différentes sténoses laryngées. C’est ce rôle divers et multiple que nous allons nous efforcer de faire ressortir.
I. — Croup. — Trousseau s’est montré longtemps, en diphtérie, le disciple fidèle de l’école de Tours ; mais, lors de la terrible épidémie parisienne de 1855, éclairé par la clinique, il perfectionne l’œuvre de Bretonneau, en la complétant par l’étude des formes malignes de l’affection.
Comme son maître, il pense que le mal débute presque invariablementpar la gorge et il se préoccupe peu du croup d’emblée, qu’il regarde avec raison comme exceptionnel. C’est donc une fusion intime de l’angine pseudomembraneuse et du croup, qu’il réalise dans son admirable description de la diphtérie. A côté des variétés bénignes qui semblent se cantonner dans la gorge 2 , il y
1. Trousseau s’est occupé toute sa vie de la diphtérie ; mais ses opinions se sont complétées dans ce long laps de temps beaucoup plus que transformées. Aussi, avons-nous cru pouvoir délaisser, dans cette question, les nombreux articles de journaux ou rapports à l’Académie de médecine, pour nous en tenir à ses cliniques de l’Hôtel-Dieu.