‹ Les maîtres de l'Ecole de Paris dans la période préspécialistique des maladies du pharynx, du larynx et du nez. Tome IIChapitre 82 sur 117 · Aphorismes 800 et · texte numérisé non relu

Aphorismes 800 et

2. Celle-ci est le plus souvent spécifique et on trouve les replis aryténoépiglottiques comme bourrés par des masses tuberculeuses.

TROUSSEAU

glotte avait été érodée sur ses bords et ressemblait à celle des chiens. Enfin, la surface interne du larynx et celle même de la trachée offraient également des cicatrices qui par leur forme témoignaient de la profondeur des ulcères qui les avaient précédés. Il est vrai qu’ici la nature très probablement syphilitique des ulcérations avait permis d’obtenir un succès sur lequel il serait téméraire de compter dans les cas ordinaires. »

C’est Trousseau qui a inauguré, au larynx, le traitement local. Ses moyens thérapeutiques sont déjà assez rationnels d’ailleurs.

Traitement. — « La condition la plus indispensable pour la réussite du traitement des maladies du larynx, c’est le repos 1 de l’organe : les malades devront parler à voix basse ou même se contenter d’écrire sur une ardoise. »

Trousseau et Belloc ne rejettent pas les antiphlogistiques et les émollients universellement préconisés ; car cela aurait choqué trop vivement les idées de l’époque, mais ils les recommandent sans grande conviction.

« Les saignées et les émollients sont, peut-être a tort , rangés parmi les moyens les plus puissants pour combattre la phtisie laryngée commençante... Quant à l’emploi des émollients, il doit être fait avec quelque mesure. » Ainsi les cataplasmes, au lieu de calmer, provoqueraient parfois « vers la gorge une fluxion considérable, et les accidents, loin d’être calmés, subissent au contraire une grande aggravation ». Même septicisme relatif pour les vésicatoires, les sétons, les frictions mercurielles.

« Quant aux révulsifs appliqués loin du lieu malade, c’est-à-dire au bras et à la jambe, nous y avons encore moins de confiance qu’aux révulsifs voisins de l’organe malade. »

Par contre, les médicaments qui calment la douleur, comme les solanées vireuses (datura stramonium, belladone) et surtout la morphine donneraient positivement des effets favorables.

Trousseau et Belloc ont surtout confiance dans les topiques locaux, liquides ou solides (nitrate d’argent), que Trousseau avait le premier introduits dans la thérapeutique laryngée.

Les fumigations étaient depuis longtemps employées; mais avec peu de succès, car leurs cautérisations devenaient dangereuses par leur action étendue à tout l’arbre aérien ; il fallait trouver le moyen d’atteindre le larynx seul. Comme liquide, Trousseau choisit le nitrate d’argent, le sublimé, le sulfate de cuivre. Il portait la goutte de liquide avec une flèche en papier'reeourbée,

l. C’est pourquoi la trachéotomie pour supprimer l’organe au point de vue fonctionnel a été préconisée par plusieurs spécialistes distingués.

LES MAÎTRES DE L’ÉCOLE DE PARIS

faisait ouvrir fortement la bouche, déprimait la langue avec une cuiller et introduisait la flèche dont il tournait la pointe en avant.

« Lorsque son extrémité a dépassé l’épiglotte, on fait exécuter à l’instrument un mouvement de bascule qui l'enfonce dans la partie supérieure du larynx. » On pourrait, dit-il, se servir encore d’une baleine recourbée et armée d’un petit morceau d’éponge. Pour faciliter l’introduction dans le larynx, il faisait opérer un mouvement de déglutition qui portait l’organe en question en haut. Mais le contact du liquide avec une partie du pharynx étant dans ce eas tout à fait désagréable, Trousseau préféra bientôt à la baleine une seringue bâtie sur le modèle de celle d’Anel, « dont le siphon a cinq pouces de longueur et se recourbe fortement à son extrémité », qu’il remplissait au quart d’une solution de nitrate d’argent. L’air qui occupait les. trois autres quarts projetait, lors de la marche du piston, une pluie fine dans le larynx, quand l’extrémité de l’instrument avait pénétré, c’est-à-dire quand on avait dépassé l’épiglotte. La cautérisation, dit-il, produit aussitôt une toux convulsive et des mouvements de régurgitation. Ces cautérisations agiraient comme sur les ulcères de l’extérieur qui résistent si opiniâlrément au traitement général et à l’application des topiques doux et guérissent dès qu’on a modifié leur surface. De nombreuses observations citées par lui prouveraient le bien-fondé de cette affirmation. La lecture de ces faits prouve qu’il s’agissait le plus souvent de laryngite chronique simple, comme l’avoue du reste l’auteur.

Les cautérisations avec les liquides avaient été adoptées par lui à cause des bons effets des solutions astringentes sur la conjonctive. « Nous yoyons, en effet, que pour l’ophtalmie, par exemple, des collyres avec une solution de sublimé, de sulfate de cuivre, de nitrate d’argent, de sulfate de zinc modifient avec autant de rapidité que de bonheur la phlegmasie chronique de la membrane muqueuse. Il en est de même pour les fosses nasales ; il devait en être de même pour le larynx. L’expérience a prouvé que nos conjectures étaient fondées. » Mais il dut s’avouer que la manœuvre était incommode, qu’elle nécessitait une longue pratique, une certaine habileté technique et que souvent elle était mal supportée. Donc, il recourut, dans beaucoup de cas, finalement, à la projection de poudres médicamenteuses dans le larynx.

Bretonneau*, son maître, se servait déjà de poudre d’alun

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