‹ Les maîtres de l'Ecole de Paris dans la période préspécialistique des maladies du pharynx, du larynx et du nez. Tome IIChapitre 85 sur 117 · VALLES · texte numérisé non relu

VALLES

table laryngée, qu'exaspère la pression sur le cartilage thyroïde et qu'exagère en général le passage des liquides. « Un autre signe non moins fréquent et plus précieux, c’est la sensation d’un corps étranger dans le larynx. Les auteurs n’ont point assez insisté sur ce symptôme qui s’est montré d’une manière très remarquable dans les observations. »

La toux serait souvent quinteuse, fatiguante.

La voix, d’abord enrouée comme dans la laryngite légère, finirait assez vite par l’extinction. La respiration, rapidement gênée, deviendrait rude et bruyante et, en auscultant directement le larynx, on entendrait un ronchus sonore. L’obstacle au passage de l’air amènerait assez vite l’asphyxie avec face bouffie, paupières gonflées, lèvres bleuâtres, surtout pendant les paroxysmes (spasmes de la glotte) qui surviendraient de temps à autre. L’expectoration, qui n’offre rien de caractéristique, ne renfermerait jamais de débris de fausses membranes.

Les symptômes généraux, absents dans la laryngite légère, se montreraient ici très marqués. Il y aurait de la fièvre, de la prostration, de l’angoisse. La durée du mal ne dépasserait pas un septénaire. La mort terminerait le plus souvent la scène.

Dans plusieurs cas, une suppuration manifeste se serait établie au bout de quelques jours, avec redoublement de tous les symptômes morbides ; mais, dans d’autres (Constant, Hacke), on n’auraitconstaté, à la mort, qu’une légère tuméfaction delà muqueuse avec rougeur.

L’angine pharyngienne intense, avec gonflement des amygdales, gêne, dit Valleix, parfois la respiration ; mais le siège des douleurs, l’examen physique, la dysphagie excluent bientôt l’idée d’une phlegmasie laryngée.

Le diagnostic d’avec le croup serait, par contre, beaucoup plus malaisé. « Des affections qui ont leur siège dans le larynx, la laryngite pseudo-membraneuse ou croup est, sans contredit, celle qu’on peut confondre le plus facilement avec la laryngite aiguë intense et celle qu’il importe le plus de distinguer; car, bien que la laryngite simple puisse avoir, comme on l’a vu,un haut degré de gravité, elle en a beaucoup moins, sans contredit, que le croup, et, sur le rapport du diagnostic comme du traitement, le praticien est très intéressé à reconnaître à laquelle de ces deux affections il a affaire 1 . Si nous nous rappelons les

1. Certes, la laryngite grave de notre époque ou laryngite phlegmoneuse est aussi dangereuse que le croup; mais, comme nous l’avons dit précédemment dans une note, l’entité de Valleix n’est pas homogène et comprend en réalité des cas de laryngite catarrhale à spasmes glottiques plus fréquents et C. Chauveau. — Les Maîtres de l’École de Paris, t. II. 14

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principaux symptômes de la laryngite simple, dont on trouve plus haut le résumé, nous verrons qu’ils sont les mêmes, à l’exception toutefois de l’expectoration. Ainsi, la douleur, la suffocation avec ses paroxysmes, la sensation d’un corps étranger s’observent et dans le croup et dans la laryngite simple. Il en est de même des altérations de la voix ; car ce qu’on a dit de la voix croupale, du cri d’un jeune coq n’est fondé que sur des exceptions ; et dans l’une ou l’autre de ces deux maladies c’est : 1° la raucité, 2° l’extinction de la voix qui constituent les symptômes constants et essentiels. Reste donc l’expectoration et, sous ce rapport, l’excrétion des fausses membranes, qu’on trouve parfois dans les matières expectorées par les sujets affectés de croup, jette une vive lumière sur le diagnostic. Malheureusement, on cite un bon nombre de cas de croup dans lesquels il n’y a pas eu expulsion de fausses membranes. » Si l’on a pu examiner à temps, on constaterait,il est vrai, une isthmite pseudomembraneuse caractéristique, mais qui ne tarde pas à disparaître. « Il suit de ce qui précède que, lorsque, dans le croup, les amygdales sont exemptes d’altération, il est bien difficile de distinguer ces deux affections. Aussi, l’erreur a-t-elle été commise par des hommes qui ont étudié avec le plus grand soin les laryngites de toute espèce. C’est ce qui arriva dans le cas observé par Hacke et dont nous avons parlé plus haut. On avait envoyé le petit malade à l’hôpital des enfants, afin qu’on l’opérât au plus tôt ; mais l’absence de fausses membranes dans l’expectoration et surtout un reste de timbre dans la voix firent suspendre l’opération. L’enfant ayant succombé, on ne trouva aucune trace de fausses membranes dans toute l’étendue de l’arbre aérien. Il n’y. avait qu’une rougeur médiocrement intense de la muqueuse laryngienne et, chose remarquable, sans gonflement marqué des parties internes de l’organe, sans rétrécissement apparent de la glotte. »

Thomas Blackley (Dublin médical Journal , 2 juillet 1838) avait publié un article intéressant sur une nouvelle affection laryngée qu’il dénommait laryngite ulcéreusç aiguë. Valleix pense que l’analogie entre sa laryngite grave et l’entité morbide du médecin irlandais est très étroite. « En somme, le diagnostic différentiel de ces deux affections reste encore à établir d’une manière positive. »

Quant à l’œdème de la glotte, s’il est vrai, contrairement à

plus intenses que d'habitude, et des toxinfections à lésions superficielles mais à réactions plus ou moins septiques quoique transitoires.

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l’assertion de Bayle, que l’affection paisse s’accompagner de fièvre, la pathogénie donnerait ici des moyens de dififérericiationassez importants. « En examinant les observations dé laryngite œdémateuse citées par les auteurs, on voit que la maladie s’est presque toujours développée dans le cours d’une autre affection et principalement d’une affection chronique ou d’une ulcération aiguë voisine de la glotte. L’infiltration séreuse ou séro-purulente qui existe dans ces cas n’est donc pas réellement primitive et par conséquent, en étudiant la marche de la maladie et surtout l’état du sujet au début, on pourra arriver au diagnostic. »

Les corps étrangers, malgré la ressemblance des symptômes avec la laryngite grave, se distingueraient par leur mode de début subit, l’absence de fièvre, du moins pendant longtemps, les quintes de toux d’une violence extrême, dès le débuts Souvent enfin les anamnestiques seraient assez nets pour entraîner la conviction.

Laryngite chronique simple. — Avec les idées de Broussais sur les phlegmasies chroniques, qu’il avait tant contribué du reste à faire connaître, l’existence des laryngites de cette nature devait être considérée a priori comme très fréquente. En effet, étant donné que les phlegmasies à réaction lente et torpide aboutiraient facilement, d’après cet auteur, à des processus de destruction parfois très étendus, il n’était pas difficile de trouver dans l’organe phonateur ces processus anatomiques à désordres multiples et plus ou moins profonds ; mais, dit Valleix, en y regardant de plus près, les choses changent singulièrement d’aspect : « Dans tous les traités, dans tous les articles consacrés aux maladies du larynx, la laryngite chronique simple a trouvé sa place et a été décrite comme s’il était assez commun d’en rencontrer des exemples. C’est là, néanmoins, une manière de voir qu’on ne saurait adopter sans restriction. Si, en effet, on veut parler de la laryngite chronique légère 1 , de celle qui ne consiste qu’en un enrouement plus ou moins marqué, avec sensation de gêne dans l’organe de la voix, il est certain qu’on a assez fréquemment l’occasion d’observer cette maladie; mais, s’il s’agit d’une laryngite chronique donnant lieu à des accidents graves

■1. La laryngite chronique avec enrouement a été signalée par divers auteurs de la période gréco-romaine. Lorsque Chqmel,vers le milieu de la période que nous étudions, eut découvert les pharyngo-laryngites granuleuses, on eut dès lors une base anatomique pour expliquer les troubles vocaux.

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et demandant un traitement actif, il est facile de s’assurer que la science est très pauvre en observations semblables et que presque tous les faits cités sont relatifs à une autre forme de laryngite que l’inflammation simple de la muqueuse laryngienne. Cependant, on en possède quelques cas et c’est, d’après eux, que j’exposerai ce que nous savons de plus positif sur cette maladie. »

Suivant l’auteur, les lésions resteraient toujours cantonnées à la superficie. « La laryngite chronique est celle qui affecte uniquement les parties molles du larynx, sans déterminer d’altération profonde de substance; celle, en un mot, qui consiste en une inflammation bornée à la membrane muqueuse et qui parcourt lentement ses périodes. »

Étudiant ses causes , Valleix montre que le jeune âge, si on fait abstraction de certains cas ayant succédé au croup 1 (Trousseau), serait absolument indemne de cette affection, et que le sexe masculin serait surtout frappé (Matthew, Barth). Le surmenage vocal, les excès alcooliques, les fatigues corporelles ont été, dit l’écrivain, surtout invoqués par les nosologistes et, en effet, tous ces facteurs étiologiques tendraient à congestionner l’organe vocal ; mais ceci ne serait valable que pour la laryngite chronique légère. Pour la laryngite chronique intense, il faudrait invoquer les refroidissements répétés produits par un climat humide (par exemple celui de l’Angleterre), l’influence mal connue de certaines affections antérieures telles que le croup, et surtout l’exposition habituelle aux poussières irritantes, bien que le fait ne soit pas encore complètement établi.

Voici les symptômes assignés à l’affection.« Dans la laryngite légère , le principal symptôme est l’altération de la voix. Cette altération peut varier à l’infini. Lorsqu’elle est légère, la voix est rauque, dure à l’oreille, un peu couverte. Lorsqu’elle est parvenue à son plus haut degré, la voix est basse, râlante. On entend dans la gorge une espèce de sifflement qui se mêle à tous les sons 2 , et le sujet affecté est obligé, pour se faire entendre, de faire des efforts extrêmement sensibles.

1. Le croup laisse, en effet, souvent comme trace de son passage des lésions plus ou moins profondes et étendues, et surtout une asthénie marquée de la musculature laryngée, parfois des paralysies véritables. Tout ceci amène de la dysphonie.

2. Dans ce cas, il existe une paralysie plus ou moins complète des cordes vocales, d’où aphonie, que Valleix rattache à la phlegmasie chronique de 1 organe. Le sifflement est dû à l’échappement de l’air expiratoire entre les cordes vocales relâchées pendant un effort.

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« Les sons aigus sont ceux qui sont le plus profondément altérés et souvent, ils sont presque entièrement perdus. Il est rare qu’une véritable douleur dans le larynx accompage cette altération de la voix; mais il existe une gêne plus ou moins marquée qui excite à faire des efforts d’expiration, accompagnés d’un bruit râlant, comme pour chasser un corps étranger 1 . Ces efforts ne sont ordinairement suivis d’aucune expectoration ; lorsque quelques crachats ont été excrétés, ils n’ont pas de caractère particulier.

« Quant à la pression, à l’inspection, à l’auscultation, il est facile de concevoir qu’elles ne révèlent aucun signe d’une valeur réelle. Les symptômes généraux sont entièrement nuis; la maladie est essentiellement locale. »

Valleix avoue son embarras au moment de tracer le tableau morbide de la laryngite chronique grave. « C’est surtout lorsqu’il s’agit de décrire les symptômes de cette espèce de laryngite, qüe le défaut de faits non douteux se fait sentir. Comment, en effet, trouver dans les auteurs une description de la laryngite chronique simple, lorsqu’ils n’ont pas le soin d’établir une division rigoureuse, fondée sur les signes qui peuvent faire distinguer les unes des autres les laryngites chroniques avec ou sans lésions profondes? » Quoiqu’il en soit, les symptômes de la laryngite simple, tels qu’enrouement, aphonie, existeraient plus marqués que dans la forme légère, mais moins que dans la laryngite ulcéreuse. « Dans près de la moitié dès cas cités par Trousseau 2 , la voix fut simplement voilée. » Un phénomène plus significatif serait une gêne au niveau de l’appareil vocal. « La douleur du larynx qui manquait dans la laryngite légère, se fait sentir dans celle-ci ; elle est ordinairement peu intense, mais fatiguante, en ce sens qu’elle se reproduit toutes les fois que le malade parle, et surtout quand il tousse 3 . » Quelques auteurs ont avancé que la pression sur le larynx était douloureuse, mais

1. Le « hem » de Green dans sa pharyngo-laryngite granuleuse. Rappelons que Chomel et ses élèves avaient déjà fait suffisamment connaître cette affection quelques années avant l’apparition de l’ouvrage de Valleix.

2. Valleix s’est servi manifestement du traité sur la phtisie laryngée de Trousseau et Belloc pour tracer la symptomatologie de la laryngite simple.

3. Ce trouble se voit surtout dans certaines névroses, surtout fonctionnelles, de l’organe, où la phlegmasie est très peu marquée ou même manque tout à fait. Parfois aussi, cette hyperesthésie se remarqué chez certains hypocondriaques et surtout chez certains hystériques. Bien entendu, Valleix voit le symptôme, mais ne peut en démêler la pathogénie, étant donné l’état de la médecine à son époque.

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s’agissait-il bien d’une laryngite simple ? C’est ce qui serait loin d’être démontré.

« La toux n’a aucun caractère particulier, elle est gutturale comme dans la laryngite légère et est presque toujours provoquée par une sensation de gêne dans l’organe, semblable à celle que produirait un corps étranger de petit volume. Une expectoration de crachats jaunâtres ou grisâtres, opaques, non striés de sang, a été notée le plus souvent. Quelquefois les crachats sont pelotonnés, presque concrets. C’est surtout le matin que ces derniers sont excrétés. »,

Quant à la dyspnée, elle a été mal étudiée, dit Valleix, qui se borne à fairé allusion à deux cas rapportés par Trousseau et Belloc, et dus peut-être à l’obstruction de la glotte par des mécanismes obscurs.

Les symptômes généraux, quand par hasard ils existent, seraient toujours très peu marqués. Il n’en aurait été aucunement parlé dans les cas publiés jusqu’ici.

La marche semblerait irrégulière, elle varierait suivant les sujets et la durée de l’affection devrait être regardée comme « illimitée » .

L e pronostic ne serait pas mauvais, et Valleix s’inscrit en faux contre l’opinion de ceux qui admettent finalement des processus destructeurs étendus. « Parmi les modernes, le prof. Crùveilhier est celui qui s’est prononcé le plus positivement' à cet égard. Il dit : « J’ai vu les individus les plus vigoureux et les moins prédisposés succomber victimes de cette maladie... La marche d’un certain nombre de laryngites m’a montré une diminution notable dans les symptômes obtenue à plusieurs reprises par l’effet d’une médication convenable, des rechutes à la suite d’imprudence, de telle sorte que la phtisie laryngée a été évidemment le dernier terme de la laryngite chronique, aggravée par plusieurs recrudescences ». Ces raisons sont-elles suffisantes? Nous ne le pensons pas. Qu’est-ce qui prouve en effet que les laryngites survenues chez les sujets vigoureux dont parle Cruveilhier n’étaient pas, dès le principe, des laryngites ulcéreuses, et probablement des laryngites syphilitiques? La diminution notable des symptômes à des intervalles variables ne suffit pas; car on sait qu’elle se remarque aussi dans la laryngite chronique ulcéreuse. Jusqu’à ce que les faits aient prononcé, nous devons nous abstenir de tout jugement sur ce point, quoique l’analogie doive nous faire penser que les ulcères du larynx ne sont réellement pas la terminaison d’une inflammation pure et simple 1 ».

1. Monneret acceptera cette opinion dans son Compendium de médecine.

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Valleix emprunte à Andral la description des lésions de la laryngite chronique simple. Il y aurait rougeur tantôt diffuse, tantôt cantonnée en certains points, du gonflement, du ramollissement parfois notable, et des saillies multiples qui seraient attribuables à des hypertrophies glandulaires.

Le diagnostic s’imposerait, pour ainsi dire, s’il n’était possible de confondre la laryngite chronique simple avec la laryngite syphilitique,distinction à laquelle on arriverait surtout par exclusion et en s’appuyant sur les anamnestiques. En cas de doute, l’évolution du mal finirait par lever toutes les hésitations ; mais ceci n’est vrai que pour la forme légère du mal ; pour la laryngite chronique intense, on resterait le plus soùvent dans l’obscurité la plus profonde, et le diagnostic serait souvent des plus malaisés avec l’aphonie nerveuse, la laryngite ulcéreuse et les corps étrangers du larynx. Il faudrait se rappeler-que la laryngite ulcéreuse non syphilitique ou non cancéreuse serait presque toujours due à la tuberculose pulmonaire. Quand il y a cancer on se baserait d’abord sur les signes de la cachexie cancéreuse, sur la douleur, sur l’expectoration, sur l’inspection quand il est possible par la gorge de voir une tuméfaction ou une destruction partielle de l’épiglotte. Dans l’aphonie nerveuse, point de douleur, point de gêne, point d’expectoration ; début brusque et non progressif. Dans les corps étrangers, en outre des anamnestiques, crises de suffocation très violentes, d’une allure particulière, séparées par exemple par des intervalles dé calme profond.

Laryngite striduleuse. — Valleix fait remarquer que cette affection est de connaissance toute récente. Longtemps confondue avec le croup, elle en aurait été distinguée surtout par Bretonneau et par Guersant, bien que Wichmann, Fleisch, Henke, Wendt eussent déjà donné de cette variété de laryngite une esquisse qui renfermait déjà des choses excellentes. Quantàl’angina convulsiva de Boerhaave, elle ne constituerait qu’un symptôme laryngé de névroses telles que l’épilepsie ou l’hystérie. L’asthme aigu de Millar ou asthme thymique constituerait une maladie toute différente. Bien qu’on puisse supposer qu’il ne s’agisse que d’une modification de la laryngite simple aiguë, l’aspect clinique est assez spécial, dit l’auteur, « pour élever l’affection qui le présente au rang d’une espèce particulière ».

Pour la description du mal, Valleix s’en rapporte à Guersant et aussi à Rilliet et Barthez. Aussi n’insisterons-nous pas sur la symptomatologie, la marche, le pronostic. L’écrivain, à propos de

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l’étiologie, insiste beaucoup sur la question d’âge. Guersant T Vieusseux, Lobstein, Marsh, Couch et lui-même pensent que.la? laryngite striduleuse ne s’observe guère à partir de huit ans. Plus tard, elle serait tout à fait exceptionnelle. La statistique personnelle de Valleix montrerait, comme celle de Guersant, comme celles de Jurine et de Boscowitz, que les garçons seraientpris un peu plus souvent que les filles { . La santé antérieure, contrairement à ce que disent les auteurs anglais, n'aurait pas beaucoup d’importance 1 2 . « Dans seize cas que j’ai sous les yeux, la laryngite striduleuse a sévi indifféremment sur des sujets forts ou faibles, au milieu de la plus parfaite santé et dans le cours d’une autre maladie des voies aériennes ; c’est là, toutefois, un point important qu’il n’est pas permis de juger définitivement. »

L’influence saisonnière se ferait nettement sentir et c’est dans l'hiver qu’on rencontrerait le maximum des cas de l’affection. Une seule cause occasionnelle serait d’ailleurs évidénte, c’est celle du refroidissement d’après Bretonneau, Guersant, Wichmann, Rilliet et Barthez.

Valleix admet que la laryngite striduleuse est remarquable par la brutalité de son début, bien qu’il y ait eu souvent, pendant quelques heures, de l’enrouement (Bretonneau), du larmoiement, du coryza (Rilliet et Barthez).

La fièvre existerait ; mais elle ne paraîtrait être nullement en rapportavec l’intensité des symptômes. Enfin, il n’y aurait pas de convulsions. Celles qu’ont décrites les auteurs anglais se rapporteraient en réalité à l’éclampsie et non à la laryngite striduleuse. Sa marche serait essentiellement aiguë. Malgré la cessation apparente de tout signe entre les accès, il en resterait néanmoins quelques-uns, si on observe attentivement les petits malades tels qu’enrouement léger, toux, etc. Ceci prouverait bien qu’il s’agit véritablement d’une phlegmasie et non d’un simple accident nerveux, comme le soutenaient beaucoup de nosologistes. Sa durée paraîtrait indéterminée, parfois fort longue, mais on ne serait pas fixé sur ce point, pas plus que sur la terminaison habituelle, puisque Bretonneau et Guersant nient tout cas mortel et que les Anglais citent au contraire un certain nombre de décès.

On distinguerait la laryngite striduleuse du croup : 1° par le début très brusque ; 2° par l’intégrité de la santé entre les accès

1. Douze fois contre huit chez les filles, sur un nombre total de 20.

2. Cependant, le mal s’observe souvent chez les descendants de souche nerveuse et survient principalement chez les adénoïdiens.

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3° par le simple enrouement et non par la voix étouffée du croup ; 4° par le manque d’engorgement des ganglions cervicaux ; 5° par l’absence de rejet de fausses membranes ; 6° par l’intégrité absolue du pharynx.

Suivant Valleix, il n’y a pas lieu en réalité de penser à l’asthme thymique ou à la bronchite capillaire suffocante, alors récemment décrite par Fauvel. Les corps étrangers du larynx seraient plus difficiles à différencier, mais les accès ne présenteraient pas la même allure; ils ne surviendraient pas exclusivement la nuit, etc. L’auscultation parfois pourrait être utile (en fournissant le bruit de grelot quand il existe).

Croup. — Après Jurine, Albers, Royer-Collard, Double, Bretonneau, Guersant, Trousseau surtout, il semble qu’il restait peu à faire sur le croup; mais Valleix avait été quelque temps médecin dans un hôpital d’enfants et il avait pu se faire ainsi une expérience personnelle sur cette terrible affection. D’autre part, trèsau courant des travaux de ses contemporains, il excelle, ici comme ailleurs, à tracer un exposé très exact et très complet des connaissances scientifiques de l’époque sur le sujet.

Parlant de l’âge où le fléau sévit, il signale la possibilité de l’affection chez les enfants à la mamelle (Bretonneau, Trousseau, Billard) et chez les adultes.

Depuis la célèbre communication de Louis, en 1825, on ne pouvait plus faire du croup une maladie spéciale à l’enfance. Heurteloup, Charcellay en avaient cité d’autres cas et J. Franck avait même rapporté plusieurs faits de transmission de la diphtérite aux vieillards 1 . Quant au maximum de fréquence, la statistique de Vauthier ( Arch . gén. de médecine , 1848) semblait indiquer deux ans, celle de Rufz (Gazette méd. de Paris , 1863) deux à sept ans, celle de Barthez et Rilliet deux à six ans, celle de Millard deux à trois ans.

Le sexe masculin serait plus souvent affecté ; mais l’accord ne serait pas parfait sur ce point. Il y aurait probablement prédisposition chez les tempéraments débilités et lymphatiques 2 , mais les sujets robustes contracteraient néanmoins assez souvent le mal. Enfin, sans que la chose fût absolue, Valleix penchait à croire, au. moins pour la forme sporadique du croup, que ce dernier sévissait surtout à l’automne ou au printemps. Les épidémies

1. Trousseau a rapporté aussi des faits de contagion à tous les âges de la vie, notamment dans son rapport sur Jes épidémies de Sologne.

2. Parce que les catarrhes, auxquels sont sujets ces tempéraments, créent, par leurs lésions pharyngées, un locus minoris resistentiæ.

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de diphtérite seraient d’autre part assez manifestement favorisées par celles de rougeole et de scarlatine 1 .

Comme presque tous les nosologistes postérieurs à la publication du traité de Bretonneau sur la diphtérite, Valleix croit à la contagion, mais sans entrer dans une discussion approfondie sur le plus ou moins de facilité de l’affection à se transmettre, malgré l’intérêt évident du problème.

L’auteur établit le diagnostic : 1° avec les maladies qui ont leur siège dans le pharynx ; 2° avec les maladies qui font porter leur action sur le larynx. A ce dernier point de vue, il insiste assez longuement sur la différenciation d’avec l’œdème de la glotte, peu fréquent du reste dans l’enfance, ce qui ôte beaucoup d’intérêt à la discussion. Il s’appuie : 1° sur les commémoratifs, l'œdème de la glotte succédant surtout, d'après Trousseau etBelloc, à un vieil ulcère laryngé ; 2° sur ce fait que, d’après Bayle, l’affection surviendrait principalement dans la convalescence d’une maladie grave ; 3° sur l’absence de fièvre et d’adénite cervicale ; 4° sur l’aphonie partielle et non totale. Les moyens propres à distinguer le croup de la laryngite striduleuse avaient déjà été énumérés à propos de cette dernière.

Le traitement très développé donne une bonne idée de la thérapeutique passablement incertaine et inefficace de l’époque. Seule la médication topique de Bretonneau et de ses élèves présentait, comme on le sait, quelque utilité. L’intervention chirurgicale a été décrite par l’auteur avec le plus grand soin et tous les développements nécessaires. Suivant Valleix, d’accord en cela avec Bricheteaù, la trachéotomie réussirait une fois sur trois en moyenne. Les succèsobtenus, dit-il, par Gendron, Senn, Petel, Macheural-Lagenard, Robert-Latour, Morand, Sicatteaü, Scontteten, etc., lui font prévoir qu’exécutée à temps et dans des conditions meilleures qu’actuellement, elle sauverait encore bien plus d’existences.

Laryngite ulcéreuse. — Valleix désigne sous ce nom la phtisie laryngée , pour mieux caractériser le syndrome encore assez vague à son époque, qui était connu sous cette appellation. Pour lui, la laryngite ulcéreuse serait à là laryngite chronique simple ce qu’est le coryza ulcéreux au coryza ordinaire, c’est-àdire une affection entièrement distincte des phlegmasies communes, par la pathogénie et l’évolution clinique. « Jusqu’à présent les auteurs ont traité, dans un seul article, de toutes les

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