Pour les mêmes raisons que la strume
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espèces de laryngite chronique 1 , qu’ils ont désignées sous le nom générique de phtisie laryngée ; il en résulte que les symptômes propres, les causes, la marche et généralement les points les plus importantsde l’affecliondontil s’agit ici sontextrêmementobscurs. Nous avons réuni dans ce but (celui d’étudier à part la laryngite ulcéreuse vraie) un assez grand nombre de documents, dont quelques-uns n’avaient pas encore été suffisamment étudiés, et la suite de cet article montrera que, si une bonne classification des maladies du larynx est difficile, elle n’est pas impossible, comme le pensent Trousseau et Belloc. » En dehors de la phtisie pulmonaire, l’affection serait assez rare, et on n’en trouvèrait-qu’une douzaine de cas cités jusqu’ici dans la littérature médicale. La nature des ulcères laryngés doit, dit l’écrivain, varier considérablement suivant les circonstances ; mais une étude comfiiune s’imposerait parce que la science n’est pas encore assez avancée pour fournir constamment une pathogénie exacte.
On a invoqué, reprend Valleix, l’influence pernicieuse du froid, du climat humide, le- surmenage vocal, les maux de gorge fréquents, les poussières irritantes, « 11 serait inutile de chercher à contrôler ces assertions, car les faits nous manquent. » Les causes spécifiques 2 étaient encore fort incertaines. Ainsi, pour la vérole, le facteur plus accessible certainement aux nosologistes de la première moitié du xix e siècle, il ne faudrait pas s’attendre à trouver des éclaircissements chez les spécialistes. « Ici les avis sont très partagés. Ainsi, d’une part, nous avons J. Franck et quelques autres auteurs qui pensent que la syphilis est une cause fréquènte de la laryngite ulcéreuse, et d’autre part, Cullerier, Lagneau qui disent formellement que les ulcères syphilitiques du larynx sont excessivement rares, et Swediaur, Bell, Cirillo, Ricord, qui n’en font pas même mention. Cependant Trousseau et Belloc citent sept observations, sur soixante-deux, dans lesquelles tout portait à croire que l’affection était de nature syphilitique. Dans les observations que nous avons rassemblées, il en est cinq qui sont évidemment de même nature. Nous citerons, entre autres, celle de Zacutus Lusitanuset celle de
1. Voir les articles consacrés à Trousseau, Barth, Monneret, Louis et Cruveilhier. La confusion dontse plaint Valleix venait des conceptions erronées de Broussais sur les inflammations chroniques ; pour Valleix, au contraire, l’idée directrice est que l’ulcère n’est pas le résultat d’un processus phlegmasique vulgaire.
2. Redisons-le, sans rejeter les causes banales, Valleix penche visiblement pour une origine spécifique des ulcères laryngiens ; mais il est arrêté par le manque de documents.
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Charles Lépine (Dissertation sur la phtisie layngée. Thèse, Paris, 1816). Ainsi l’opinion de Cullerier et des autres syphiligraphes ne saurait être admise. »
Parlant de l’évolution, Valleix pense qu’il y a des formes galopantes et des formes très lentes ; c’est pourquoi il leur consacre un paragraphe à part. La laryngite ulcéreuse aiguë aurait été signalée surtout par les médecins anglais, tels que Hawkins ( London med. andphys. Journal, avril-mai 1823), Travers-Blackley (.Dublin journal, juillet 1838), Mac-Adam ( London med. et surgical Review, octobre 1835 et avril 1841), Henderson et les médecins français : Cruveilhier (Dict. en 15 vol., article : Laryngites), Legroux, Costallat, Pâtissier, etc. ; le mérite de Valleix est d’avoir synthétisé ces documents épars, sans être parvenu du reste à créer une entité morbide réellement viable. A tous ces cas il faut, ditil, ajouter encore deux cas de Boudet. Quelques-uns de ces faits porteraient dans la littérature médicale une autre désignation, celle d’œdème de la glotte, qui aurait terminé la scène morbide. Comme le laryngo-typhus actuel, que ces cas rassemblés par Valleix rappellent étrangement , le mal débuterait toujours dans la convalescence d’une maladie générale grave, telle que pneumonie ou fièvre typhoïde. Aux phénomènes habituels d’une laryngite s’ajouterait une aggravation de l’état général avec fièvre très marquée. « Au bout d’un à cinq jours, le tableau morbide s’accentue, la voix s’éteint, la toux s’exaspère, la respiration devient gênée, anxieuse, parfois même sifflante et stridente, l’expectoration prend un caractère muco-purulent, la douleur laryngée, d’abord très légère au début de l’affection, s’exagère principalement dans la déglutition qui devient malaisée, de telle sorte qu’il y a souvent rejet de la nourriture par le nez. La pression sur l’organe vocal réveille une souffrance très nette. » La maladie finirait presque constamment par de l’œdème de la glotte.
La laryngite ulcéreuse syphilitique aurait parfois une marche également très aiguë L Hawkins a décrit, dit Valleix, un processus destructeur dans cette maladie qui, débutant par les amygdales, gagnerait le larynx et déterminerait une issue rapidement, funeste. L’ulcération serait très profonde et s’accompagnerait d’une escarre noirâtre.
La laryngite ulcéreuse chronique ayant été très remarquablement décrite pour l’époque par Trousseau et Belloc, il ne restait plusqu à glaner.Cependant Valleix, tout en s’inspirant manifeste-
1. Quand surtout des lésions restées latentes se compliquent subitement d’un œdème qui peut être en effet rapidement mortel.
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ment de ces deux auteurs qu’il cite fort souvent, diffère avec eux sur certains points. Ainsi, suivant lui, la douleur serait constante, tandis que ses deux modèles ne l’admettent que dans la moitié des cas, à un degré vraiment appréciable. « Si en effet j’examine de nombreuses observations empruntées à MM. Adam, Jackson, Robert, Bedingfield, Lépine, etc.,nous trouvons queladouleur a toujours existé à un degré plus ou moins considérable dans cette espèce de laryngite. » L’exploration avec le spéculum laryngé imparfait de l’époque, précédant celui de Garcia, n’aurait rien donné de satisfaisant et il en était de même de l’inspection avec le doigt, de telle sorte que l’examen physique faisait, du temps de Valleix, complètement défaut. Pour le pronostic, il faudrait, dit l’auteur, tenir compte de Pétiologie quand cette recherche est possible. Lorsqu’il y a phtisie pulmonaire concomitante, une issue funeste serait, pour ainsi dire, fatale. Si la syphilis est en cause, on pourrait au contraire espérer à priori une guérison. «Néanmoins on ne peut se dissimuler qu’il reste encore beaucoup à faire à l’observation à cet égard, car nous possédons peu de faits authentiques qui prouvent la terminaison favorable de cette maladie L » Valleix insiste peu sur le diagnostic de l’affection qui lui paraît suffisamment caractérisée au point de vue clinique. C’est à peine s’il parle du cancer, affection à peu près ignorée à son époque, dont Trousseau et Belloc avaient pourtant fourni, dans leur célèbre ouvrage, un cas fort intéressant. Il déclare que la nature des ulcérations laryngées chroniques est le plus souvent impossible à déterminer. Ainsi, pour la syphilis, voici quels seraient les signes indiqués par Barth : S’il y avait absence de tout phénomène morbide du côté de la poitrine, surtout si le malade portait les traces d’une infection vénérienne constitutionnelle, il faudrait regarder les ulcères comme de nature syphilitique. » A ce sujet, Valleix insiste sur la nécessité d’explorer non seulement la peau, mais encore la cavité pharyngée tout entière. Quant aux phtisies laryngées non syphilitiques et non tuberculeuses, l’auteur déclare leur existence possible, étant donné les faits cliniques allégués; mais, dit-il, pour les admettre définitivement, il faut encore de nouvelles recherches. Quant au siège, la dysphagie
1. A cause des œdèmes subits et souvent rapidement mortels, des sténoses sans cesse progressives malgré des dilatations répétées, des dangers de l’iodisme. L’iode lutte pourtant très efficacement contre le tertiarisme ; mais on sait qu’ici, si l’onne veut pas risquer de rendre la dyspnée menaçante ou faciliter des sténoses ultérieures, il convient de s’en tenir au mercure, qui ne présente pas les mêmes dangers immédiats et paraît favoriser moins le développement des sténoses cicatricielles.
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intense, les vomissements doivent faire penser à l’épiglotte (Barth), la raucité et surtout l’extinction de la voix, aux cordes vocales. Valleix discute ensuite le pouvoir phtisiogène de la laryngite ulcéreuse chronique affirmé par certains nosologistes de l’époque. Il conclut par la négative.
Œdème de la glotte. — Rappelons que Valleix avait déjà traité la question, avec tous les détails qu’elle comporte, dans un mémoire communiqué à l’Académie de médecine, en 1845. Il utilise pour décrire la maladie, en outre de ses recherches personnelles, les travaux de Bayle, de Trousseau et Belloc, de Legroux, de Bricheteau, de Fleury (Des causes, de la nature et du traitement de l’angine laryngée œdémateuse. Journal de médecine , janvier 1844). Valleixadmet, comme la plupart, que le mal est presque toujours d’origine inflammatoire. Cependant, dit-il, Blache, Guersant, Trousseau et Belloc ont noté des cas où l’œdème laryngé a coïncidé avec un anasarque généralisé. Bouillaud, que l’écrivain cite aussi, aurait vu également des faits semblables; mais le vague des descriptions ne permettrait pas d’arriver à des conclusions fermes. Bien que l’œdème de la glotte y soit très rare, on ne pouvait plus dire, depuis Rilliet et Barthez, que l’enfance en soit exempte. Cependant, dans la statistique personnelle de Valleix comprenant 36 cas, 2 seulement étaient survenus au-dessous de dix ans.
Voici quelles sont les conclusions pathogéniques du mémoire de Valleix : 1° le plus souvent, l’œdème de la glotte est dû à une angine 1 survenue dans le cours ou dans la convalescence d’une affection soit aiguë,soit chronique,mais bien plus souvent aiguë; 2° plus rarement, il est la terminaison d’une laryngite chronique, presque toujours ulcéreuse 2 , soit que cette laryngite ait apparu dans le cours d’une phtisie pulmonaire, soit, ce qui est bien plus rare, qu’elle se soit développée primitivement; 3° dans un nombre limité de cas, une angine laryngée survenue dans lecours de la santé peut donner lieu à l’œdème de la glotte 3 ; 4° il est au moins douteux qu’il existe un œdème de la glotte passif (hydropique). En effet, d’une longue discussion des faits, il résulterait que les exceptions alléguées par Blache entre autres ou seraient fautives ou manqueraient des détails nécessaires. L’au-
1. Avec le sens étendu du mot, comprenant à la fois et les pharyngites et les laryngites. C’est aussi l’avis de Sestier (voir l’article (consacré à cet auteur).
2. Cruveilhier avait bien fait ressortir l’influence de la périchondrite.