Clinique médicale , t. II, p
2. Ce passage montre bien que les deux écrivains ont vu des laryngites tuberculeuses qu’on considère actuellement avec plus ou moins de raison comme primitives^
TROUSSEAU
Trousseau et Belloc, de penser que la phtisie laryngée simple (phlegmasie chronique franche) puisse, en débilitant l’économie, arriver à ce résultat, puisque le fait s’est vu, affirment-ils, après une trachéotomie pour laryngite aiguë (cas de Bulliard, cas de Louis).
« Pour M me Morin, dont nous allons succinctement rapporter l’observation, les mêmes réflexions trouvent leur place. Quand nous donnâmes pour la première fois nos soins à cette malade, le larynx était évidemment le siège presque exclusif des désordres morbides et les petites hémoptysies qui avaient lieu pouvaient raisonnablement être attribuées à la férocité de la toux (toux férine).
« L’auscultation pratiquée avec le soin le plus minutieux ne permettait de constater aucune modification dans la résonnance du thorax, ni dans les bruits respiratoires. Le teint était excellent, l’embonpoint considérable. Cependant, quelques mois plus tard, l'affection pulmonaire éclate avec violence et la malade meurt en crachant du pus avec tous les symptômes dé la phtisie pulmonaire ».
Dans un autre cas, une jeune femme de trente-deux ans est atteinte d’un gros rhume avec aphonie, qui persiste quelques semaines avec amaigrissement; guérison apparente. Un an après, à la suite d’un autre refroidissement, les mêmes symptômes reparaissent. Le traitement ne réussit cette fois qu’à les atténuer. Six mois plus tard, dyspnée permanente et tirage indiquant un rétrécissement laryngien. On soulage rapidement la malade par des frictions mercurielles. Ace moment, on constate de la matité avec obscurité de la respiration en arrière et à droite, démontrant que le poumon était envahi par les tubercules.
Ces faits prouveraient, suivant Trousseau et Belloc, que Borsieri et Portai avaient raison de soutenir que le mal peut donner naissance à une phtisie pulmonaire. « Tout au moins, ils vont directement contre l’opinion de Louis, car, suivant ce dernier, les ulcérations de la trachée et du larynx sont dues au passage du pus, ce qui est inadmissible pour les casque nous venons de citer, puisque les tubercules n’étaient pas encore suppurés*. » En somme, il n-’y aurait pas de relation de cause à effet, mais concomitance
1. Louis avait vu que la phtisie pulmonaire s’accompagne de phtisie laryngée, généralement à une période avancée. Dans une vue géniale, il faisait dépendre cette dernière du passage des crachats des cavernes à travers l’organe phonateur ; mais, ne connaissant pas, bien entendu, le bacille de Koch, il attribuait le rôle de ces mêmes crachats à leur action irritante. Il déniait, du reste, la possibilité de lésions spécifiques dans le larynx. Voir l’article consacré à cet auteur.