‹ Les maîtres de l'Ecole de Paris dans la période préspécialistique des maladies du pharynx, du larynx et du nez. Tome IIChapitre 75 sur 117 · Cayol a eu surtout en vue la phtisie trachéo-bronchique · texte numérisé non relu

Cayol a eu surtout en vue la phtisie trachéo-bronchique

TROUSSEAU

insistent généreusement sur les grands mérites de l'excellente monographie de leur distingué prédécesseur 1 . Ici se termine leur historique un peu écourté ; mais il est juste de rappeler qu’ils reviennent dans la suite de leur ouvrage sur les travaux des différents auteurs cités plus haut, rapportant leur avis et discutant au besoin les opinions qu’ils émettent.

Anatomie pathologique. .— Les altérations morbides de la phtisie laryngée, telles qu’on les retrouve au cours des investigations nécropsiques (voir Louis, Cruveilhier, Andral), sont divisées en lésions des muqueuses et lésions des cartilages.

Suivant eux, la rougeur manquerait souvent, disparaîtrait fréquemment après la mort et constituerait un indice très infidèle et très imparfait du processus phlegmasique. Le gonflement, au contraire, en serait un signe presque certain. C’est pour avoir oublié ces principes fondamentaux en larvngologie, qu’on aurait (Bayle) assigné autrefois, à l’œdème de la glotte, une origine constamment hydropique, qu’on a attribué à un simple spasme laryngien des cas de mort relevant de la laryngite aiguë et qu’on a créé l’entité fictive du croup spasmodique, c’està-dire purement nerveux.

La lésion caractéristique de la phtisie laryngée serait du reste la perte de substance, réalisée par l’érosion et l’ulcération, les premières n’intéressant que le chorion, les autres allant jusqu’au tissu cellulaire sous-muqueux. Pour découvrir aisément lés érosions, il faudrait les examiner sous l’eau, comme l’a proposé Louis. « On voit alors, sur toutes les surfaces érodées, nager des espèces de petites villosités analogues à celles que l’on découvre si aisément dans l’estomac des chiens, villosités qui n’existent jamais sur la membrane interne des voies aériennes, à moins que, par üne maladie, l’épithélium ait été usé et détruit. » L’érosion ne serait pas le germe de l’ulcération qui pourrait exister sans qu’il y ait la moindre trace de la première dans le voisinage; au contraire, il y aurait parfois beaucoup d’érosions sans qu’il existe cependant la moindre ulcération. Louis attribuait ces lésions bien spéciales, et qü’il savait déjà distinguer des processus plus destructeurs, à la présence du pus sur le larynx, pus qui proviendrait des poumons. Trousseau et Belloc acceptent cette opinion ; car ils n’ont rencontré d’érosions laryngées que chez les tuberculeux. En tous cas, le larynx serait moins intéressé par l’érosion que la trachée, prédilection que les deux

1. Au fond, ce dernier n’a traité qu’en passant la tuberculose laryngée.

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