C. Chauveau. — Les Maîtres de l'École de Paris, t. II
LES MAÎTRES DE l’ÉCOLE DE PARIS
auteurs expliquent assez mal. Plus vraie est l’analogie qu’ils trouvent entre l’ulcération du larynx et celle de l’intestin chez les phtisiques. Cependant il y aurait des différences. Dans celleci, « on trouve de petites masses dures et semi-cartilagineuses que l’on a regardées comme des tubercules, et cela, à notre avis, sans preuves suffisantes, tandis que dans la trachée-artère, dans le larynx, les bords des ulcérations ne présentent jamais les apparences de tubercules ». Trousseau et Belloc adhéraient ainsi auxdoctrines.de Louis 1 , qui niait catégoriquement l’existence en ce point de l’organisme de la granulation grise de Laennec.
Il est vrai qu’Andral, qui avait parlé du tubercule dans le larynx, en signalant les lésions de cet organe, pensait en réalité à des abcès folliculaires et non à de véritables lésions spécifiques.
La topographie des ulcères laryngés serait étendue, puisqu’ils pèüvent, suivant les deux écrivains, envahir « les cordes vocales, lès ligaments aryténo-épiglottiques, la membrane muqueuse qui recouvre l’épiglotte 2 ». Profonds, ils intéresseraient le cartilage, mais celui-ci pourrait se prendre primitivement et alors la fistule serait consécutive, comme dans les cas de certaines ostéites. Sous des termes divers, Morgagni, Andral, Gruveilhier surtout, avaient étudié ies lésions des différents cartilages du larynx. Les deux écrivains ajoutent aux notions de leurs prédécesseurs celles que leur avaient révélées leurs nombreuses investigations cadavériques et ils décrivent successivement l’ossification des parties cartilagineuses « qui sont pour ainsi dire la trame élémentaire du tissu osseux », l’ossification du périchondre lui-même, dont ils auraient observé quelques exemples, la nécrose qui succède à l’ossification et se caractérise par la dénudation des séquestres. Trousseau et Belloc se sont bien posé cependant la question d’une nécrose primitive, au cours d’une .suppuration aiguë ; mais, contrairement aux auteurs actuels, ils concluent pour la négative, ce qui est, du reste, exact pour la grande majorité des cas. Ils auraient, de plus, observé un cas de carie non dans le larynx, il est vrai, mais au niveau de la trachée. Enfin, l’oedème de la glotte serait une conséquence fréquente de ces lésions de périchondrite ; neuf fois ils auraient constaté cette grave complication sur le cadavre.
Trousseau et Belloc, pour obéir aux habitudes de l’époque, citent ensuite une foule d’altérations qui ne sont que des